MELANGE DU SOUS-SOL AVEC LA COUCHE VÉGÊTALE
cailloux.— Au contraire, quand le sous-so!
est doué des proprictés qui sont déjà en excès dans la terre qu'on cultive, il faut s’en tenir aux labours superficiels, ou du moins n’attaquer la couche inférieure qu'avec de grands meévagemens, el après de nombreux essais sur les effets que ce mélange doit produire.
Dans les terres quiont peu de profondeur, Va couche inférieure agit done d’une manière très-importante à apprecier, en arrêtant les racines ou les laissant passer avec plus ou moins de facilité. Daus le premier cas, on doit se borner à la culture des plantes à racines tracantes, les seules qui puissent prospérer dans ces sols; dans le deuxième, c’esta-dire si le Sous-sol est composé de cailloux, de galets, de pierres, mêlés de substances à l’état friable. il pourra permettre aux racines longues et fortes de s’y insinuer avec avantage pour la végétation, ou bien il se laissera pénétrer par toutes les racines fibreuses. et l’on devra choisir les cultures en conséquen ce.
$ IHI.—Du mélange du sous-sol avec la couche végétale.
M. Dargray a parfaitement expliqué comment le précepte que lorsqu'on ramène à la surface, par un labour profond, les terres d'u mauvais sous-sol, on rend la couche supérieure, anciennement cullivée, infertile pour quelques aunées, comment ce précepte, vrai dans le cas de mauvaises cuitures, devient inexact dans le cas de bonnes cultures, où la rotation des récoltes est bien entendue. Si le cultivaieur veut immédiatement obtenir une bonne récolte de céréales, sans s’embarrasser de l’amélioration progressive du sol, il n’y a pas de doute que le sous-sol non imprégné d'engrais et des influences atmosphériques, füt-1l même de bonne qualité, ne nuise à la végétation de la céréale au lieu de lui être favorable; il n’y a pas de doute qu'il ne diminue même considérablement la récolte s’il est de mauvaise qualité.
Mais, sc le cultivateur veut améliorer le Jonds de sa terre; si, au lieu de regarder à la récolte d’une seule année, il fait attention aux récoltes suivantes, alors les labours profonds deviennent les plus avantageux, parce qu'après quelques cultures ils ont augmenté l'épaisseur de la couche cultivable, ont ainsi donné aux racines la possibilité de s’enfoncer plus avant, et les ont mises en contact avec une plus grande étendue de matière qui les alimente. Par cette raison, la plante est mieux nourrie, les tuyaux sont plus gros, les végétaux tiennent plus au sol, et les pluies et les vents ne peuvent les renverser, les coucher que difficilement; un autre avantage, c’est qu'un temps sec long-temps continué les fait moins languir, parce que la couche inférieure conserve plus long-temps de l'humidité que la surface. Enfin les labours profonds enfouissent à une grande profondeur et font périr une foule de graines qui, enterrées moins profondément, auraient encore végété et nui a la récolte.
Pour arriwer à l'amélioration progressive de cette couche inférieure du sol, il faut une méilleure culture; il faut que les plantes sarclées et fumées, la pomme-de-terre surtout, commencent la rotation, et que tous les deux
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ans, dans les commencemens, une nouvelle culture sarclée remplace une culture non sarclée; il ne faut pas qu’une jachère non labourée vienne permettre au sol de se tasser de nouveau, et aux plantes inutiles de se multiplier en produisant leurs semences.
C’est au moyen d'une pareille culture qu’on approfondit saus inconvénient le sol d'un à plusieurs pouces,et qu’on rend, avec le temps et sans frais, très-productifs des terrains qui payaient d’abord à peiueleursfrais de culture.
L'effet, uuisible pour les premières récoltes, du mélange du sous-sol avec la terre végétale, a fait rechercher des i2strumens avec lesquels on pât remuer et ameublir la couche inférieure, sans la retouruer et la remuer à la surface immédiatement el avant qu’elle ait pu être améliorée par l'infiltration des engrais et par les influences atmosphériques.
M. le Mis pe LA BOESssiÈRE a inventé pour cet usage une machine qu’il a appelée drague à claies (1), et qu'on peut comparer à une très-grande et tres-forte ratissotre de jardin, montée sur quatre roues,etassez solide pour résister aux efforts les plus puissans. Cette machine parait bien remplir son objet; nous regrettons de ne pouvoir la décrire ni la figurer; on lui reproche avec quelque fondement d’être trop compliquée, trop dispendieuse, et de nécessiter l'emploi de 10 à 12 chevaux pour la faire fonctionner. M. VicmoriN emploie dans sa pratique, pour augmenter l'épaisseur de la couche arable d’un à eingq jiouces, sans mêler immédiatement cette terre non préparée avec celle de la surface, le cultivateur ordinaire, ou buttoir à pommes-de-terre, instrument très-simple, el qui commence à être assez généralement répandu. Pour lui donner cette destination, il suffit d’en enlever les versoirs ou oreilles, et de lui faire suivre la charrue, dans le même sillon ouvert par elle, en l’attelant d’un cheval ou de deux chevaux placés à la fite.
$ IV.—Imperméabilité du sous-sol pour les eaux.
C’est le plus communément à l’imperméabilitéde la coucheinferieure qu’esi due la trop grande humidité du sol: lorsqu'il en est ainsi, et que le terrain n’a pas de pente, l'eau, ne pouvant ni s’égoutter ni s’écouler, est retenue comme dans un bassin, la terre meuble devient semblable à une bouillie, et celte humidité excessive est très-nuisible à la plupart des plantes cultivées ; ces terrains, dans leur état naturel, ne peuvent être ressuyés qu'a la longue par lPévaporation. On voit d'après cela combien il importe de bien étudier, dans les champs qu’on veul exploi- Ler, la nature du sous-sol, puisqu’en livrant aux eaux un passage trop facile ou trop difficile, il en résulte que la couche de terre labourable est exposée à être trop desséchée, ou imbibée et même noyée entièrement.
Une couche d'argile sous un sol sablonneux contribue à sa fertilité, en retenant l’eau qui filtre trop facilement au travers, et en y conservant une humidité plus constante ;
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mais si la couche d’eau retenue par l’argile mouille trop les racines, les plantes languissent. Un so/ argileux ou marneux qui repose sur un lit de pierre calcaire et poreuse, est plus fertile que lorsqu'il est assis sur de la roche dure, imperméable à l’eau : parce que dans le 1° cas l’eau filtre et s'échappe, landis que dans le second elle reste stagnante dans un sol pâteux qui ne relient déjà que trop d’humidité.
On ne peut guère remédier au défaut de laisser passer les eaux comme un tamis que par des moyens indirects, c'est-à-dire en humectant le terrain par des #rrigations supérieures ou souterraines lorsque cela est possible, ou en l’abritant de l’action des vents desséchans et du soleil au moyen de plantations en bordures.
Quant à l’umperméabilité du sol inférieur pour les eaux, on en diminue les inconvéniens en donnant les labours par sillous plus ou moins relevés, en pratiquant des écoulemens dans les champs et les prairies, au moyen de saignées plus ou moins profondes et nombreuses, on bien en formant des couches de cailloux ou de pierrailles sous la terre végétale. En Angleterre, où l’excès de l’humidité a fait plus qu'en France chercher les moyens d’y obvier, on est dans l'usage de percer de nombreux trous de sonde les couches inférieures qui retiennent les eaux, lorsqu'elles sont d’une nature compacte, d’une épaisseur peu considérable, et ont au-dessous d'elles une couche perméable ; on doit pratiquer ces trous dans les endroits où le terrain offre de la déclivité, et dans ceux où les eaux s’amassent davantage à la surface. Au reste, nous devons renvoyer pour plus de détails à ce sujet au chapitre des desséchemens, et à la section qui traite des propriétés physiques des sols pour apprendre à reconnaitre dans le sous-sol les qualités ou les défauts que venons de signaler ; on peut aussi consulter sur le desséchement des terres argileuses et humides, sujettes à être annuellement inondéses, les considérations que nous avons publiées pour servir de programme au prix mis au concours par la Société royale et centrale d’agriculture (2)
$ V.— Principaux sous-sols qu’on rencontre en agriculture.
Dans l'impossibilité de spécifier les variétés des couches inférieures aux terres arables, et qui sont multipliées à l'infini, nous citerons, d’après THaËRr, celles qu’on rencontre le plus communément.
Lorsque le sous-sol est marreux ou calcaire, et que la couche supérieure offre à peine des traces de chaux, l'approfondissement du sol, parle défoncement complet ou suecessif, produit des effets surprenans, et l’améliore en même temps d’une manière durable, parce que la marne, quelque tenace qu’elle soit dans les couches inférieures, lorsqu'elle est amenée à la superficie el mise en contact
l'avec l’air, se divise et se pulvérise, de ma-
(1) Voyez Annales d'Agriculture francaise. Février 1834.
(2) Du desséchement des terres cultivables sujettes à étre inondées, pour servir de Programme au prix propose par la Société royale et centrale d'agriculture, sur Le desséchement des terres argileuses et humides, au moyen de puisards artificiels, de sondages, ete. — Paris, in-8°, chez M°"° Auzard
cuar. 2°.
nière à pouvoir facilement être mélée avec le sol.
Sous un terrain argileux ou glaiseux on trouve aussi quelquefois une couche/de terre sablonneuse : si elle n’est placée ni trop près de la superficie du sol, ni à une trop grande profondeur, c’est-à-dire si elle est à trois ou
uatre décimètres (1 pied ou 1 pied ?) au-
essous de la surface, et si sa couche est assez épaisse, elle produit un sol éminemment fécond, qu'on qualifie de pesant et chaud tout à la fois, qui ne souffre Jamais de l'humidité en en laissant toujours écouler la partie surabondante.
Le sol où la terre végétale n’a qu'une petite épaisseur et recouvre une couche inférieure de sable , est fortement exposé aux sécheresses, lors même qu'il parait tres-fertile dans les saisons humides.
Quelquefois la couche de sable ou de gravier est tres-mince, et recouvre elle-même une couche d'argile imperméable. Si le terrain n’a pas de pente, l’eau s’amasse dans la couche de sable comme dans un réservoir et reflue vers la surface; alors il s’y forme des fondrières, des places humides, le terrain devient froid et stérile, parce que l’eau entraine les particules d'engrais dissoutes, et les dépose dans la couche de sable où elles sont à peu près perdues pour la végétation. Cette espèce de terrain est une des plus mauvaises, si on ne l’améliore par des saignées qui fournissent un écoulement à l’eau : mais à l’aide de ces saignées, ce terrain peut être complèiement corrigé.
Plus le sable qui est au-dessous d’un sol déjà sablonneux est sans fond et mouvant, plus ce terrain est sec. Si à une certaine profondeur, le sable prend plus de consistance, et que l'écoulement de l'humidité soit ainsi un peu arrêté, le sol a plus de fraicheur et est meilleur.
Quelquefois, surtout daus les montagnes et sur les plateaux des collines de formation terliaire, le sous-solest composé de pierres qui ne laissent souvent qu’une épaisseur de quelques pouces à la couche végétale. — Lorsqu'il est composé de pierres à chaux, c'est la circoustance la plus favorable ; à la superficie de la couche, cette pierre est le plus souvent délitée et pleine de crevasses ; elle absorbe l’eau , et les racines des plantes, notamment du sainfoin et des arbres et arbrisseaux, y pénètrent très-bien. Les roches calcaires el gYpseuses sont donc moins stériles que lesautres.
Le schiste argileux, couvert d’une légère couche de terre végétale, se délite lorsque la charrue l’entame où enlève des morceaux ; on peut ainsi reudre plus profonde et améliorer la couche arable.
Le terrain qui n’a que peu d'épaisseur, et qui recou\re le granit et autres roches presque indécomposables, ne peut s'améliorer Es en y transportant de la terre végétale ou
es déblais et démolilions pour en augmencer la couche.
Lorsque la couche inférieure est composée de cailloux roulés, s'ils sont suffisamment recouverts de terre végétale, ils ne sont pas nuisibles ; et même, si le terrain est argileux, ils peuvent être très-utiles en procurant un écoulement aux eaux surabondantes.
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