‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 86 sur 357 · III. — De l’engrais produit par le parcage · texte numérisé non relu

III. — De l’engrais produit par le parcage

Le fumier des bestiaux estemployé de deux manières : d’abord mêlé avec la litière de l’étable, puis par le moyen du parcage des animaux sur le sol, dans les pays et les saisons où cette pratique a lieu. Elle est principalement usitée pour les moutons, et quoique combattue par de fort habiles agronomes, notamment par M. le vicomte pe Morez Vinné, les fermiers d’un grand nombre de contrées y attachent une haute importance. Ce mode d'engrais. évitant des transports, convient d’abord aux champs éloignés ou d’un abord difficite. Ensuite, s’il est moins abondant que le fumier qu’on pourrait obtenir à l’étable d’un nombre égal de bêtes, il ménage les fourrages et litières, et fait profiter le terrain, non seulement de toutes les déjections solides et liquides, mais encore du suint de la toison dont les molécules terreuses s’imprègnent.

Dans la division des 4rimaux domestiques on fera connaitre les modes, les saisons et les diverses particularités du parcage des moutons : ici nous devons seulement noter ses effets comme engrais sur les terres et les récolles.

Avant de commencer à parquer une pièce de terre, on doit la /abourer deux fois, afin de la mettre en état de recevoir les urines et la fiente des animaux. — On proportionne l'étendue du parc, d’abord au nombre des bêtes, mais aussi en raison de leur taille, de leur nourriture plus ou moins aqueuse, de l’état plus ou moins amendé du sol.— Après le parcage, on donne un labour qui ne doit pas renverser la terre entièrement, mais la remuer seulement (Voy. Labours). — Le parcage a été employé avec avantage sur les prairies naturelles et artificielles; mais il faut qu’elles soient sèches, afin de ne pas exposer les bêtes à laine à la pourriture (cachexie aqueuse). — Bosc dit que c’est une assez bonne méthode que de faire parquer sur des champs de froment ensemencés et levés, mais dans les terres légères, auxquelles on ne saurait donner trop de compacité; les moutons mangent les feuilles du froment, et tassent Le terrain en l’imprégnant de leur fiente et de leur urine.

L’engrais du parcage est sensible pendant 2 années; et le froment qu’on met d’abord, puis la récolte qui lui succède, viennent mieux que s'ils avaient été engraissés par tout autre fumier. Dans les pays de grandes exploitations, comme on ne peut parquer qu'une petite portion des terres chaque année, afin que toutes puissent en profiter successivement, les cultivateurs se gardent bien de mettre le parc 2 fois de suite sur le même champ. — Des observations répétées élablissent, en moyenne, que 200 moutons ne peuvent fumer, par le parcage d’un été, plus de 10 arpens de terre de moyenne qualité.

Dans certaines contrées de l'Angleterre, d’après Home, les cultivateurs font des parcs permanens ou bergeries temporaires pour l'été, en élevant des murs de 3 pieds de haut; ces murs sont détruits à la fin de l’automne, et on les répand, ainsi que la terre du sol de ces parcs, sur les champs voisins. On pourrait adopter ce mode pour l'hiver, où le parcage à l'air libre aurait des inconvéniens pour la plupart des races de moutons.

Dans le même pays, on tient, en aulomne, sur les chaumes, les bœufs à l’engrais dans des parcs où on leur donne chaque jour l’excédant de leur nourriture, comme turneps, betteraves, pommes-de-terre, elc., qu'on réand sur le sol. Lorsqu'ils ont consommé

’herbe du parc, on les conduit dans un autre,

et on les remplace dans le premier, d’abord par des vaches, ensuiie par des brebis, et enfin par des cochons; de sorte que rien de mangeable n’est perdu et que le terrain est engraissé autant que possible. L'avantage de cette pratique économique est très-grand sur les sols légers, ei devrait déterminer à l’employer plus généralement en France.

Dans une partie de l’ Auvergne, on fait parquer pêle-méle les chevaux, les ânes, les bœufs, les cochons, les moutons, et on se trouve fort bien de cet usage qu’on pourrait imiter dans beaucoup d’autres localités, principalement celles où les champs sout clos.

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