‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 200 sur 357 · DES RÉCOLTES · texte numérisé non relu

DES RÉCOLTES

souvent le résultat d’un assemblage défectueux. Tout le monde sait que les rais ne font pas un angle droit avec l’axe du moyeu, mais qu’ils prennent une direction oblique vers l'extérieur. Quelle doit être la mesure de l’angle qui détermine cette obliquité ?

C’est ce qu’ignorent la plupart des constructeurs de véhicules agricoles. Cette obliquité est-elle nécessaire ? C'est encore ce qu’ils ne savent pas davantage.

Si les raës étaient assemblés perpendiculairement à l'axe de l’essieu ou du moyeu, il en résulterait des ruptures fréquentes dans les chemins labourés d’ornières profondes.

Supposons que le rayon ab ( fig. 433) soit

Fig. 433.

perpendiculaire à l’essieu c 4, et que ce rayon

épètre dans une ornière; il est évident que es parties b et f frotteront contre les côtés opposés de l’ornière; et que si celle-ci est plus profonde, il s’ensuivra une rupture ou du moins une grande augmentation de résistance. Si au contraire le rayon a & n’est pas perpendiculaire à l’essieu c 4, comme R’il pénétrera dans l’ornière et y roulera comme sur un chemin plat, sans occasioner de rupture et sans augmenter la résistance.

La mesure de cette obliquité se déduit facilement de formules analytiques dont nous ne pouvons parler ici; nous dirons seulement que, dans lamajorité des cas, on se trouvera bien de faire les rais perpendiculaires pon pas à l’axe, mais à la surface de l’essieu. Ainsi, dans l’essieu dont l’axe serait la ligne À P (fig. 434) les rais O et P ne seraient pas. perpendiculaires à A mais aux lignes N M, R S. Avec ces dispositions les roues seront toujours solides et les ruptures bien moins fréquentes.

Il nous reste à déterminer les dispositions que doit présenter une 7oue powr ne point dégrader les chemins. À une époque où tous réclament la facilité et la promptitude des communications, il est à souhaiter que les cultivateurs prennent toutes les mesures qui sont en leur pouvoir pour ne point paralyser les efforts de l’administration. Lorsqu'on place un poids d’un kilog. sur une balance, il exercera loujours sur le plateau la même pression, que ce poids soit en pierre, en fer ou en plomb, qu'il ait une forme carrée, ronde ou irrégulière; lorsqu'on pèse une voiture aux bascules qui sont échelonnées sur nos principales routes, la voiture pèse

5è8 toujours le même poids où exerce sur le ressort la même pression, que les Jantes soient larges de 4 ou de 6 po., planes ou courbes. La forme des jantes et des bandes qui les entourent est donc totalement indifférente à la pression exercée sur le sol par le chargement. Or, comme lintensité de la pression est proportionnelle au frottement, il s'ensuit qu'on ne peut augmenter ni diminuer celui-ci en faisant varier la forme des jantes. L'administration des ponts et chaussées avait donc parfaitement raison lorsqu'elle disait aux cultivateurs et aux entrepreneurs de roulage : « Adoptez les jantes larges et plates qui ne nécessitent pas de votre part l'emploi de forces plus grandes el qui conservent les routes. » Que l’on essaie en effet de planter un clou par la tête, on y arrivera bien rarement, tandis qu'avec une pression bien moindre on le fera facilement pes par la pointe. La tête du clou, c'est a jante large qui fait peu de tort aux chemins parce qu’elle n’en broie ni n'en déplace les matériaux : la pointe &u clou, c’est la jante étroite qui brise et laboure nos routes, lors même qu’elle ne supporte qu'un oids médiocre. La troisième condition d’une onne roue, c’est donc que la Jante en soit large et plate. A1 est vrai que cette disposition augmente un peu les frais,mais les véhicules en sont d'autant plus solides.

Il. Dimensions des roues. — On sait en général que plus les roues sont grandes, plns la puissance a de force contre la résistance. Quelle que soit la cause théorique de ce fait, la pratique l’admet sans explication; mas la facilité 4 tirage est loin d'être proportionnelle à l’augmentation du diamètre. Ainsi, j'ai cru trouver que pour tirer une charge donnée avec moitié moins de force qu'auparavant, il faudrait sextupler le diamètre, ce qui, dans les limites du possible, ne s’éloigne que très-peu des données de divers auteurs.

Considérée sous un autre point de vue, la grandeur des roues diminue le frottement qui a lieu contre l’essieu, ce qui peut procurer une certaine économie. Les circonférences étant entre elles comme les diamètres, il s'ensuit qu'une roue d’un diamètre de 8 pi. parcourra, en faisant sa révolution, le même chemin qu’une roue d’un diamètre de 4 pi.

qui ferait deux révolutions, ou, en d’autres mots, le poids de la voiture ne pesera qu'une fois sur chacun des points de la premiere circonférence, pendant que celte pression s’exercera deux fois sur chacun des points de la petite; il y a donc dans tous les cas avantage à augmenter le diamètre des roues; malheureusement cette augmentation ne saurait dépasser certaines limites sans entrainer des dépenses énormes. KA

II. Du nombre des roues. — Les vehicules agricoles se divisent en deux grandes sections : ceux à deux roues ou charrettes, et ceux à quatre roues ou chariots. Nous ne parlerons point des #ricycles, parce que Jusqu’alors ils n'ont pu réaliser des avantages certains.

Longtemps on a diseuté sur les avantages respectifs des deux premières espèces de véhicules; aujourd'hui, on peut regarder la question comme décidée en faveur des cha-

AGRICULTURE : CONSERVATION DES RÉCOLTES

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riots. Que l’on attèle un cheval à une charretle aussi pesante qu’il puisse la trainer au milieu d'obstacles ordinaires, il est clair que l'animal ne pourra surmonter une résistance plus forte suscitée par un obstacle auquelon ne s’élait pas attendu. On sera forcé de décharger une partie de la voiture pour surmonter l’obstacle en deux fois. Si, avec la même charge, nous supposons une voiture à 4 roues, le poids se réparlira également sur chacune d’elles, de manière que les 2 roues antérieures ne supporteront réellement que la moitié de la pression. Arrivé en face de l'obstacle dont la puissance n'avait pas été prévue, l’animal le surmontera avec les deux roues de devant avec la même facilité que s'il ne trainait que la moitié de la charge.

Il résulteencore de cette disposition un immense avantage qui sera facilement apprécié par ceux qui ont eu l’occasion d’observer la marche des véhicules dans les champs. Lorsqu'on rencontre un fossé, une rigole d’écoulement ou d'irrigation, si la voiture est à 2 roues, elle sortira difficilement de ce mauvais pas. parce qu'elle ne peut trouver ailleurs son point d'appui : si elle est à 4 roues, il n’y en aura jamais à la fois que 2 d’engagées, et les deux autres serviront toujours de point d'appui.

Je ne parle pas des #2convéniens qu’offrent les charrettes pour le chargement; on sait que, pour qu’elles maintiennent leur équilibre, il faut que les matériaux qu’elles portent soient distribués d’une manière particulière, ce qui ne peut être fait que par un homme habile et exercé : les chariots, au contraire, ne forment jamais levier,et ils ne peuvent perdre leur aplomb en aucune circonstance.

On sait qu'un corps est d'autant plus sta ble qu'il repose sur le sol en un plus grand nombre de points, el que ces points sont respectivement plus disians du centre de gravilé : dans la charrette, ces points existent au nombre de 2, et ils sont sur ure même ligne avec le centre de gravité; dans le chariot, au contraire, ces points sont au nombre de 4, placés aux quatre coins d’un rectangle, et Je du centre de gravité, puisque celui-ci est au point d’intersection des diagonales du rectangle. Il y donc dans le chariot beaucoup plus de stabilité que dans la charrette, et les chances de versement se trouvent considérablement diminuées. IL est néanmoins un cas où les charretles sont évidemment préférables aux chariots : c’est lorsqu'une contrée est traversée par des chemins tortueux, et faisant fréquemment des angles aigus. Dans ces circonstances, il n’est pas du tout facile de faire tourner un véhicule à 4 roues.

IV. Des essieux. — Nous aurons peu à dire sur cet objet, parce que ies matériaux et les formes d’essieux qui ont été proposés dans ces derniers temps conviennent plutôt aux voilures de luxe. Quelle que soit la dureté et le poli des matériaux qu'on emploie, l'expérience a appris que le frottement est bien

moindre lorsqu'il a lieu entre deux corps de

nature différente, qu'entre deux corps dont la composition serait la même. Ainsi le frottement du fer contre de la fonte, ousur le cuivre ou l'acier, est bien plus. doux que celui de

CHar. 12°.

fer contre fer. Ce qu'aujourd'hui l’on connait de mieux pour les véhicules agricoles, sont des essieux en fer avec des boites en fonte.

$ IT.-—-Longueur de la flèche et hauteur du chargement.

J'appelle fêche, dans un char à 4 roues, la pièce de bois qui unit les roues de devant avec celles de derrière. On a cru longtemps que plus elle était longue, plus le chargement augmentait la résistance. Les expériences d'EnerworTn ont prouvé qu'il n'en est pas ainsi, mais qu’au contraire une flèche “longue acquiert une élasticité qui lui donne la propriété de faire ressort, ce qui est reconnu aujourd’hui d’un avantage incontestable. De plus,en distribuant la charge sur une plus grande longueur, on diminue d’autant la hauteur du chargement. Il serait facile de démontrer que plus une charge est élevée au-dessus des roues, plus elle court de chances de versement : la longueur de la fleche est donc avantageuse toutes les fois qu'elle ne recule pas tellement les roues postérieures, que le véhicule ne puisse plus tourner dans les angles aigus des chemins.

$ III. — Des meilleurs véhicules.

Parmi les charrettes, nous citerons avec éloge celle que l’on emploie le plus commuuément, mais avec les modifications ‘adoptées en Angleterre ( fig. 435), c'est-à-dire que,

pou forcer les deux chevaux qui y sont attelés, on altache sous l’essieu la poulie C, sur laquelle passe la corde 3, dont l’une des extrémités s’attache au collier du cheval de devant, et l’autre au collier du cheval de derrière. Cette disposition force les deux chevaux à tirer également, parce que celui qui refuserait d'employer ses forces serait obligé de reculer.

La charrette de Russie (fig. 436) est remarquable par sa simplicité ; la grandeur du diamètre des roues, qui est de 7 pieds et 12,

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