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même système, qui peut être mise en mouvement par la force de l’eau, ou par quatre chevaux alternativement ou conjointement.
L'eau, comme moteur d’une machine à battre, offre de trop grands avantages sur tout autre genre de force motrice pour qu'il ne soit pas rationnel de s’en servir, même dans les localités où cette force n’est pas continuellement suffisante. C’est dans des cas pareils qu'on emploie ces machines, que nous décrirons en peu de mots.
Sur la circonférence de la roue à eau B, qui tourne sur l’arbre se trouvent des engrenages en fer fondu, qui communiquent le mouvement au pignon fixé sur l’axe du tambour. Devant les cylindres alimentaires se
AGRICULTURE : CONSERVATION DES RÉCOLTES
‘le tambour.
LAIV- 1°,
trouve une plate-forme sur laquelle on met le blé par poignées. Près du tambour est placé le râteau circulaire, mu par une corde ou lanière qui passe d’un côté dans une poulie fixée sur l’axe du râteau, et de autre sur la poulie fixée sur l'arbre couché qui se trouve en communication avec l'arbre de Ja roue mue par l’eau.
La même fgure représente aussi le mécanisme perfectionné du manége. Pour se servir à volonté de la force motrice, physique ou animale, il suffit de changer la position des pignons. Ces deux'forces peuvent même coopérer simultanément.
Dans certaines contrées de l'Angleterre, des machines à battre transportables sont d’un usage assez répandu dans les petites fermes. C’est dans les granges ou en plein air, sans préparalions prealabies, qu'on les fait fonctionner. Leur mécauisme diffère un peu plus, un peu moins, de celui que nous venons de détailler , suivant les différens besoins des localités ; ordinairement elles sont mues par deux chevaux, mais ilen existe pour un seul.
—. ‘Les tarares ne sont pas des parties constitutives des machines de ce genre ; mais, au moyen de eordes sans fin, tournant sur des poulies, on peut facilement se servir des tarares simultanément avec les machines à battre, pour le vannage et le netioyage du grain.
L'egrenage, exécuté au moyen des machines transportables, est, comparativement, beaucoup plus coûteux que celui exécuté par les machines fixes ; el la différence est quelquefois si grande que, dans certaines localites, les machines mues au moyen des bras de l’homme sont préférables aux machines transportlables, d’après l'opinion du savant auteur de l’'£ncyclopédie d'agriculture. Cependant, d’après le témoignage du même auteur, le comité de Suflolk abonde en machines de ce genre. Il n’est pas rare de voir un laboureurindustrieux placer ses épargnes de 30 à 40 I. s. (de 750 à 1000 f.) dans l'achat d’une pareille machine, qu'il transporte sur une charrelle à deux roues d’une ferme à l’autre, pour l’y mettre en mouvement par 3 ou 4 chevaux. C'est le fermier qui se charge, dans ce cas, de l'entretien des ouvriers el des chevaux, et le propriétaire de la machine répand le blé devant le tambour et dirige le service de la machine.
Les machines transportables de Waïs, de Londres, construites d’après les principes de Meikle, sont les meilleures dans ce genre. Il y en a qui ont des cylindres alimentaires cannelés, mais il en est d’autres où ces rouleaux sont remplacés par une traînée sur laquelle est dispersé le blé pour être égrené par Ce dernier mécanisme brise moins la paille.
La Æg.479esi la partie principale d'une m#achine mue à bras d'hommes. Son service demande ? hommeset 1 femime.On s’ensert pour l’égrenage de toutes sortes de céréales dans une petite ferme ; elle est aussi en usage pour l’'égrecage du trèfle, du colza et autres menus grains. L'égrenage exécuté par ces petites machines est aussi parfaitque celui des grandes, mais il n’en résulle aucune économie dans le travail.
cnar. 12°.
Les agriculteurs du comté de Northumberland se sont montrés les plus progressifs sous le rapport de l'emploi des machines à battre. On y a construit une machine à battre mue par une machine à vapeur locomotrice, qui transporte par la force de la vapeur, d'un endroit à l’autre, la machine à battre avec son conducteur. Cet appareil ingénieux est destiné à desservir les petites fermes; il ne se borne pas à l’égrenage du blé et exécute différens travaux ; il pompe de l’eau, il brise les pierres, etc.
Il n’y a, parmi les agriculteurs de la Grande- Bretagne, qu’une opinion sur la grande utilité des machines à battre et sur la supériorité du système de MeixLe sur tous les autres.
Ces machines sont en usage général dans toutes les parties du royaume uni, et on les croit tellement indispensables à toute exploitation rurale bien organisée, lque, dans les comtés de Perth et de Northumberland, les grands fermiers n’hésitent pas, d’après le témoignage de M. Loupox, à subir les frais d’établissement des machines mues par le vent ou par la force de six chevaux, qui sont les plus dispendieuses, si le propriétaire leur garantit la jouissance pour 21 ans.
Les avantages qui résultent de l'usage de la machine de Meikle sont indiqués par l’auteur du Code of Agriculture : 1° le rendement en grains est supérieur d’un vingtième; 2° l’opération est extrêmement expéditive; 3° par cette raison elle prévient beaucoup de prévarications ; 4° le blé endommagé par l’humidité peut être sauvé par ce prompt égrepage, et en le soumettant après à la dessiccation dans un four; 5° les machines donnent la facilité de se servir, pour la semence, des grains fraichement récoltés ; 6° l’usage de ces machines facilite le prompt approvisionnement des marchés en cas de disette; 7° les machines préparent tout aussi bien la paille pour la nourriture des bestiaux ; 8° les machines facilitent le nettoiement des grains, notamment parce que les petites mottes de terre ne sont pas écrasées par le tambour, ce
ui arrive quand on se sert des fléaux, et que
e tarare ; en séparant la balle du blé, sépare en même temps les petiles graines des mauvaises herbes ; 9° l'usage de ces machines affranchit les domestiques de ferme et les ouvriers d’un travail dur et pénible, et ilrend le fermier indépendant du bon-vouloir de ses ouvriers et domestiques pour l’un des
EGRENAGE AU MOYEN DES MACHINES, Fig. 479.
principaux détails de l’économie rurale ; 10° l’économie du travail résultant de l'usage des machines peut être évaluée, terme moyen, à 1 shelling par quarter de blé (42 cent. par hectol.) — À ces avantages nous ajouterons encore les suivans: 1° de pouvoir employer utilement les domestiques de la ferme et les chevaux dans les journées où ils manquent d’eccupation ; 2° de pouvoir profiter des conjonctures commerciales, souvent aussi profitables que passagères.
Le prix d’égrenage exécuté au mcyenr de la machine écossaise dépend des circonstances locales, trop variées pour qu’on puisse établir un terme précis à cet égard.
Le savant auteur de lEzcyclopédie de l’a griculture assure qu’une machine écossaise, de la force de 8 chevaux, accomplit en une Journée de 9 heures, y compris le vannage et le nettoyage, l’'égrenage de 200 à 300 boisseaux d'Angleterre (72 à 108 hectol.) de froment et d’autres grains en proportion.Un ouvrier intelligent, aidé de deux garçons ou femmes, est nécessaire pour alimenter une machine de cette dimension; trois ouvriers pour ôter, botteler et ranger la paille dans la grange, et un conducteur de chevaux assisté d’un enfant. Le produit de la journée d’une machine inférieure est évaluée en Angleterre, terme moyen, à 54 hectol. de froment.
Le revient de l’égrenage, y compris le vannage et le nettoyage, est évalué, en supposant l’usage d’une machine de la force de 8 chevaux, mue par un courant d’eau, à 12 c.
par hectolitre. Ce revient monte dans la proportion de 2 à 3, si la dimension de la machine ne donne pour résultat que 150 boisseaux par journée. L'usage des forces animales pour moteur élève le revient de 11 1/2 sous par hectolitre, l'entretien de 8 chevaux, avec un conducteur et son aide, coûtant, terme moyen, dans ce pays, 35 fr. par journée; les ouvriers sont comptés dans ce calcul pour 9 schellings (10 francs 18 sous) par Journée.
Les prix de premier établissement sont sujets aux mêmes variations; il est difficile d’établir des principes à ce sujet. La machine de la force de six chevaux est évaluée par M. Low à 200 liv. st. (2,500 fr.), el, à son avis, chaque ferme de. 500 acres (222 1/2 hectares) doit être pourvue d’une machine de cette force.
‘La grande perfection de la machine écossaise, une foisreconnue dans la Grande-Bretagne, ne pouvait rester confinée dans ce pays. La Suède, familiarisée avec l’usage des machines à battre, est le pays qui, le premier, a profité de l’invention de Meikle. Depuis 1802, la machine à battre a été introduite ex Pologne; mais elle s’est répandue depuis 1816, époque du premier établissement d’une fabrique de machines de ce genre, dans une progression si rapide, qu'avant 1830 il y en avait, dans le royaume n’ayant qu’une population de 4,000,000 d’habitans, plusieurs centaines (1).
(1) C’est à l'établissement à Varsovie de la fabrique des machines et instrumens d'agriculture sur une très-grande échelle, fondée et dirigée par M. Evans et C°, et où l’on trouvait une grande quantité de machines à battre écossaises et autres, exécutées d’après les meilleurs modèles et de différentes dimensions, que j'attribue cet heureux résultat. L'entreprise grandiose et bien combinée de M. Evans a rendu un immense service à ce pays, en venant lui donner un actif aiguillon qui n’a puétre-égalé nulle part, ni par
C’est par la Suède que cette utile machine estentrée ex France. M. le comte DE LASTEY- RiE à ajouté aux nombreux services qu'il a rendus à l’agriculture française celui d’avoir publié la première description circonstanciée de la machine écossaise, d’après une qu'il avait vu exécuter en Suède. D’autres savans francais ont suivi son exemple, en faisant des efforts, non seulement pour faire adopter l'usage de la machine écossaise, mais encore pour la perfectionner. MM. Mocarp, Hormanx de Nancy, L£BLANC, DE DOMBASLE, Léonwarp de la Moselle, et QUENTIN DURAND ont acquis, par ces essais, de nouveaux titres à la reconnaissance nationale. Les machines établies par ces hommes habiles ne nous semhlent que des modifications de la machine écossaise, ce qui nous engage à ne pas nous y arrêter.
Nous citerons cependant la petite machine inventée par M. Léonar», parce qu'elle est une des moins coûtenses et que l’Académie de Metz en a porté un témoignage (rès-avanlageux ; c'estun perfectionnement de celle de M. Quentin Durand. Elle consiste( fg.480) en
Fig. 480.
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