‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 278 sur 357 · AGRICULTURE : DES CERÉALES ET DE LEUR CULTURE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

AGRICULTURE : DES CERÉALES ET DE LEUR CULTURE SPÉCIALE

LIVE vancer que, quoiqu'elle n’exige pas loujours, pour prospérer, le terrain le plus fertile et le mieux préparé, ses produils ne sont pas généralement proportionnés à la qualité et à l'état de la terre.»

$ II. — Choix et préparation de la graine.

Dans quelques lieux, par suite d’un faux calcul d'économie, on sème les avoines les plus menues, dans le but de diminuer la quantité de semence, afin de réserver les autres pour les chevaux. Une pareille pratique est si évidemment vicieuse que uous ne nous arrêterons pas à la combattre. L'expérience a démontré à tous ceux qui ont voulu faire des essais comparatifs, que la méthode contraire est, en résultat, beaucoup plus avantageuse.

Dans d’autres localités, on néglige Îes criblages, ou, tout au moins, en les exécutant, ou ne prend pas assez le soin de rejeter les graines étrangères, telles que celles de la sanve ou moutarde des champs, de l’ivraieet surtout de la folle-avoine, dont les grains plus légers se rassemblent cependant d'eux-mêmes au-dessus des autres.—Cette dernière plante, l’une des plus rustiques de celles qui envahissent nos moissons,se multiplie de préférence dans les terrains frais qui conviennent à l’avoine, dont elle devance la maturité. Ses semences se conservent longtemps en terre sans perdre leur faculté germinative, de sorte qu'ou ne peut trop attentivement les séparer des bonnes graines, préalablement aux semis.

La moindre négligence, à cet égard, pourrait occasioner plus tard de graves inconvéniens, et, à coup sûr, nous ne sommes pas les seuls à avoir remarqué des cultures tellement infestées de folle-avoine, qu'il ne restait au propriétaire d'autre ressource que de faucher, vers l’époque de la floraison, les avoines dont il espérait récolter le grain. et de faisser en jachère les champs qu’à l’aide, peutêtre, d’un seul criblage attentif, il aurait pu soustraire à cette fächeuse nécessité.

Dans le cas où les panicules d'avoine seraient entachés de charbon, il pourrait être fort utite de chaulerles grains quien proviendraient; car, quoiqu'il ne soit pas rigoureusement démontré que cette étrange maladie soit contagieuse, il est d'observation qu’en certaines circonstances, qui jusqu’à présent n’ont pu être bien appréciées, le chaulage en diminue les effets.

$ IV. —De l’époque des semailles et de la quantité des semences

Selon les variétés que nous avons fait connaître, 072 séme l’avoine depuis septembre jusqu’en mars et méme en avril. — La première epoque est préféréeavecraison dans lemidi et une parlie de l’ouest de la Frauce, et devrait l’élre, pour tous les sols légers, partout où les froids ne sont point assez intenses pour endommager cette céréale, parce qu’elle aurait moins à redouter les sécheresses du printemps. Aux environs de Paris, on choisit février et mars. En général, conformément au vieux proverbe : Avotre de février remplit le grenier, on se trouve bien de semer aussitôt qu'on n’a plus à redouter les très-fortes ge-

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lées et l’excessive humidité du sol. Non seulement les avojnes mises les premières en terre sont les plus belles, si le temps leur est favorable, mais elles mürissent plus tôt, de sorte qu’elles ont moins à craindre les effets de la grêle, des vents, et qu’elles donnent plus de temps pour préparer le sol à recevoir d’autres cultures. — Dans plusieurs localités, on donne pour motif des semailles tardives de l'avoire, la nécessité de détruire, en faisant ce semis, la raveluche ou sanve (Sirapis arvensis), qui, sans cela, serait beaucoup plusabondante et nuirait à l’avoine.

Il est toujours fort difficile, en agriculture, d'indiquer des quantités précises. C’est surtout par rapportaux semis d'avoine que cette difficulté se fait sentir. Non seulement il faut plus de grains pour les semailles à la herse que pour les semis sous raies ; — pour ceux qu'on effectue en automne, quand on a encore tout à redouter des gelées, que pour ceux qu'on diffère jusqu’à la fin de l'hiver ; mais l’état de fécondité du sol et les coutumes locales, en général, basées sur la connaissance du climat, apportent de si grandes différences qu’il serait fort imprudent de chercher à formüler ce qui doit varier sans cesse. De toutes les céréales, l’avoine est cependant celle qu’il y a le moins d’inconvénient à semer épais. Dans quelques parties de l'Angleterre, on ne craint pas d'employer, au dire de M. pe DomBasLe,jusqu’à 6 hectol.

par hectare.— En France, la quantité la plus ordinaireest, comme pour l'orge, de2à3hect., bien que, sur divers points, on en répande quelquefois moins encore sur les bonnes terres,

$ V.—Du mode des semis et des cultures d’entretien.

Quoiqu'on ait proposé, à diverses reprises, de semer l’avoine en lignes comme les blés, à l’aide du semoir ou du plantoir, ni l’une ni l'autre de ces coutumes n'ayant prévalu nulle part, nous ne nous occuperons ici que des semis à la volée. — Ils ne se pratiquent pas partout de la même manière : tantôt on laboure le sol préalablement aux semailles ; on sème, et on recouvre à la herse. — Tantôt on répand la graine sur le vieux labour, el on l’enterre par une seule façon à l'extirpateur ou à la charrue. — D’autres fois, enfin, on sème à la surface du champ non labouré, el on couvre à la charrue.

Le premier moyen convient sur les sols compactes qui exigent plusieurs labours préparatoires; dans lesquels les graines lèveraient mal et tardivement, si elles étaient trop profondément enterrées ; et qui ne se préteraient d’ailleurs que fort difficilement aux deux autres moyens.C’est la méthode la plus ordinaire.

Le second est excellent sur les Lerres de consistance moyenne, lorsqu'elles ne sont pas rassises, depuis le dernier labour, assez pour rendre l’action de l’extirpateur pénible ou incomplète.

Le troistème moyen remplit suffisamment le but qu’on se propose dans les terrains légers, parce que, d’une part, un seul Jabour les divise suffisamment, et que, de l’autre, il

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