L’AVOINE
lune à grains blancs, l’autre à grains noirs. Cette dernière est extrémement productive dans les bons terrains. D’après plusieurs essais répélés chez l’un de nous, elle est au contraire inférieure à l’avoine commune dans les terrains pauvres ; son grain est, surtout en pareil cas, maigre et d’un faible poids; elle est, d'un autre côté, assez sujette à echauder. Malgré ces inconvéniens, son grand produit en grain eten paille lui fait donner dans plusieurs lieux la préférence sur toutes les autres.— L’avoine unilatérale blanche est remarquable par la force et la hauteur de sa paille. Son grain estsouvent encore inférieur en qualité à celui de la noire, mais elle réussit mieux sur les mauvais fonds.
7. L’Avoine nue ( Avena nuda) (fig. 559) est aussi considérée Fig. 559.
comme une espèce; elle diffère des autres par ses épillets de 4 à 5 fleurs réunies en petites grappes, et par la disposition de ses grains à sortir tout mondés de la balle par l'effet du battage. Cette espèce, qui, au dire de M. De Candolle, est préférée dans certains pays pour la confection du gruau, nous a toujours paru d’un faible produit.
8. L’Avoine courte ; — À. pied de mouche (Avena brevis) (fig. Fig. 560.
560 ),a les feuilles courtes trèsérigées, d’un vert biond; — la panicule est lâche et légère; — les barbes, persistantes et fortement geuouillées, sont plus courtes que celles des autres espèces ou varié-
tés ; —les grains sont aussi sensiblement plus courts. Cette espèce, cultivée dans plusieurs contrées montagneuses, notamment en Auvergne, dans le Forez, l'Espagne, etc., est regardée au Mont-Dore conime préférable à toute autre pour l’emploi des mauvais terrains. Elle s'élève beaucoup, est très-hâtive ; son grain, à volume égal, est moins nourrissant que celui de lespèce ordinaire, mais, dit-on, plus sain; — ses tiges, longues et fines, produisent, vertes ou sèches, un excellent fourrage.
$ II, — Choix et préparation du terrain.
Si l'orge se plait de préférence dans les régions méridionales de l’Europe, l’avoire préfère celles du nord;— Y'une prospère souvent en dépit des longues sécheresses ; — l’autre aime la fraicheur et ne redoute Fhumiditéqu’autant qu’elie est trop permanente.
Aussi sa culture, irès-importante dans les départemens du nord et du centre de la France, l’est-elle beaucoup moins dans ceux du midi.
De toutes les céréales, celle-ci est {a moins difficile sur le choix du sol. Les argiles compactes ; — les terrains tourbeux, les marais, les étangs nouvellement desséchés; —les graviers , les sables suffisamment humectés, lui conviennent presque également. — On la voit prospérer sur de riches défriches ; sur un déloncement qui ramène à la surface une quanrité notable de terre vierge; —comme sur une lande écobuée, et après toutes les cultures qui ne contribuent pas ainsi qu’elie à faciliter l’envahissementdes mauvaises herbes. On la cultive même fréquemment à la suite d’un blé; mais une pareille coutume, résultat inévitable du triste assolement triennal avec jachère, est aussi vicieuse en théorie qu’en pra-
tique. La véritable place de l’ävoine est après.
une culture sarclée, ou sur le défrichement d’une prairie naturelle ou artificielle.
De même que l'avoine est peu difficile sur le choix du terrain, elle l’est fort peu aussi sur sa préparation, Ce qui ne veut pas dire qu'elle ne puisse bien payer les frais d’une culture plus soignée que celle qu’on lui accorde d'ordinaire. I! n'y a rien à ajouter, à ce sujet, à ce que disait, 1l y a peu d'années, feu Vict. YvarT: «Cette plante robusteet peu délicate est une de celles quisouffrent le moins de la négligence du cultivateur qui prend souvent peu de soins pour assurer son succès. Toute sa culture se borne communément à un simple labour; mais, s’il suffit quetquefois, comme nous en citerons desexemples, il ne faut pas en conclure cependant, comme on ne le fait que trop souvent, qu'il soit le seul, dans tous les cas, rigoureusement indispensable. Un assez grand nombre de faits démontrent que deux et même trois labours sont très-souvent amplement payés par un accroissement proporlionnel de produit, indépendamment du neltoiement de la terre, objet qui est toujours de la plus haute imnportence ; et, parce que, dans la routine ordinaire, la terre destinée à cette culture ne reçoit point immédiatement d'engrais, il est aussi absurde d'en conclure qu'elle peut et doit toujours s’en passer, qu'il ie serait d'a-