DES CHEMINS COMMUNAUX ET VICINAUX
Sibles à la circulation, qui ne feraient que changer de place, et qui pourraient, en cas de Mauvais temps, obstruer entièrement le passage.
11 résulte de ces conditions que, pour les chaussées des chemins vicinaux, il faut employer des moyens différens de ceux qu'on emploie sur les grandes routes, et qui permettent l'exécution progressive des chaussées sans entraver le passage habituel, et sans compromettre la viabilité.
Il est rare que l’on puisse faire, sur les chemins vicinaux, des chaussées régulières en pavés de grès, qui sont fort chers, si ce n’est à proximité des carrières. On y fait quelquefois des chaussées en pavés de pierres dures, irrégulières, que l'on nomme #/ocages. Elles ont l'avantage d'être résistantes et de s’user peu, mais ce sont les plus mauvaises de toutes pour les voitures et pour les chevaux.
Pour les unes comme pour les autres, il faut nécessairement des ouvriers paveurs, et ces travaux pe peuvent se faire que par entreprise sur des devis dressés par des hommes de l’art. Il serait done superflu d’entrer ici dans des explications détaillées sur l’exécuion de ce genre de chaussées.
Celles qui conviennent le mieux aux chemins vicinaux sont les chaussées en cailloutis, parce qu'elles sont plus économiques et d'une exécution plus facile; qu’elles se prétent mieux aux prestations en nature; qu’elles fournissent l'emploi utiledes pierrailles dont on débarrasse les champs riverains; que leurs travaux permettent d'occuper des femmes, des vieillards et des enfans; surtout, enfin, parce qu’elles peuvent s’exécuter avec tous les degrés possibles de progression, sans Jamais entraver la viabilité, et que leur entretien est facile et peut se faire par toute espèce d'ouvriers, et même par de simples manœuvres bien dirigés.
Pour qu'une chaussée-en cailloutis pusse se faire progressivement, sans jamais géner la circulation, il faut éviter de faire des encaissemens. Il ne faut pas croire qu'il y ait désavantage pour le chemin, au contraire, les encaissemens creusés dans le sol d’un chemin, pour y loger les matériaux, sont plus nuisibles qu'utiles, parce que ce sont comme des fossés dans lesquels se réunissent les eaux pluviales qui pénètrent à travers les pierres de la chaussée, principalement quand elle est nouvelle, et qui détrempent le fond, en sorte que la pression des voilures y fait facilement enfoncer les pierres inférieures, qui se perdent et causent des affaissemens, origine et cause première des ornières et de la dégradation de la chaussée.
Pour les chemins vicinaux, il vaut beaucoup mieux se borner à étendre des pierres cassées, ou des matériaux analogues, sur le sol du chemin, réglé et tassé comme nous l'avons indiqué précédemment. Seulement, il faut pour cela que le bombement soit très-faible. Ainsi, lorsqu'on veut commencer à étendre les couches de pierre sur un chemin, aussilôt après l'achèvement des terrassemens,on ne doit donner qu'un très-léger bembement; si, au contraire, le chemin sur lequel on veut faire une chaussée a un bombement prononcé (qui lui aura été donné
pour mieux empêcher la pénétration des eaux pendant qu’ilétait simplement en terre), il faut abaisser ce bombement à la pelle, puis rouler ensuite le sol pour le bien tasser, avant de commencer à le couvrir de pierres.
La condition la plus importante pour avoir de bonnes chaussées en caïlloutis, est d’exclure entièrement toutes les grosses pierres. I] n’en faut, ni pour les bordures, que l’on croyait jadis indispensables, ni pour les premiers lits de la chaussée, que l’on nommait empierrement et hérisson. L'expérience a triomphé des préjugés qui, récemment encore, défendaient cet ancien système, et on reconnail généralement que les chaussées composées entièrement de petites pierres auguleuses, sans bordures ni empierremens, sont les meilleures et les plus résistantes.
Pendant longtemps, les défenseurs des anciens procédés ont repoussé l'emploi des petites pierres, en disant qu’on ne devait pas espérer que des pierres cassées menu résistassent mieux que les pierres plus grosses et plus fortes qu'ils employaient, et qui étaient détruites en peu de temps. Il suffira de dire ici, pour réfuter cette objection banale, plus spécieuse que fondée, que les grosses pierres, ne pouvant pas se réunir etse lier ensemble comme les petites pierres, laissent pénétrer facilement les eaux jusqu’au sol, et que ces eaux, en le détrempant, détruisent sa résistance, qui est la base de celle de la chaussée ; en outre, les pierres volumineuses causent des chocs plus nuisibles que la simple pression, et laissent toujours entre elles beaucoup de vides, qui, formant partout des porte-à-faux, sont cause qu'elles se rompent el s'écrasent aisément sous la charge des voitures. Les petiles pierres anguleuses, au contraire, s’enchevétrent et se serrent jes unes contre les autres, au moyen de l'action de coins de leurs angles, que la pression force d’entrer dans les interstices ; elles se lient promptement à l’aide des premiers débris qui remplissent les petits vides restans, et forment des chaussées compactes et résistantes comme une seule masse, que l’eau ne pénètre plus que très-difficilement ; 11 ny a plus alors d’écrasemens, parce qu'il n’y à plus de vides, et, par conséquent, moins de consommation de matériaux et plus de durée que dans les chaussées qui sont composées de pierres plus grosses, où de pierres arrondies.
Pour accélérer et pour mieux assurer la liaison des chaussées, surlout pour parvenir à les rendre plus compactes et plus impernéables, il convient d’employer, pour garnir Les interstices des pierres dures, de la pierre tendre, ou, à défaut de ce genre de pierre, des inatières de dureté moyenne, telles que les débris ou le bouzin des carrières de pierre à bâtir, de la craie, des graviers, du sable liant, des schistes, des tufs, des marnes sèches, des plâtres, etc., selon les localités. On obtient, par ce procédé, des chaussées bien meilleures et une véritable économie, parce que les matières tendres coûlenl touours moins d'acquisition et de cassage que es pierres dures.
On emploie les matières tendres que l’on vieut d'indiquer, en première couche, de 5 à