‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 43 sur 357 · F LIV · texte numérisé non relu

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de Jardin, noire et contenant de l’humus, s’échauffera beaucoup plus qu'une terre maigre, calcaire ou argileuse.

Le degré d’échauffement des différentes terres dépend surtout des 4 circonstances suivantes : {” De la nature de la superficie de la terre; — 2° De la composition des terres ; — 3° Des différens degrés d'humidité de la terre lorsqu'elle est exposée au soleil ;—4° Des différens angles que forment les rayons du soleil en tombant sur la superficie du sol.

Diverses expériences ont été entreprises pour déterminer numériquement es facultés des sols pour absorber et retenir ja chaleur; mais elles n’offrent pas assez d’exactitude pour être rapportées ici. Les considérations suivantes nous semblent de nature à donner des notions suffisantes et plus certaines.

Au 1‘ rang des conditions d'absorption du calorique il faut placer a couleur la plus foncée ; la moyenne d’un grand nombre d'essais a fait voir que la coloration en noir d’un sol blanchätre peut augmenter de 50 p. 100 sa propre absorbante. Lampapius a démontré ‘efficacité puissante de cette coloration, en recouvrant d’un pouce de charbon en poudre la surface de la terre d'une caisse où des melons cultivés à découvert vinrent à maturité pendant l’été frais de 1813 dans le district des mines de Saxe. La température s’éleva de 37 à 48°, tandis qu’à la superficie du sol ordinaire elle resta entre 25 et 38°. Le zotr antmalisé, dont nous parlerons en traitant des engrais, produit un effet semblable ; enfin les murs des espaliers peints en noir hâtent et complètent la maturation des fruits.

Pour apprécier l'influence de la couleur de la surface de la terre sur l’échauffement du sol, on fit les essais suivans : des quantités égales de différentes terres furent mises dans des vases d’une égale contenance et d’une superficie de quatre pouces carrés pour un demi-pouce de profondeur, au milieu et au fond desquels étaient placés les boules de thermomètres comparés, capables d'évaluer undixième de degré. On exposait à l’ardeur du soleilun de ces vasesavecsa surface de couleur naturelle; la superficie de l’autre était teinte en noir, au moyen de noir de fumée, saupoudré à l’aide d’un tamis ; le troisième était coloré en blanc parle moyen de la magnésie carbonatée très-fine et très-blanche. On laissa chaque fois ces vases exposés à l’ardeur du soleil pendant un laps de temps égal, sous un ciel serein (dans les mois d’été entre onze heures et 3 heures, ordinairement pendant 1 heure). En général, une surface notrcte acquérait une température plus forte. La température de l’argile teinte en blanc augmentait, par l’action du soleil, de 16° centigrades, pendant que la température d’une quantite égale de terre colorée en noir augmentait de 24°, — Cette augmentation de température, occasionée par les surfaces noires , n’esi pas seulement passagère, mais elle demeure constamment plus forte pendant toute la durée de l’action solaire. Exposez au soleil pendant des heures entières les mêmes espèces de terre, avec des surfaces noires et blanches, celles-ci auront constamment une température moindre. — C’est encore sur ce fait que se fonde la pratique de semer au printemps

cuaAP. 2°.

des cendres et de La terre sur la neige pour la faire fondre plus vite (1).— Diverses observations montrent combien /a température des couches supérieures du sol est différente de celle de l’air.—On a observé à Tarascon Jus-

w’à 51° de température près de la superficie

‘une terre sablonneuse, légère, rougeûtre, au mois de juillet.

La plus grande influence de capacité (quantité absorbée) pour la chaleur tient au poids ge du sol (Foy. p.40 ); car, d’un côté,

air interposé dans une terre très-légère est |

mauvais conducteur; de l’autre, à profondeur égale jusqu’à laquelle la température

du terrain augmente, la substance terreuse |

plus lourde offre une plus forte masse, qui, d’après les essais, contient plus de chaleur. Enfin la quantité d’eau interposée est une cause de refroidissement, par la grande proportion de chaleur que son évaporation exige,

et les sols humides sonten effet généralement |

froids. — La quantité d'humidité influe beaucoup sur l’échauffement des terres par le soleil. Des terres humides ont une température moindre de quelques degrés que des terres de la même espèce sèches. Cette moindre température se maintient même au soleil jusqu’à ce que l’évaporation de l’eau soit presque complète. On ne peut pas douter que la grande quantité de chaleur nécessaire à l'évaporation ne soit la cause principale de ce phénomène. La différence de température se moutait dans divers essais de 6° à 8°. — Les terres d’une couleur claire et ayant une rrande faculté de retenir l’eau, ne s’échaufent donc que très-lentement et faiblement par une double raison : un sol froid , argileux , contient beaucoup d’eau et en perd peu, tandis qne le sable, au contraire, forme un sol sec et chaud, en raison du peu d'humidité qu'il contient, et qui d’ailleurs s’évapore bientôt.

Les pentes du terrain ont encore une influence très-marquée sur son échauffement par les rayons du soleil; la quantité de chaleur absorbée, toute autre circonstance égale d’ailleurs, est d'autant plus grande que les rayons solaires sont plus long-temps dans une situation le plus rapprochée de la perpendiculaire avec la superficie du sol. On conçoit en effet que la même quantité de rayons qui tombe obliquement et s’étend sur une surface double doit produire un effet d’environ moitié moindre.—On se rend facilement compte ainsi des effets très-remarquables observés pour des expositions différentes, et on peut choisir celles qui conviennent le mieux aux diverses cultures.

$ XI. — Influence de l’état électrique des sols.

Les nombreuses observations faites dans ces derniers temps attestent une action puissante de la part de l'électricité dans les phénomènes chimiques comme dans les réactions entre les matières inorganiques et les corps organisés. Une science tout entière, l’électro-chimie, est maintenant fondée ur ces principes; elle se lie à toutes les scien-

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