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parcelles de l’épi, et les corps étrangers qui s'y trouvent mêlés.
Le moyen le plus naturel de conserver le mais est de le laisser en épis, mais il peut difficilement convenir aux pays de grande culture. — Lors donc qu'on a dégagé les grains dela rafle, les unsles serrent dans des greniers où ilsles remuent de temps en temps; — d’autres les mettent dans des sacs, des coffres, des tonneaux. — Er Toscane, en Sicile, à Malte et sur les côtes d’Afrique, on les enfouit, commeles grains de toute autre nature, dans des fosses souterraines, revêtues à l’intérieur de pailles ou de naïîtes de jonc, d’é corce, elc.— Chacun sait qu'un moyen trèspropre à prolonger la durée du maïs consiste a le soumettre à un degré de chaleur dont l'intensité, assez forte, à la vérité, pour détruire la vitalité du grain, paralyse en même temps les élémens de fermentation, et durcit assez la partie du grain enchâssée dans l’axe de l’épi, pour qu’il résiste à l’altaque des insectes. Malheureusement, la farine qui provient du maïs étuvé n’est pas d’une conservation plus longue que l’autre. On ne doit donc moudre ce grain que pour la consommation de quelques semaines. Plus la farine acquiert de finesse sous la meule, plus elle est suscep-
tible de s’altérer.
$ X. — Des produits du maïs,
Si nous faisions, avec les voyageurs, des recherches sur les produits de la culture du mais dans les contrées méridionales, nous verrions qu’à l’aide desirrigalions, on en obtient sur le même sol au moins deux récoltes
ar an. C’est ce qui a lieu dans quelques parties de l’'E:ypte, et d’une manière bien plus marquée dans l'ile de Cuba, où, au dire de M. RAMON BE LA SAGRA, On voit se succéder jusqu’à 4 cueillettes de maïs : la 1° en février,
DU MAIS
Fig. 866.
la 2° en mai, la 3° en août, et la dernière en octobre.— Au sud de l’Europe, il n’est pas impossible non plus, comme on peut le prévoir d’après ce qui précède, d’obfenir 2 récoltes, soi en faisant sur le même champ 2 cultures conséculives de maïs précoce, soit en semant, en juillet, dans les intervalles des lignes de mais ensemencées en avril; mais, d’une part, il faut beaucoup d'engrais pour réparer l’épuisement occasioné par cetle production forcée, et, de l’autre, on chercherait vainement à l'obtenir hors de certains climats et de certaines positions favorisées par ia proximité des eaux. — La multiplicité des récoltes de maïs n’est pas le seul avantage des pays aussi heureusement situés : leur abondance en est un non moins grand. — Dans quelques parlies de l'Amérique du sud, il est des lieux, dit M. ne HumBozpr, où l’on regarde comme médiocre une culture de cette graminée, qui ne rend que cent trente à cent cinquante fois la semence.
D’après nos calculs, le produit ordinaire étant de deux épis dans les bons terrains, et d’un seul dans les médiocres, chaque épi contenant approximativement 10 à 12 rangées, et chaque rangée 30 à 40 grains, on obtient quelquefois en Piémont jusqu’à 180 pour un.— Toutefois, la récolte moyenne du maïs, dans ce même pays, n’est que de 60 p.1. En réduisant encore ce total, on trouvera toujours que, partout où le maïs prospère, il est de toutes les céréales celle dé i donne les plus abondans produits. Matth. Bonarous.
SEecrion vis. — Du Millet et du Sorgho.
Le Millet ou Panis (Panicum, Lin.); en anglais, Millet ; en allemand, Parick; en italien, Panico et Sageno, et en espagnol, 4/caudia, n’est cultivé un peu en grand que dans quelques-unes de nos provinces mér'idionales.
404 AGRICULTURE : DES CEREALES ET DE LEUR CULTURE SPÉCIALE. urv. v,
On fait entrer ses graines dans la confec- , tion du pain ; on les mange à la façon du riz, cuites dans du bouillon ou du lait; on les emploie à la nourriture de tous les animaux domestiques. — Ses feuilles sont avidement recherchées par les bestiaux ; — enfin, ses tiges sèches servent à chauffer le four.
Il existe trois espèces principales de Panis : le commun (Panicum mitaceum,Lin.) ; — le Millet d'Italie {P. Italicum), et le Moha (P.germanicum), que l’on cultive à peu près de la même manière, et dont les produits sont peu différens. Cependant le dernier, généralement préférable aux deux autres comme fourrage, est moins productif en grain (vor. le chap. Plantes fourragéres). ;
Le Millet commun fig. 568) se distingue
Fig. 568.
facilement du Millet d'Italie (fig. 569). — Le premier porle des panicules volumineuses à longues ramifications, lâches et pendantes au sommet; la gaine de ses feuilles est hérissée et couronnée de poils à son orifice ; ses graines sont blanches, jaunes ou noiràtres dans diverses variétés. — La seconde espèce a ses fleurs disposées en un épi serré, cylindrique, et à ramifications si courtes qu'elles sont sensibles à la base seulement : les feuilles sont moins larges, moins longues, et ordinairement moins velues. — L'un et l’autre s'élèvent à 3 ou 4 pieds (1" ou 1 " 299). Quant au Moha (fig. 570), il se rapproche beaucoup du millet d'Italie. Son épi est cependant généralement plus court, ses tiges plus grèles et plus nombreuses,
Fig. 570. Fig. 569.
Tous les millets ament une terre légère, mais substantielle, profondément ameublie par plusieurs labours, et richement fumée.
Dans les sols pauvres ou arides, ils ne donnent que peu de tiges et des épis peu chargés de graines ; —dans les sols humides, sans chaleur, ils pourrissent promptement par les racines.
Les millets, supportant mieux la chaleur et la sécheresse que la plupart de nos autres céréales, sont propres à succéder en seconde récolte à celles qui cessent d’occuper le sol à la fin du printemps ou au commencement de l’été, et à remplacer les cultures printanières détruites par queiques accidens. — Nous verrons qu’on peut aussi en tirer un parti avantageux comme fourrage.
Vers le centre de la France, dans l’appréhension des gelées, dont ces plantes ne peuvent supporter la moindre atteinte, on ne les sème que dans le courant de mai. — Plus au sud, il faut devancer cetteépoque, afin de profiter de l'humidité accumulée dans le sol pendant l'hiver. Lorsqu'on n’opère pas par un temps de pluie, la graine des divers mil-
lets étant fort dure, il est avantageux de la
faire tremper pendant 24 heures dans de l’eau à une douce température.
Les semailles se font à la volée ou par li gnes plus ou moins distantes, selon le développement que doit prendre chaque touffe, eu égard à la qualité du terrain. — En général, l'espace réservé d’un pied à l’autre est de 10 à 15 po.(0 * 271 à 0 * 298) environ.
Quelle que soit la manière dont on aura semé, on devra plus tard éclaircir, sarcler, biner et buter d’après les mêmes principes que ceux qui ont été exposés en parlant du maïs. Par cette raison, pour faciliter le travail de la houe à main,les semis en ligne doivent être préférés. S’ils exigent, lorsqu’on ne possède pas un bon semoir, un peu plus de temps que les autres, cette légère différence est largement compensée plus tard par la plus grande facilité, la rapidité des sarclages et des butages, la perfec-
cHAP. 15°.
tion du travail, et, en définitive, par l’abondance des récoltes.
On reconnait que /a plante approche de sa maturité à son changement de couleur. Les épis deviennent alors jaunâtres comme les graines ; si l’on attendait pour les recueillir que ces dernières fussent toutes parfaitement inùres, on en perdrait une grande quantité; aussi la récolte ne doit pas être différée Jusque là.
On coupe les épis à un pied de leur base, et on les suspend dans un endroit aéré et sec, Jusqu'à ce que la maturation soit complète; puis on les égrène à la main ou on les bat avec un fléau, et on les nettoie comme le blé. À
Le produit en grain des panis est considérable. Malheureusement, leur qualité, comme substance propre à la nourriture de l’homme, n'est pas, à beaucoup près, en rapport avec leur quantité. ;
LeSORGHO (Holcus Sorghum, Lin.);en anglais, Millet ; en allemand, Hirse ou Sorgsamen; en italien, Surgo, el en espagnol, 4 caudia( fig.571), est,comme on le voit par cette
Fig. 571.
synonymie, souvent confondu avec le millet, dont 31 diffère, du reste, assez peu par ses usages économiques, sa culture et ses produits.—Sa lige forte, roide, analogue à celle du maïs, dont elle se distingue cependant par ses moindres dimensions, s'élève à la hauleur de 5 ou 6 pieds (1 à 2 mèt.). Ses feuilles sont plus larges et plus longues que celles des millets. Ses fleurs et ses graines sont disposées, à l'extrémité des tiges, en larges pa-