MORIN
ET
(2) Quoique le nom français de cette espèce, correspondant au nom botanique latin, soit Orge com-
mune, nous ne lPadoptons pas, parce qu'il tend à faire confusion avec l'orge plate ou
à 2 rangs, qui
est, pour les Français , la véritable orge commune. Le nom d’orge carrée n’est pas bon, puisque l’espèce a réellement 6 rangs rapprochés ; mais comme c’est l’un des plus en usage, nous avons mieux
aimé le conserver que d’en créer un nouveau.
VILM.
»28 AGRICULTURE : DES CÉREALES ET DE LEUR CULTURE SPECIALE. tiv. 1°”.
épis acquièrent des dimensions plus considé- | presque loute la France); — Pamelle, — Paurables et contiennent plus de grains. — Mais ! »7oule (dans la Picardie); — Harsèche (danste
le caractère qui la distingue le plus émimeminent, c'est que les balles de la corolle s’écartent et laissent la graine entièrement nue après le battage. — D’après des essais multipliés, on doit regarder cette orge comme une des plus profitables à cultiver.—ÆElle peut être semée avec succès jusqu'au commencement de mai.
B. 5. Orge à six rangs ; — Orge heragone ; — Orge à six quarts ; —grosse Orge (en Galnais) (Hordeum hexastichum, Lin.) (g.553).
Fig. 553.
L'orge hexastique diffère particulièrement de l'orge carrée, par ses épis gros, ramassés, un peu pyramidés, à six rangs égaux, séparés par des sillons profonds.
Cette espèce est d'hiver; cependant, semée au prirtemps, elle monte et mürit parfaitement, de sorte qu'on peut la considérer comme des deux saisons. Celte première qualité, fort importante en culture, la distingue déjà nettement de l’escourgeon, dont la plupart de nos auteurs lui ont mal à propos donné le nom. — Elle est d’ailleurs plus tardive que celle-ci de 8 à 10 jours, peut-être un peu moins rustique, mais encore plus productive quand elle s’hiverne bien. — A la vérité son grain est moins lourd el par conséquent moins bon;— sa paille est plus grosse et plus ferme.
C. Orge à deux rangs; — Orge distique (Hordeum distichum, Lan.).
Cetteespèce a l’épi long, étroit; des 3 fleurs accolées ensemble sur chaque dent de l'axe, celle du milieu est seule fertile et munie de barbes; -— les grains sont disposés sur ceux rangs parfaitement distincts.
6, Orge couverte à deux rangs; — Orge (dans
Berry); — Baillarge (dans le Poitou), —petite Orge (en Gâtinais ); — grosse Orge plate, etc. ( fig. 554.) — Elle est généralement cultivée dans la Fig. 554.
plupart de nos départemens. — Son grain EE est souvent plus gros | et plus lourd que ce-, lui de l’escourgeon; — on en fail cas pour | la bière. Cette orgeest très-productive dans de bons fonds.
7. Orge nue à deux rangs ; — grosse Orge nue ( Hordeum distichum nudum, H. P.).
—Si l’on jugeait cette variélé seulement sur la qualité de son grain, aussi lourd au moins que celui de froment, el qui rend son poids presque entier d’une farine supérieure à celle des autres orges, on devrait la regarder comme bien préférable, non seulement à l'orge ordinaire à 2 laugs mais encore à peu près à toutes les autres; cependant elle n’a pas prisjusqu'à présent dans la culture,ce quiest dû, sans douté, aux défauts qu'on lui a reconnus. Ainsi, elle rend moins en volume que les autres espèces; sa paille est cassante, au point que, dans les 4 aunées orageuses, la A récolte en est parfois . K fort détériorée; en- Fig. 555.
fin, elle est trèsdifficile à battre, défaut qui lui est commun avec l'orge céleste.Elle est, du reste, plus hâtive que celleci et que la plupart des autres
espèces. \
D. &. Orge eventail; — Orge pyramidale ( De Cand.); — Orge riz ; —Riz d'Al.
lemagne, etc.
(Hordeum 3eo- AN À CHLLOIL» ADN) N à
(J/ig. 555).
Epi aplati, court, pyramidé; — grains disposés comme dans le groupe précédent sur
Guar, 15°.
deux rangs ; — barbes évasées en forme d’évenlail.
L'orge éventail, peu connue en France, est cependant robuste, productive; son grain, quoique comprimé, est plus gros el souvent plus lourd que celui de toutes les autres orges couvertes. — Elle se sème au printemps.
E. 9. Orge trifurquee (Hordeum trifurcatum, Seringe) (J£g.
Cette variété, trèssingulière, est sans barbes; — elle figure
un gros épis de froment, dont les balles seraient terminées par de petites languettes à trois pointes; — son grain estnu, court; — sa paille extrèmement grosse. Quoiqu'elle nous alt paru peu productive et plutôt curieuse qu'économique, cepoodant sa qualité d'orge nue doit engacer à ne Ja condamner qu'après des essais sutfisamment approfoncis. Elle se sème au printemps.
$ II. — Choix et préparation du terrain.
L'orge n’est pas trés-diflicile sur le choix du terrain. Toutefois elle se plaît de préférence sur les sols de consistance moyenne, sablo-argileux, moins compactes que ceux dont s’accommode au besoin le froment, et moins légers que ceux dans lesquels le seigle peul encore prospérer.—Ajoutons que 1 orse esL une ressource précieuse pour les terrains calcaires même à l’excès.
En Angleterre, où celte plante donne des produits parfois égaux, sous le point de vue pécuniaire, à ceux du froment, et où on la cultive avec un soin particulier, elle succède rarement à une jachère morte.Généralement, elle vient après une récolte de turneps ou de pommes-de-terre; — quelquefois après des pois où des féves; — jamais, chez les bons fermiers, après un autre grain.
Selon l’état du so!,on le prépare à recevoir la semence orge, soit par un seul labour d'automne et quelques facons à l’extirpateur, au printemps; — soil par deux labours, un qui suit immédiatement la récolte préparatoire, l’autre qui précède le semis; — soit enfin par trois labours, si la malpropreté du sol l'exige, ce qui n'arrive que lrop souvent lorsque, contrairement au principe, on entre prend de cultiver cette céréale après une autre.
Quel que soit le nombre des labours, leur profondeur est presque toujours un élément de süccès.— Il faut aussi que leur résultat soit un ameublissement aussi parfait que possible, puisque, comme le savent Lrès-bien tous les praticiens, l'orge ne réussit jamais mieux «ue lorsqu'elle est semée dans la poussière.