DU TOPINAMBOUR
le sol et à avoir besoin d’être fortifiées, on les butte avec le butoir à cheval. Il y a généralement de l'avantage à réitérer cette opération tant qe est praticable, et qu’on peut accumuler au pied des tiges de nouvelle terre, parce qu'il s’y développe ordinairement de nouveaux et beaux berlee Après ces opérations, dans des terrains favorables, les topinambours forment une espèce de taillis épais, vigoureux et régulier, qui récrée la vue et annonce au cultivateur l’es-
poir qu'il peut fonder sur une abondante récolte.
$ HIT. — Récolte et produits du topinambour.
La récolte, et la manière dont on peut l’opérer, sont sans contredit les principaux avantages qui recommandent la culture des topinambours. Non seulement les tubercules supportent impunément en terre comme hors de terre les plus grands froids de nos hivers, lorsqu'on n’y touche pas au moment de la congélation ; mais, ainsi que V. YvarT s’en est assuré, ces tubercules augmentent encore de volume en terre lorsque la partie extérieure de la tige ne donne plus aucun signe apparent de végétation. Il y a donc de ce côté avantage de laisser Les tubercules en place, à part l’extrême commodité et la grande économie qui résultent de la possibilité d'éviter ainsi une récolte faite subitement en automne, et l’embarras comme la dépense de loger, emmagasiner et conserver pendant l'hiver des produits très-nombreux.
Le topinambour peut donc être tiré du sol au fur et à mesure des besoins, et par conséquent il n’exige ni un local spécial, ni des dépenses quelquefois considérables, ni des altentions constantes, pour être serré convenablement et conservé intact jusqu’à son emploi.
Cependant il est prudent, dans la crainte des pluies prolongées, des neiges et des gelées de longue durée, d’en faire, vers La fin de l'automne, une provision suffisante ; il suffit qu’elle soit mise à couvert et à l’abri de l’humidité, car c’est la seule chose que redoute le topinambour, et cetle circonstance doit engager à lui laisser passer l'hiver le moins possible dans des terrains qui y sont ordinairement exposés. Douze à quinze jours d'immersion dans l’eau suffisent en effet
our faire pourrir les tubercules, qui exhaent alors l’odeur la plus nauséabonde. Une forte humidité, lorsqu'ils sont hors de terre, suffit également pour les faire noircir et moisir, comme une grande sécheresse les ride et les rapetisse considérablement. Leur amoncellement et leur mélange avec de la paille ou d’autres corps étrangers, les fait aussi quelquefois germer ou se gâter.
L’extraction des tubercules de La terre s’exécute comme pour la pomme-de-terre. A l’automne, on doit préalablement faucher les tiges le plus près possible de terre, en choisissant un temps sec; on les lie en botles ou fagots et on les met à couvert.
La quantité des produits du topinambour varie beaucoup en raison des terrains et des soins de culture qu’on lui donne. V. YvarT, d'après ses essais comparatifs avec la grosse
ponime-de-terre blanche commune, affirme que, toutes circonstances égales, l'avantage a toujours éte en faveur du topinambour dont la supériorité de produit s’est quelquefois élevée au Liers en sus, et souvent au quart.
M. V, pe Tracy évalue la récoite en tuber-
HEVQIS
cules à 8 ou 9 fois la semence dans le sol argrlo-siliceux de son domaine, c’est-à-dire à 120 ou 140 hectolitres par hectare; 1l estime : le produit en fourrage vert à 16 ou 20 chars de 1500 livres environ, aussi par hectare.