‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 75 sur 357 · CHAPITRE IV. — DES ENGRAIS · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — DES ENGRAIS

Définition : — On désigne sous le nom d'engrais Les divers débris des animaux et des végétaux dont la décomposition peut fournir des produits liquides ou gazeux propres à la nutrition des plantes.

Ainsi, on doit se garder de confondre ces substances organiques ou résidus de l’organisation, susceptibles de se décomposer spontanément à l'air, Jusqu'à se réduire en terreau de plus en plus consomme et moins actif, soit avec les amendemens terreux où IDOrganiques qui ne se décomposent pas d’euxmêmes par une simple fermentation, dont la fonction principale est d'améliorer le fonds ou les qualités physiques du sol, en le rendant ou plus léger ou plus compact; soit avec les stimulans queforment différens sels, composés également non organisés, non décomposables spontanément, et dont les fonctions utiles paraissent être, en général, d’exciter les forces végétatives.

Ajoutons que certains sels insolubies ou solubles, compris dans les amendemens ou dans les st’mulans, et qui remplissent les fonctions que nous venons de rappeler, peuvent être décomposés sous l'influence de certains agens, comme les acides ou sels acides qui seuls nuiraient, et alors laisser dégager un gaz, de l’acide carbonique par exemple, comme cela arrive pour le carbonate de chaux; ils peuvent ainsi indirectement servir d’aliment ou d'engrais; mais cette fonclion, indirectement remplie, ne doit changer ni la distinction ci-dessus établie, ni la définition que nous donnons des engrais.

Les divers détritus organiques, ou débris

des végétaux et des animaux dans leur décomposition, élèvent la température, déterminent des courans électriques, laissent dégager ou dissoudre plusieurs composés nouveaux de leurs élémens, et surtout l’acide carbonique, dont les plantes assimilent le carbone et le carbonate d’ammoniaque qui parait assurer aux engrais azotés des débris animaux une incontestable supériorité sur les engrais végétaux, surtout dans la reproduction des graines et des autres parties azotées des plantes.

Si l’action intime de tous les produits solubles ou gazeux que fournissent les engrais n’a pas élé encore suffisamment étudiée, il est toutefois certain que la plupart de leurs effets, récemment bien précisés, se reprodutsent partout où les conditions favorables sont remplies.

Nous commencerons donc par l’exposé de ces conditions et des moyens de les réunir.

SECTION 1°. — Des circonstances favorables à l'action des engrais.

$ IT. — De l'humidité.

Au premier rang parmi les agens extérieurs qui favorisent l’action des engrais, se place l'humidité : en effet, sans une certaine proportion d’eau, la décomposition des engrais n’a pas lieu ou se trouve trop retardée, et d’un autre côté la végétation des plantes, trop ralentie par suite de la même cause, ne peut même profiter des émanations gazeuses, dont le défaut d'humidité rend en-

OA T: 4° corele contact moindre et l'absorption plus dificile.

Aiusi, durant les sécheresses, on a souvent remarqué, et notamment l’an dernier(1833), que les engrais n’avaient produit aucun effet sensible; mais que ceux dans lesquels un agent de désinfection avait suspendu la décomposition spontanée produisaient enfin des résultats très-avantageux sous l'influence d’une première pluie. Cette dernière circonstance s'est encore réalisée en 1833 : dans beaucoup de localités elle a produit une récolleinaitendue, etamplement dédommagé d'une fumure que l’on croyait désormais inerte. Nous verrons que l’on peut artificiellement obtenir celte humidité si favorable, à l’aide d’arrosages, d'engrais verts, de marcs de fruils ou de substances hygrométriques qui peuvent être considérées comme de puissans auxiliaires des engrais.

Un excès d'humidité dansle sol, empéchant l’accès de l’air et des gaz, asphyxiant en quelque sorte les racines, ou rendant leur tissu trop lâche, trop lymphatique, est très-nuisible à l’action des engrais comme au développement ou à la force des plantes; toutes les fois donc que l’eau est persistante à la superficie du sol ou à quelques centimètres de profondeur, on doit chercher à s’en débarrasser. L’un des moyens les plus économiques consiste à creuser des rigoles d’écoulement, les unes parallèles entre elles, les autres perpendiculaires aux premières, et d'autant plus rapprochées que la terre, moins poreuse, est moins facile à égoutter. On choisit les lignes des plus grandes pentes naturelles, afin d’avoir moins à creuser, et, lorsque la pente est assez rapide pour charrier les terres, on creuse transversalement quelques fossés plus profonds dans lesquels on reprend chaque année l’espèce de terre d’alluvion entraînée, puis on la répand à la superlicie du sol.

Si l’excès d’eau n’est pas susceptible d’être écoulé ainsi, parce que le terrain esl généralement horizontal et près d’une nappe d’eau, on laboure en sillons très-profonds à des dislances de 1 à 2 mètres, en sorte que le champ est divisé en ados, dont le sommet est suffisamment sec quand même le fond des sillons serait rempli d’eau, fg. 53 où ce champ

Fig. 53.

est vu en coupe, et fig. 54 où on l’a montré en perspective.

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