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tent, année commune, de 14 à 1500 francs.
En Angleterre, où l’usage des tourteaux de navette s’est étendu de plus en plus et où leur prix s’est élevé, au lieu d'en employer comme autrefois jusqu’à un demi 407 par acre (1,400 kilog. par hectare), on n’en met plus maintenant qu'un millier de kilograrnines et même moins sur une semblable surface, et il paraît que les résultats sont encore très-avantageux. — D'après TayLor, cette dernière quantité est suffisante pour féconder un champ de 3 acres (121 ares) semé en turneps, à la volée, et de 5 acres (un peu plus de 2 hectares) lorsque le semis a élé fait en rayons.
Dans le midi de la France on emploie les tourteaux de colza en proportions fort variables selon la fertilité des terres. Sur de très-bons fonds on a réussi avec une quantité qui ne dépassait pas de beaucoup la plus faible que je viens d'indiquer. Aïlleurs on Va portée de 6 à 700 kilogrammes; ailleurs encore, pour des sols de moindre qualité, jusqu'à 8 el 900 et même au-delà de 1000 kilogrammes. Enfin, dans le Bolonais, pour la culture exigeante du chanvre, on a été jusqu’à 16 et 1790 en employant de préférence, après le marc de colza, ceux de lin et de noix.
On n'utilise pas toujours les marcs oléagineux de la méme manière. Dans le Bolonais dont je viens de parler, presque dans toute l'Angleterre et une partie de nos départemens,après les avoir plus ou moins finement pulvérisés, on les répand à la main quelques Jours avant les semences et on les recouvre en même tempsquelles.Sur les autres points de l'Italie, aux environs de Lille, de Valenciennes, etc., etc., on en saupoudre au printemps les jeunes plantes déja développées, comme on le fait dans d’autres circonstances au moyen des fumiers et des siimulans les plus puissans.
Quelques expériences concluantes ont démontré que la macération des tourteaux dans l’eau produit un engrais liquide d’une grande énergie. Dans la Flandre on les mêle aussi aux urines des étabies ou à d’autres substances animales.
Le marc des olives qui offre la peau, le parenchyme et les novaux , quelque bien pressé qu'il soit, même dans les moulins de recense, contient encore de l'huile qu’on en retire en le faisant pourrir dans des citernes; la boue qu’il laisse au fond de ces citernes est un excellent engrais, dont Bosc assure cependant qu’on ne ire guère parti dans les cantons de la France où l’on cultive l'olivier. Je l'ai vu çà et la employé dans les pépirières, et au pied de chaque arbre dans jes oliveraies.
Il y a un petit nombre d'années, on a cherché à substituer l'usage de l’huile même à celui des gâteaux oléagineux. Je ne crois pas qu'une telle pratique puisse être recommandée; car,si les tourteaux produisent de si bons effels sur les terres, cela tient sans doute bien plus à ce qu'ils contiennent beaucoup de substance azolée albumineuse , qu'à ce qu'ils conservent une certaine quantité d'huile. D'ailleurs on ne peut pas douter que la question d’écono-
mie ne fasse proscrire entièrement l’emploi de l'huile comme engrais. A
D’après tout ce que j'ai lu et ce que j'ai vu, particulièrement dans le Nord, je regarde les tourteaux oléagineux comme un excellent engrais. Toutefois, la note suivante de notre collègue Vizmorin, dont la riche expérience a été déjà tant de fois utile à l’agriculture française, engagera le lecteur à ne pas les employer, dans tous les cas,sans quelques essais préalables.
Oscar LECLERC-THOUIN.
Quoique l'efficacité , comme engrais, des tourteaux de graines oléagineuses, soit tellement prouvée par une longueexpérience, en Flandre,en Belgique et en Angleterre, qu’on ne puisse la révoquer en doute, il est cependant certain que leur emploi, en poudre et à sec, présente quelquefois des exceptions fort étranges, jusqu’au point de produire des effets destructifs de la végétation. Voici ce que j'ai éprouvé à cet égard:
En septembre 1824, voulant faire, sur une terre très-calcaire et maigre, l’essai comparalif de divers engrais et amendemens pulvérulens, je fis diviser en cinq bandes égales une pièce d’un demi-hectare qui allait être semée en trèfle incarnat, et chacune d'elles reçut, immédiatement après la semence, l’engrais qui lui était destiné : 1° poudrette; 2° marc de colza ; 3° urate; 4° chrysolin(engrais que fabriquait alors mon ami le docteur RANQuE, d'Orléans); 5° cendres de tourbe.
La semence et les amendemens furent enterrés par le même hersage. Les bandes 1,3, 4 et5levèrent parfaitement; mais la deuxième, qui avait recu la poudre de colza, resta absolument nue; rien n’y parut, qu'une faible plante çà etlà; enfin c'était comme une allée entre deux pelouses bien vertes. Le tourteau avait été employé sur le pied de 1,000 kilogrammes à l’hectare, quantité indiquée par tous les ouvrages que j'avais consultés et que des cultivateurs flamands m'avaient également donnée comme convenable.
Une autre pièce de 75 ares, semée en vesces d'hiver et en pois gris d’hiver, et traitée de la même manière, présenta absolument les mêmes résultats; ces deux graines levèrent très-bien sur toute la pièce, excepté sur les deux bandes amendées avec la poudre de tourteau. Les pois et les vesces, examinés peu de temps après, avaient, en géneral, leur germe sorti; mais il était noirci, retrait, et les graines semblaient brülées comme si elles eussent passé par le feu.
La quantité avait été la même que dans l’essai précédent, et Je ne pense pas qu'il ait pu y avoir d'erreur: j'avais fait peser et ensacher devant moi les doses destinées pour chaque bande, chaque sac était étiqueté et la semaille avait été faite par uu homme intelligent, sachant lire, et accoutumé à des expériences minutieuses.
Dans les années subséquentes, j'ai plusieurs fois essayé le marc de colza, au printemps, sur des céréales fatiguées et dans des terrains siliço-argileux toul-à-fait différens du précédent; je l’ai vu, dans toutes ces épreuves, produire des effets plus où moins nuisibles : sur les portions de champ ainsi traitées, les plantes ont, en général, dépéri au
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DES DIFFÉRENS ENGRAIS. 91
lieu de se remettre; là où le hersage avait laissé une trainée ou quelques parcelles de colza à découvert, on trouvait celles-ci couverles de moisissure. Une dernière tentative que J'ai faite en 1833, à moitié dose, c’est-àdire à raison de 500 kil. seulement, avec du tourteau de graine de radis, sur un hectare d'avoine en herbe, a également produit de mauvais effets assez marqués. — Quoique je ne puisse me rendre compte de résultats si opposés à ceux que l’on ditavoir lieu partout ailleurs ,ilm’a paru cependantessentiel de les faire connaitre, pour appeler l'attention des observateurs et des praticiens sur les effets de la poudre de tourteaux employée à sec et sans mélange. Cela peut être d’autant plus utile, qu'aucun des ouvrages modernes que j’aiconsultés ne fait mention de rien de semblable.
C’est dans DunamEL seulement, qu'à force de chercher, j'ai trouvé une indication confirmative de mes observations et un moyen de prévenir des accidens tels que ceux que J'ai éprouvés (du moins pour l’emploi au moment de la semaille). Dans les Z/emens d’agriculture de cet auteur, t. 1, p. 193, il est dit que « le marc des graines oléagineuses doit être répandu 10 à 12 jours avant de semer le grain :» sans cela, ajoute M. Van Eslande, de qui Duhamel tenait ces notes , « lesgraines qui s’envelopperaient de cette poudre, avant qu’elle eût éprouvé l’action du soleil, ne germeraient point.» Depuis, j'ai su de M. M. A.
Puvis, de Bourg, savant aussi distingué que bon agronome, que dans le département de l'Ain, où les cultivateurs emploient habituellement les marcs de graines grasses pour l’amendement des chenevières, ils ont soin de répandre et herser cet engrais environ 15 jours avant de semer le chanvre.
Vizmorin.
$ II. — Des plantes aquatiques.