DEGRÉS DE FERTILITE DES TERRES
sance du sol par l'effet d’un engrais de même quantité et de même qualité sur cesol, toutes les autres circonstances étant exactement les mêmes.
Des influences étrangéres,notamment les phénomènes atmosphériques, peuvent faire varier la puissance du sol. Pour échapper autant que possible à ces causes de trouble, M. de Voght a choisi comme base de son système la récolte sur laquelle l’action atmosphérique se fait le moins sentir, savoir, le froment. D'ailleurs il tient note de la température etde son influence sur les phases de la végétation; puis, combinant ces observations avec le jugement porté par les praticiens sur la productivité de l’année pour chaque espèce de plantes cultivées par lui, il apprécie de combien pour cent elle a été au-dessus ou au-dessous des années moyennes, et hausse ou baisse en conséquence le chiffre de la puissance, qui, par sa multi-
-plication avec celui de la richesse resté le
même, lui donne la différence en plus ou en moins de l’année par rapport à une année moyenne. Une seule année ne suffit pas, au reste, pour fixer irrévocablement la puissance du sol; il faut des comparaisons multipliées pour arriver à une certitude raisonnable.
Ainsi les premières bases de la phorométrie étant une fois posées, 07 apprécie avec la plus grande facilité Æ degré de la puissance quand celui de la richesse est connu, ou le degré de celle-ci quand celui de Pautre est déjà déterminé ; on peut savoir avec une exactitude auparavant impossible à atteindre , de combien on augmente la fécondité par.une égale quantité de fumier, sur des champs de puissance différente, et de conibien par conséquent le produit sera plus considérable. La phorométrie fournit par là le moyen de connaître ce qu’il faut d'engrais à tel ou tel champ pour le faire arriver à une fécondité moyenne, au-delà de laquelle les effets de l’engrais deviennent plutôt pernicieux qu'utiles. Elle nous apprend qu'il y à une proportion à garder entre les degrés de la puissance et ceux de la richesse, selon la fertilité plus ou moins grande du sol, et selon l'espèce des végétaux qu’on y veut cultiver. C’est ainsi, par exemple, qu’à Flotbeck le colza exige 1000 degrés, et n’en supporie guère plus de 1200, et que par conséquent pour être cultivé avec avantage, il doit être placé sur des terres dont la puissance soit au moins de 10°. Les pommes-de-terre fines exigent 800°, les pommes-de-terre communes 600°, l'orge 650 à 700, la spergule 500, elc. Par des expériences continuées pendant plusieurs années, M. DE VOGHT @ trouvé que la production de 100 livres de froment épuise 1°19 de richesse, et enlève 5 à 10 p. 0/0 de la puissance ; que /e seigle exerce le même effet sur la puissance, mais qu'il épuise la fécondité de 10 p. 0/0 de moins; que l'orge épuise la richesse à l’égal du seigle , et l’avoine à l’égal du froment; que, néanmoins, les grains de printemps ne détériorant pas le sol, la fécoudité n’est diminuée que de l’épuisement dela richesse ; que Ze sarrasinrend à la puissance ce qu'il enlève à la richesse; que Les vesces et La spergule produisent le même effet, ou même peuvent quelquefois ajouter à la puissance et à la richesse; que /e culza
ae
épuise Ja richesse de 1° 60, tandis qu’il élève la puissance de 5 p.0,0;que les pommes-de-terre enlèvent 1/10 de degré à la richesse, mais qu’elles rendent 1 1/2 à 2 p.0/0 à la puissance; enfin, que £a troisième coupe du trèfle, enterrée de 3 à 6 pouces, augmente la puissance de 5 p. 0/0 et la richesse de 6 à 12°. Au moyen de ces données, il est facile de calculer l’augmentation ou la diminution de la fécondité selon l’état préexistant de ses deux fac!eurs.
Malgré ses immenses travaux, M. de Voght n’a puarriver à un ensemble systématique de faits généraux et constans; car chacune de ses données devra subir, dans les différentes localités, une correction dépendant de Ja différence du climat et même du sol; maisil a établi, sur de solides fondemens, une méthode dont l'adoption procurera aux agriculteurs tous les avantages attachés à la précision et à l’exactitude, et qu'il serait inutile d’énumérer.
Pour la compléter, M. de Voght a dressé une table destinée à faciliter, dans les pays où l'agriculture est le plus avancée, l’applicaäon de l'échelle phorométrique à l'appréciation des récoltes exprimées par les poids et les mesures de ces pays. Pour connaitre ce qu'un champ, de quelque fécondité que ce soit, peut produire :
D'hectolit. par hectare en France, divisez le degré de fécondité par 28,56 Busheis acre. Augleterre. + « DE + 24.98 Viertel. bunder. Brabant. . . + + + Helene TONDI Muut. juchart. Suisse (Berne). + . . . «140,07 Meizen joch. Au chés MR SL Me, 054166 Schelfél. . morgen, Prusse. , . . OT IONUN . 60,21 Tonne mesure. tonno areal.Holstein.. « « . re) 75 Tcbrtvert, désiatines Russie. + +. + ee + + + . 50,60
Réciproquement, pour remonter du produit exprimé en mesures locales de superficie et de capacité, on le multiplierait par le ombre indiqué pour chaque pays; de cette manière la table phorométrique, désignant purement et simplement le rapport du produit à la faculté productive, ne fait rien pré- Juger sur les circonstances dont celle-ci aépend, et rend ainsi inutiles des descriptions toujours plus ou moins vagues. Son adoption introduirait plus d’uniformité dans la langue agricole. J. Yunc.
SECTION VII — fonctions des sols dans la végétation.
De la germination des graines et de leur premier développement dans les substances terreuses.—Pour observer l'influence diverse des substances que renferment les sols sur la germination, on en mit des quantités égales dans des vases d'une égale capacité, d’un pouce et demi de profondeur et de quatre pouces carrés de surface, exposés à Pair au mois de Juillet, de manière à ce qu’ils pouvalent par un temps serein eat dur àneuf heures la lumière du soleil. On les arrosa tous en même temps, et aussi souvent que l'eau de la pluie ne paraissait pas suffisante. L'arrosage de la terre arable ordinaire servait de guide, y ayant mis des grains de froment de la même espèce.
Dans le sable quartzeux, les graines germèrent en peu de jours; les tiges prirent la Iongueur d’un pouce, mais se flétrirent et séchèreul rapidement par un temps d'été.
ELvV-.1°.
méme en peu de jours, devinrent de la hauteur d’un pouce et demi, et parurent croître plus vigoureusement que dans le sable de quartz; mais les tiges seflétrirentetséchèr ent par un temps chaud.
Dans la glaise maigre, les semences germe:
rent bien; il se développa une radicule etune plumule d’une ligne et demie; mais elles mourureut avant d’avoir percé la surface de la terre, qui se couvrait d’une croûte serrée ; les germes paraissaient être trop faibles pour se faire Jour au travers de cette croûte.
Dans la glaise grasse on observait la même chose, mais à un degré plus fort; la radicule ei la plumule ne parvenaïent pas à une ligne de longueur, el mouraient bientôt.
Dans la lerre argileuse plastique, le développement élait moindre encore que dans les précédentes.
On ne pouvait plus remarquer aucune germination dans l'argile exempte de sable; les semences, pendant quinze jours, y restèrent sans développement, soit que la terre fñt mouillée ou sèche, à lPombre, ou au soleil.
Cette argile formait une masse très-ferme et très-consistante.
Les mêmes graines qui paraissaient mortes, mises dans une terre arable ordinaire, germèrent en quelques jours, el poussèrent de belles tiges.
Dans le carbonate de chaux, les graines germaient en peu de jours; leurs tiges parvenalent à une hauteur considérable; beaucoup de petites racines se formaient, et paraissaient parfaitement saines.
Dans la magnésie carbonatée, es graines germaient bien aussi en peu de jours, parvenaient vite à une hauteur considérable, et les plantes étaient d’une belle couleur verte et pleines de suc.
Elles poussaient dans l'humus de la même mauière que dans la magnésie.
Les semences confiées à la terre de Jachère et à la terre arabie germaient et se développaient bien; seulement les plantes paraissaient croître moins vile que semées dans l’humus et dans la magnésie; ce qui résulte sans doute de la grande proportion d'eau que reliennent ces dernières substances, et de leur porosité, qui permet aux plantes d'’étre en contact avec l'atmosphère.
Ces résultats montrent que ia porosite et l'humidité des terres sont deux des conditions les plus indispensables pour la végétalion, et que l'argile pure a une influence nuisible moins par sa grande faculté de retenir l’eau que par sa grande ténacité et sa con sistance , enfin, parce qu’elle oppose mécaniquement des obstacles au développement de la jeune plante, et qu'elle la prive du contact de l’air, indispensable à la végétation.
On peut conclure, des données qui précèdent, que les sols servent essentiellement :
1° À offrir aux graines les conditions d'’humidité, de température, de présence d’oxigène qui déterminent la germination ;
2° À présenter des interstices dans lesquels les radicules et les plumules puissent s’insinuer, etque les racines, les tubercules et les tiges puissent ensuite élargir, afin de se développer graduellement en assurant à la
Dans le sable calcaire, elles germèrent de plante une sorte de scellement ou de base
cHaAP. 2°.
solide qui la fasse résister aux efforts de l'air agité et de quelques autres agens extérieurs;