‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 72 sur 357 · AGRICULTURE : AMENDEMENS · texte numérisé non relu

AGRICULTURE : AMENDEMENS

quantité notable ii stérilisait le sol; ainsi, | réputation pour la quantité, la qualité de

nous dit la Bible, Abimelech s'étant reudu maitre de Sicem, détruisit cette ville de fond en comble et sema du sel sur l'emplacement qu'elle occupait.

Dans les temps modernes, Les Anglais ont beaucoup plus étudié cette question que nous; le chancelier Bacon a constalé, par ses expériences, l'emploi avantageux de l’eau salée en agriculture : plus tard BRowWNRIGG, WaATson et CARTWRIGHT ont confirmé par leurs expériences l'efficacité du sel sur la végétation; les Sociétés d'agriculture ont ouvert des concours,et Davy, SINCLAIR, JonNsoN et DaorE en ont vérifié, approuvé et conseillé l'emploi. — Dans le comté de Cornwall, les composts du sel impur des sécheries avec le sable de mer, la terre, le terreau ou des débris de poissons,sont fréquemment employés, et les fermiers du Cheshire, nous dit Davy, leur attribuent l'abondance de leurs récoltes. Dans l'ile de Mann, l'emploi du sel sur le sol détruit la mousse des prairies. La composition ordinaire des composis pour les prairies est de 20 voitures de terre et 14 hectolitres de sel par hectare.

Dans plusieurs cantons de pays à cidre, on rend plus robustes et plus fertiles les pommiers en enfouissant autour et à quelque distance de la tige une petite dose de sel marin; les greffes et boutures qu’on expédie au loin, trempées dans l’eau salée, reprennent plus facilement à leur arrivée.

Le gouvernement anglais, à la demande de l’agriculture, fait #é/er avec de la suie et veud à plus bas prix les sels qu’on lui demande pour employer sur le sol. En Allemagne, où il y a moins de littoral, et où le sel est plus rare et plus cher, cette question a moins occupé; cependant en Baviére, le roi a ordonné qu’on vendit à bas prix tout le sel employé en agriculture;soit pour les bestiaux, soit comme amendement.

En France, une foule «4: faits appuient aussi l'efficacité, sur certains sols, du sel comme amendement. La grande fécondité produite par les engrais de mer est sans doute souvent due aux sels qu'ils contiennent, et cela est encore plus évident pour les cendres de Pornic, dans la composition desquelles on fait entrer les dessus des imonceaux de sel, et qu'on arrose soigneusement pendant tout l’été avec de l’eau salée. L'usage du Morbihan d’arroser le fumier avec l’eau de mer ne s’est sans doute établi que sur la preuve donnée par lexpérience de l’efficacité du sel allié au fumier. Enfin le grand effet du varech, du goémon et de leurs cendres qui contiennent peut-êlre moitié de leur poids de muriate de soude ou de soude, vient encore à l'appui. Dans quelques cantons du littoral, on sème à la fois la soude (Salsola soda) et le froment dans des terrains salés envahis quelquefois par les eaux de la mer. Lorsque des pluies viennent diminuer la quantité de sel, le froment devient trèsbeau et la soude reste faible ; lorsque les pluies sont peu abondantes, la soude grandit alors aux dépens du froment.

Lorsque le sel n'est pas très-abondant, il favorise la végétation et donne des produits d'excellente qualité; les prés salés sont en

leurs fourrages et l’engrais de leurs moutons. J'ai habité quelque temps en Picardie près des pâtures souvent envahies par les grandes marées : lorsque les pluies viennent laver la surface et entrainer la trop grande portion de sel, leur produit fournit un pâturage abondant et d'excellente qualité.

Expériences sur l’action des sels sur la végétation.—Aucun écrit ne démontre mieux cette action, ne précise mieux la quantité des doses nécessaires et la plupart des circonstances de leur emploi que les expériences de M. LEcoQ de Clermont ; il a fait faire un grand pas à la question générale et particulière de l’emploi des diverses substances salines que la nature et l’industrie offrent à l’agriculture. Nous allons donc faire connaître les résultats de ces expériences, en nous bornant toutefois aux faits spéciaux et précis qui intéressent le plus la pratique agricole.

Sur un champ d'orge, en bonne terre franche, fumée l’année précédente, il a divisé un espace de 8 ares en huit lots égaux ; sur les six preuniers il a répandu, à la fin d'avril, des doses progressives de sel marin, et il n’a rien mis sur les n°* 7 et 8.

Tableau des opérations et des résultats.

Numéros, Doses de sel. Produit en graits.

Le à cl D PNR

D ou at No St PRIE Sue AilraimS 16 CRE AS AO st FEU DH 5019 SR OU D GENE d2 - bis (6 MENFAR OTE . 00 Ed . 28

8 1e EnO0 SH: CO

Le n° 1°", qui n'avait recu qu’une livre et demie, a differé peu de ceux qui n'ont rien reçu; le n°2 avait la paille plus longue, l'orge plus touffue; le n° 3 devenait encore meilleur; n° 4, végétation très-vigoureuse, paille surpassant de 10 pouces les n°° non salés, et de 4 pouces ceux plus où moins salés que lui: les épis étaient en outre plus gros, plus longs et plus fournis que lui; n° 5, inferieur au n° 4, se rapprochant du n° 2, mais plus élevé que lui; n° 6, la plus forte dose, semble malade malgré son produit en grains assez fort; sa paille n’est pas plus grande que celle des n°*° non salés.

Il résulle de ces expériences que Za dose La plus productive pour l'orge serait de 6 liv.

(3kil.) par are, ou de 6 quintaux (300 kil.) par hectare; l’are qui a reçu 6 liv. a produit de plus que les n°7 e18, qui n'avaient rien recu, 11 liv. de grains ou 11 quintaux par hectare, ou plus de trois fois et demie la semence, qui est en moyenne de trois quintlaux par hectare.

Cette expérience , avec les mêmes données, a été faite en même temps sur ur champ de froment en sol un peu maigre, léger et élevé ; les résultats se sont montrés presque les mémes, malgré les différences de sol, de position et de plantes; cependant il y avait peu de différence entre les n°3 et 4, dont le premier avait reçu 4 livres et demie, et le second 6 Liv. de sel par are.

La dose la plus convenable pour le froment

cHaAP. 5°.

serait donc au-dessous de 6 liv. par are, ou de 5 quintaux par hectare.

ur un champ de luzerne divisé, de même, avec les mêmes doses et la même étendue,on a eu les résullats suivans.

Numéros, Doses de sel. Luzerne sèche.

BR LE UN : | 87 mn S 2 Ve ere DR”, 5 CARE, 1.

MS 5: 6 SR TRS DR 0 5 9 RTE 1, 011 VIe" 12 SOL TEE AS 20% 1,6); 00 4° DHRMENNSS See, 100 "69

On voit que l'effet, peu sensible sur le n° 1° qui n'avait reçu qu'une livre et demie de sel, s’est élevé à son apogée sur le n° 2, qui en a reçu 3 liv., pour aller en diminuant jusqu’au n° 6, qui en a reçu 12 liv. dont la récolle s’est réduite à 48 liv. ou un peu plus du tiers du n° 2. Sur la deuxième coupe l’effel a été à peu près le même; cependant les pluies ont lavé les n° où le sel était eu excès, qui ont alors un peu augmenté en produit.

La dose la plus convenable pour les fourrages légumineux serait donc de 3 liv. (1kil. 50) par are,3 quintaux par hectare, ou moitié de celle qui convient aux terresensemencées en graminées céréales.

La proportion la plus productive pour Les pommes - de-terre serait, comme pour les

rains, de 6 liv. (3 kil.) par are: c’est la dose lu moins qui a donné plus de vigueur aux tiges.

Pour le lin, 5 liv. (2 kil. 50) par are paraissent ja dose la plus convenable. Cependant le produit en grains n’est pas plus considérable que celui du lin non salé; une dose de 8 liv. a donné un produit sensiblement moindre que 5 liv.

Il en est de l’emploi du sel comme de l’emploi de la chaux; à moins de très-fortes doses, il produit peu d'effet sur les sols humides ; 6 liv. de sel parare répandues sur un pré froid et un pré sec, ont doublé le produit du dernier, et n’ont fait que changer la couleur du pré humide. Sur une avoire en terrain frais, l'elfet a été très-peu sensible, tandis que la vigueur s’est beaucoup accrue sur une avoiue en sol sec. Enfin, des lots pris sur un sel humide et tourbeux ont reçu par are 6, 12, 24 liv. de sel; les deux premiers n‘avaient de l'avantage sur les parties non salées, et les deux derniers ont beaucoup plus produit que les autres.

3 quintaux sur les fourrages légumineux ont produit le même effet par hectare que 5 milliers de plâtre, d’où il résulte que le sel marin pourrait remplacer le plâtre dans les pays où ce dernier est rare et cher. Mais ce qu'il y a eu surlout de remarquable, comme pour les engrais calcaires, c’est l’armnélioration de qualité dans le fourrage des prés humides; les besliaux l’ont consommé avec autant de plaisir qu’ils semblaient en avoir peu avant l'expérience.

L'effet général du sel sur les récoltes de toule espèce, est sans doute d'augmenter leur saveur, de les rendre plus agréables et

robablement plus nourrissantes pour les

tiaux : nous pensons qu'il en estde même des produits destinés aux hommes. Il est à

Page 1