‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 82 sur 357 · L. Engrais produits par les herbes d’eau douce · texte numérisé non relu

L. Engrais produits par les herbes d’eau douce

Parmi les herbes qui croissent dans les eaux douces, il faut distinguer, eu égard à leur emploi comme engrais, celles qui, en se décomposant sous l’eau,ont donné naissance à de la tourbe, et celles qu’on arrache encore vertes pour les utiliser dans cet état à la fertilisation du sol.

La tourbe, dont il a déjà été parlé en traitant des terrains tourbeux, semblable en cela à toutes les substances organiques et inorganiques qui ont été long-temps soustraites au contact immédiat des gazatmosphériques, est d’abord complètement impropre à la végétation. À mesure qu'elle éprouve une seconde décomposition sous l'influence de l’oxigène de l'air, elle devient un bon engrais; mais cet effet est d’une lenteur excessive ; aussi préfère--on généralement la faire brüler pour en répandre les cendres (7. Chap.

Amendemens, p.74) que de l'utiliser directement. Dans maintes circonstances, cependant, il peut être désirable de s’en servir pour augmenter la masse des fumiérs. — On y parvient de différentes manières.

En Irlande, après l'avoir simplement desséchée et pulvérisée, on l’emploie plus tard

avecl’addition d’un peu de chaux, pour toutes les cultures économiques et plus spécialement pour celle des pommes-de-terre.

Comme cette substance, par suite de sa formation chimique, est infiniment peu soluble, afin de provoquer sa fermentation, lord MEA- DOWBANK a Judicieusement recommandé de la méler à d’autres substances moins fixes, telles que des engrais facilement putrescibles et déjà dans un état de décomposition, el cel avis a été généralement suivi de succès. — L'emploi de la chaux magnésienne, de la chaux ordinaire, des marnes calcaires et des cendres alcalines a produit des effets analogues toutes les fois qu’on a cherché par leur moyen, soit à rendre des tourbières cultivables, soit à transformer des masses de tourbe en engrais. — On peut donc arriver de deux manièresaux mêmesrésultats. —[L’agronome anglais que je viens de citer établit en fait qu'une seule partie de fumier chaud suffit pour amener 3 ou 4 parties de tourbe à un état suffisant de fermentation. — D'un autre côté, l’Allemand KaAsTELER s’est convaincu, à la suite d'expériences directes, que la chaux nouvellement éteinte et à l’état d’hydrate, c’est-à-dire réduite en poussière au moyen de l’eau, au sortir du fourneau, agit sur la tourbe demanière àtransformerpeu-a-peu les parties fibreuses et résineuses qu’elle contient en acide humique, lequel forme aussitôt un Aumate de chaux, engrais très-durable, qu’on pourrait ainsi préparer pour les besoins de la culture avec une grande facilité. — La praüique la plus fréquente, qui consiste à strati- Jier le fumier d’étable et la tourbe desséchée el pulvérisée, et à mêler un peu plus tard le tout, résume donc tous les avantages de l’une etde l’autre théories.

La plupart des cultivateurs anglais emploient souvent le terreau de tourbe comme top-dressing, c’est-à-dire en la semant au printemps sur les plantes déja développées.

Ils trouvent qu’en suivant cette méthode il y a autant à gagner pour l'effet produit, l’économie de main-d'œuvre et celle de l’engrais.

Il est bien peu de contrées où l’on ne recueille pas les plantes aquatiques des marais et des étangs pour suppléer aux fumiers ou en accroître la masse.— Tantôt on laisse ces plantes étendues sur le sol pendant quelques Jours, après les avoir arrachées , puis on les enterre simplement à la charrue; — tantôt on les réunit par tas pour qu’elles se décomposent, et on les transforme en composts, en les mélangeant en diverses proportions avec de la terre.

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