DES RAVES, NAVETS, TURNEPS ET RUTABAGAS
aux ensemencemens de blé d'hiver, et qui consistent aussi dans lameublissement du sol, dans le fumage et dans l'enterrement du fumier. |
On sème les navets depuis mai Jusqu'à la fin de Juin; mais le commencement de uin est Lépine en général la plus favora-
le. Le navet de Suède ou rutabaga peut être semé quinze jours plus tôt que les autres espèces, et c’est un avantage dans les grandes exploitations où on a une vaste quantité de terrain à ensemencer en cetle plante; on commence par le rutabaga, et on finit par les autres variétés.
On ne fail pas beaucoup attention à 1a quantité de graine que l’on met en terre, et le semoir en verse ordinairement dix fois plus qu’il n’est nécessaire. Cette espèce de prodigalité est utile pour parer aux effets des années défavorables à la végétation, à la mauvaise qualité de la graine, qui ne lève qu’en partie; enfin des insectes qui attaquent les jeunes plants et qui les détruisent. Au moyen-d’un semis abondant, on trouve dans les places trop garnies de quoi pouvoir, au moyen du repiquage, planter celles qui sont dépourvues : la graine de navets est généralement si peu chère que le surcroît qu'on en sème dans ces différens buts est une dépense presque insignifiante.
Travaux qui suivent l’ensemencement.
Quand les navets ont été semés de la manière que nous avons indiquée, les lravaux
ui suivent deviennent faciles. Les plantes élant hors de terre et ayant deux feuilles un peu larges, on donne une première facon avec une houe à cheval.Le but de cetteopérationest de débarrasser la terre des plantes étrangeres qui sont levées en même temps que les navets, et aussi d'ouvrir la terre, sans la retourner, pour la rendre perméable aux in:
fluences atmosphériques, surtout à l’humidité de la nuit. Ce sarclage est extrêmement faciie dans les rangées de navets; un homme et un cheval tranquille font beaucoup de besosne dans une journée.
Cette opération ne peut détruire les plantes étrangères qui sont entre les navets d’une méme rangée ; On détruit celles-ci de la manière suivante : Des femmes, armées d’une houe à main, dont le fer est large de cinq à six pouces, marchent chacune dans un sillon, et d’un coup à travers la rangée de navets enlèvent Lout ce qui s’y trouve. Entre chaque espace ainsi netloyé, reste une petite touffe de navets, qu’elles éclaircissent ensuite avec un des angles du fer de la houe ou avec la main, de manière à ne laisser que le pied le plus vigoureux. — Cetie seconde opération enlève le reste des plantes étrangères et espace les navets d’environ un pied. On espace davantage, et souvent jusqu’à 18 pouces, les variétés dont les tubereules sont très-gros.
Quelque temps après ce premier sarclage, on donpe une froisième facon avec une petite
(1) Les agriculteurs préfèrent généralement changer cette graine en la renouvelant par des graines venues d’un sol situé sous un climat peu éloigné, plutôt que de la reproduire constamment chez eux
par la conservation de porte-graines,
araire à un cheval et à versoir, et qui en deux traits donne à la terre la forme suivante (fig. 638). Plus tard une 4° façon, avec le même in-
Fig. 638.
entre les navets, sont à chacune de ces époques sarclés par des femmes ou des enfans, avec la houe à main.
Ces opérations ne sont pas toutes indispensables : assez souvent on ne pratique pas les dernières; mais elles servent beauconp à la réussite de Ja récolte, augmentent la quanüité des produits, et par l’ameublissement continuel qu’elles donnent à la terre, la tiennent prêle aux récoltes de céréales qu’on veutobtenir après les navets. Il n’est presque pas utile de dire que l’époque des opérations qui suivent l’ensemencement varie suivant le Lemps qu'il fait, le développement des mauvaises plantes et les autres travaux plus ou moins urgens de l’exploilation.
Il est des agriculteurs qui utilisent les espaces entre Les navets par la plantation d’autres végétaux, notamment des choux; mais alors les sarclages ne peuvent plus se faire qu'à la main; les petites cultures seules admettent celte possibilité.