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Un chemin vicinal exécuté suivant les procédés et avec les précautions nécessaires pour le préserver entièrement de la slagnation des eaux, peut, r#26me sans chaussée, être d’un bon usage pour les voitures, pourvu qu'on l’entretienne convenablement. Cet eztretien est facile et peu dispendieux, car ïl suffit : 1° de tenir en bon état les rigoles, fossés et puisards ; 2° de maintenir la régularité du bombement, en rechargeant avec du gravier ou de la terre dure les endroits qui s'affaisseraient : el 3° de rouler de temps en temps pour raffermir le sol après les pluies
cRap. 18°.
et pour effacer les ornières à mesure qu’elles commencent à se former.
Assurément il n’est pas, en France, de commune qui ne puisse, par ces moyens économiques, améliorer en peu de temps ses chemins, et les maintenir en assez bon état de viabilité, en attendant qu’on puisse y faire des chaussées. Mais il faut remarquer que, quand bien même on serait dans l'intention d'établir les chaussées immédiatement, il faudrait toujours commencer par faite les travaux de terrassement, comme nous venons de les indiquer, et que, par conséquent, ces travaux doivent être faits de préférence à tous autres, puisque, toujours indispensables, ils assurent déjà un bon service, en attendant la possibilité de compléter les perfectionnemens. Il suit de là qu’au lieu d'appliquer, comme on le fait souvent, les moyens d'amélioration dont on peut disposer, à faire seulement une partie de chemin avec chaussée, en laissant le reste en mauvais état, il vaut bien mieux employer toutes les ressources disponibles à assurer l'écoulement complet des eaux pluviales, sur toute la longueur du chemin, à régler les pentes et le bombement, et à comprimer et à affermir le sol en roulant fortement, et qu'on ne doit s'occuper de l'exécution des chaussées qu’après que le chemin en terre est rendu bon et viable sur toute son étendue.
IV. Des chaussées. — Lorsqu'on exécute des chaussées sur Les grandes routes,on creuse au milieu, sur 4 ou 5 mètres de largeur, un encaissement que l’on remplit ensuite, soit avec un lit de sable couvert de pavés jointifs, soit d’un massif composé de &Geux ou trois couches de pierres cassées et arrangées avec soin, que l’on nomme cailloutis. Dans l’un comme dans l’autre cas, l’encaissement occupant le milieu de la route, et les approvisionnemens des matériaux l’un des côtés, les voitures passent pendant le travail sur l’autre accotlement.
Ce mode d'exécution, convenable pour les routes de grande dimension, ze convient pas pour les chemins vicinaux, parce que leur peu de largeur, ne permettant pas de réserver un passage séparé aux voitures, elles sont obligées de passer au milieu des travaux, ce qui est très-incommode et même dangereux pour les chevaux et les voitures, aussi bien que pour les ouvriers, et nuit beaucoup à la bonté de l'ouvrage qui est sans cesse dérangé et bouleversé à mesure qu'il s'execute. Ces inconvéniens s'aggravent encore bien davanlage en cas de pluie, car alors le chemin peut devenir tout-à-fait impraticable. Il convient donc de suivre une autre méthode.
Avant de l'indiquer nous ferons remarquer encore une différence essentielle dans l’exécution des chaussées des grandes routes, et celles des chemins vicinaux ; c’est que, sur les premières, on a ordinairement des moyens suffisans pour entreprendre et exécuter rapidement une grande étendue de chaussée, tandis que sur les chemins vicinaux, en général, et surtout sur les chemins commupaux, ou simplement ruraux, on ne peut ordinairement exécuter que de petites parties, successivement, en sorte que l’on aurait, pendant un très-long temps, des embarras nui-