‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 88 sur 357 · PRIX ET EFFETS COMPARÉS DES DIVERS ENGRAIS · texte numérisé non relu

PRIX ET EFFETS COMPARÉS DES DIVERS ENGRAIS

ble, l'évaporation des principes gazeux; et, arrivé au champ, le laboureur l’enfouira sans délai. C. B. DE M.

Joncs employés comme engrais. — Les joncs que l’on récolte dans les marais du département du Gard sont considérés à la fois comme une importante production agricole et un des principaux agens de la fertilisation des terres de cette localité. En effet, lorsque la saison est favorable, la coupe d’un hectare de joncs suffit à la famure de trois hectares de vignes; aussi le desséchement de ces marais, long-temps réclamé avec de vives et publiques instances, et même commencé, est-il mäintenant abandonné. Ce qui contribue je plus au développement de ces jones est, sans contredit, l'immersion des marais par les eaux du Rhône. Sans ceite addition d’eau douce, excès de sel arrêterait la végétation; les joncs acquerraient seulement uelques pouces de hauteur, tandis qu'ils s'élèvent de 6 à 8 pieds lorsqu'ils ont été baignés.

On coupe les Jones dans le mois de juillet, et on les met en bottes ; achetés dans cet état, ils sont transportés et étendus sur la terre; quelquefois on les fait préalabiement tremper dans l’eau douce. Les pieds de vigne, espacés de 5 pieds 3 po. entre eux, permettent l’accès des hommes chargés d’une aussi volumineuse fumure.

Cet engrais agit utilement, surtout en S'Opposant à la dessiccation des terres et fournissant même peu-à-peu son humidité au sol, ce qui fait comprendre l'avantage de son Immersion préalable dans l’eau; plusieurs agronomes ont donc blämé à tort cette praüuque. C’est encore ainsi que, dans les terrains sableux, et surtout pour la culture des racines tuberculeuses ou abondantes en sucs, les pommes-de-terre, les betteraves, j'ai obtenu des produits considérables par l’addition de marcs de pommes-de-terre, n’agissant presque qu'en raison de leur forme Spongieuse, et retenant fortement l’humidité. M: pe RAINNEVILLE est parvenu même à quadrupler une récolte de pommes-deterre en enterrant un engrais vert semé à dessein entre les lignes. D'ailleurs, les jones trépignés par les hommes et les moutons, après les récoltes, se rompent et se désagrégent de plus en plus, et fournissent par leur décomposition un léger engrais.

La fumure au moyen des joncs est trés-dispendieuse, surtout en raison des frais de transport et de main-d'œuvre pour être répandue ; elle revient, suivant les distances, de 200 et 400 fr. l’arpent de 30 ares, qui contient 1200 souches, ce qui porterait à plus de 600 ou de 1200 fr. la fumure d’un hectare.

SECTION 1V.— Prix et effets comparés des divers engrais.

$ IfT.— Fixation du prix de revient des divers engrais.

Établir une comparaison rigoureusement exacte entre les divers engrais, sous les rap-

L4 (1) Journal des propriétaires ruraux du midi de la France.

ports combinés de leur prix coûtant et de luurs effets, serait sans doute chose impossible; car les nombreux élémens de ce calcul sont tous très-variables.Ainsi,le prix coûtant des engrais varie avec ceux des transports, qui dépendent des distances, des relations commerciales, des saisons, de l’état des chemins, de la proportion d’eau qu’ils recèlent.

Les fumiers des écuries sont, dans Les srandes villes surtout, un produit très-secondaire. Ainsi, le lait des vaches et la force motrice des chevaux y laissent un bénéfice suffisant pour que leurs famiers y soient de peu d'importance; mais, en compensation, les terres en culture étant éloignées, les frais de transport sont plus considérables.

La question change dans les exploitations agricoles : là, le prix moins élevé du lait ou de ses produits, une plus grande proximité des terres arables, peut faire considérer les bestiaux comme un moyen d'obtenir des engrais qui multiplient les produits des diverses cultures ;et, considérant le fumiercomme l’objet important de la production des bestiaux , il convient de résumer sur lui la balance des dépenses et recettes.

La fixation de la valeur des fumiers est difficile. On peut dire toutefois que celui qui contient le moins de litière est le meilleur. On a donc un double intérêt à faire passer le plus possible de paille en nourriture.

Quant à l'estimation des quantités, elle devrait être faite au poids, qui varie bien moins que le volume. En effet, un hectolitre de fumier contenant beaucoup de paille ne pèse, même tassé, que 50 à 60 kilos; tandis que, quand la proportion de litière a été trèsfaible, le même volume peut représenter ün poids de 110 à 115 kilogrammes.

On obtiendrail wre approximation plus exacte encore en comptant seulement l’équivalent à l’état sec. Ainsi, après avoir reconnu que l’hectolitre pèse 100 kilos, on en ferait dessécher, en l’étalant au soleil ou sur un poêle, un kilogramme, et, s’il perdait 400 grammes ou 40 p. 0/0, on ne compterait l’hectolitre que pour 60 kilogrammes. Il conviendrait d’ailleurs ensuite de cuber les tas équarris ou les voitures, et de multiplier par 60 le nombre d’hectolitres, ou par 600 le nombre de mètres cubes.

Nous croyons devoir citer ici, comme exemple d’une comptabilité de ce genre (établie, à la vérité, sur le fumier humide), celle que vient de publier, dans le dernier numéro du Cultivateur, M. le comte D’ANGEVILLE, propriétaire à Lompnès, dans les montagnes du département de l’Ain.

Produit annuel d’une vache, sur une moyenne de 35 têtes à l’étable.

1° 915 lit. de lait 89 kil. fromage Gruyère. 85 44 donnant. 122 kil. idem, 2° qualité. . 6 60 2oValeurde la cuite... CRIER Rene, 1, À 3° Veau ( vendu à 8 jours parce qu’il consommerait trop de lait). . . . «40. e 5 2 4° Travail: 6,136 heures à 10 c. Pour 35 vaches — 613,60 : par tête. . ........ + 17 53

Produit d’une vache, moins le fumier. . . . 115 57

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