‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 90 sur 357 · PRIX ET EFFETS COMPARÈS DES DIVERS ENGRAIS · texte numérisé non relu

PRIX ET EFFETS COMPARÈS DES DIVERS ENGRAIS

M. Becza ajouteles observations suivantes:

« On voit que le noir animalisé produit, à quantités égales, plus de grain et moins de paille que la poudrette. Il paraitrait en résulter que le noir serait d’une plus longue durée que la poudretie; car les engrais moins durables produisent toujours un plus grand développement herbacé. »

Prenant la moyenne des produits, on trouve : 1 hect. de grain exige 40 lit. de noir et 48 lit. 5 de poudrette; 100 kil. de paille exigent 26 lit. de zoër et 24,75 de poudrette.

Si l’on porte le noir et la poudrette à 5 fr. l’hect., le froment à 16 fr. l’hect. et la paille à 2 fr. les 100 kil., on trouve : 1 hect. zorr à Sfr. produit? hect. 24 lit. de froment ou 35 fr. 84 c., plus 400 kil. de paille ou 8 f. ; total, 43 f. 84 c.: 1 hect. poudrette à 5 fr. donne ? hect. 6 lit. de froment ou 32f. 96 c., plus 402 kil. de paille ou 8 fr. 2 c.; total, 41 fr. Il reste donc en faveur du noir animalisé 2 fr. 84 c. par hectolitre (1).

On peut remarquer encore que, si l’on déduit la valeur de l’excédant de produit, 2 fr. 84 c., du prix coûtant du noir, 5 fr., il restera 2 fr. 16 c. pour prix de revient de cet engrais, tandis que, à produit égal, l’engrais en poudrette coûtant 5 fr. reviendrait à un prix plus que double. La durée du noir étant d’ailleurs plus longue, puisque sa décomposilion est moins rapide, il reste plus de cette fumure dans le sol pour la culture suivante.

Enfin, le fonds doit être plus amélioré par le résidu charbonneux en poudre fine et absorbante non décomposée.

$ II. — Détermination de la proportion d’engrais contenue dans divers mélanges

Il est souvent utile aux agronomes, pour fixer les prix d'achat ou de transport qu’ils y peuvent mettre, de connailre approximativement la proportion d'engrais que représentent divers mélanges de détritus végétaux et animaux, tels qu'ils se rencontrent dans les boues des villes, la vase des étangs, mares, fossés, etc.

La valeur relative de ces sortes de composts est proportionnée à la quantité de matière organique y contenue, et celle-ci peut être déterminee par la calcination ou l'incinération d’un échantillon bien desséché : la perte en poids indiquerait approximativement cette quantité, qui aurait d'autant plus d'effet utile qu'elle serait plus azotée. Le procédé pour déterminer l’azote ne serait pas à la portée de la plupart des agriculteurs ; mais on peut considérer généralement la perte en poids par l'incinération comme représentant une égale quantité du meilleur fumiersupposésec; on obtiendrait donc ainsi une approximation suffisante. Supposons, par exemple, qu'après avoir fait dessécher fortement la vase, on en prenne 100 grammes; qu'alors on fasse brûler ceux-ci dans une capsule en platine, en fer ou en fonte chauffes au rouge, et en remuant, à l’aide d’une tige métallique, jusqu’à ce qu’il ne

(1) M. BELLA termine en annonçant de nouvelles expériences pour l’année prochaine; car l'influence atmosphérique est si grande que l’on ne saurait trop multiplier les essais avant d’avancer des résul-

tats comme incontestables,

reste plus de particules charbonneuses: qu’on laisse refroidir, et que le poids du résidu se trouve être de 70 grammes, la perte de 30 grammes ou 30 p. 0/0 représentera la quantité de matière organique ou la proportion de fumier très-sec que pouvait représenter la vase. Si la matière essayée contenait une proportion notable de carbonate de chaux, il faudrait tenir compte de l'acide carbonique dégagé par la calcination ; on constaterait sa quantité en salurant par l'acide sulfurique étendu de 0,9 d’eau, et constatant la perte.

( Foy. les détails sur l'analyse des terres donnés page 57.)

Enfin, si une proportion importante de débris d'animaux se trouvait dans ces vases boueuses, comme nous avons vu que cela se rencontre quelquefois près des bords de la mer, on l’apprécierait en faisant calciner dans une cornue l'échantillon desséché, en recueillant les gaz dégagés dans de l’acide sulfurique étendu d’eau, tenant note, soit de l'acide saturé, soil du sulfate d’ammoniaque produit (1). Nous avons indiqué plus haut ce mode d’essai en parlant des débris d’animaux. La proportion de matière animale ainsi représentée augmenterait de beaucoup l'influence et la valeur comme engrais de la matière organique, puisqu'elle pourrait au moins être assimilée au sang soluble, dont 850 kil. produisent comme engrais un effet à peu près égal à celui de 54,000 kil. (ou 63 fois plus) de fumier d’étable.

$ IV.—Comparaison des prix et des effets des divers engrais, avec les doses nécessaires.

Les recherches faites jusqu’à ce jour nous permettent d'estimer approximativement les effets et prix comparés des divers engrais en usage. Sans doute, un plus grand nombre d'essais, et dans des circonstances de sols, saisons, cultures plus diverses, seraientutiles pour fixer ces données; mais encore seraient-elles sujeltes à des variations entre certaines limites pour les différentes localités ; telles que nous les présentons, elles serviront du moins de 1"° base à chaque agriculteur pour de nouvelles observations spécialement applicables à son exploitalion.

Les prix des transports devront aussi être rectifiés suivant les distances et l’état des voies de communication. Nous avons d'ailleurs supposé les engrais qu'on achète dans les villes transportés à 2 jieues, et ceux produits par les exploitations rurales rendus sur le champ; enfin, dans une 2° colonne, nous avons ajouté 50 c. pour frais de transport. On verra que les engrais riches seuls

AGRICULTURE : ENGRAIÏS.

ÉIVETE,

peuvent supporter jusqu’à 5 fr. de frais de transport, tandis que les fumiers et les divers composts supporteraient à peine quelques centimes.

Tableau des frais de fumure d’un hectare de terre (ou 3 arpens de Paris ), avec divers engrais.

50 cent.

PRIX de transport en plus.

Quantités, espèces et prix par mesure,

des divers engrais. COUTANT.

1,500 kil, 15 hectol. noëranimalise à 5f.| 35 | 82 50 2,000 éd, 20 id,.noirresidudes raffineries, a bscfr CRE MITonReslrrope 550 kil. chair musculaire en poudre, a 1ofr.le 1oodekil. .|110 »|112 75 1,790 kil. ou 25 hect.poudrette, à 5 fr...|125 1133 95 750 id. sang coagule sec, en poudre,a 21of.le 100.|150 »|153 75 850 id sang soluble sec,en poudre, aiofr. . . . .|170 »|174 25 2,500 id. Jiente de pigeons(rendue, en Flandre). . . . .|200 3200 »

2,000 id. os concasses, à 12 fr.

ler00 Fe ro sb o 120 AU cornes en rapures,à215 f.|280 52|285 Ga 33:79020 Ed: engrais flamand rendu àäif.aoc.lesia5 kil.|304 1304 »

99,000 éd. engrais vert,plus chaud, a 35 c. le roo- 305 a a à 4o c. tiré des villes. [216 51486 »

54,000 fumiers,{ à 58 c. dansles fermes|297 1565 » a84c. id. le 100.1 459 11729 , 6400 bours des villes, à bo ©. (a).. .1432 864

oo —————

Nous n’avons pas mentionné dans ce tableau divers autres engrais, tels que les marcs de colle, les cendres animalisées, les terreaux, plusieurs composts et détritus, soit parce que leur composition est trop variable, soit parce que leurs effets n’ont pas été constatés.

Rappelons,en terminant, que l’on ne devra jamais se baser sur le prix de revient seulement des engrais pour fixer son choix, mais qu'il faut encore prendre en considération leur influence spéciale sur le développement de la partie herbacée ou la production de la graine, le goût des fourrages ou des plantes comestibles, leur action plus ou moins régulière , l’effer secondaire comme amendement ou stimulant, enfin la main-d'œuvre pour les répandre, et les soins particuliers à ceux qui sont rapidement actifs pour éviter de les mettre en contact avec les graines, les jeunes liges ou les extrémités spongieuses des racines. A. PAYEN.

CHAPITRE V.— DES OPÉRATIONS AGRICOLES PROPRES À RENDRE LE SOL CULTIVABLE.

La France renferme encore, malheureusement, un bien grandnombre deterres Vagues et incultes, de Landes, de Bruyères, de Sa-

varts, qui ne sont dévoués à la stérilité que faute d’être fécondés par des bras laborieux. Non seulement dans certaines parties du ter

(1) On obtient ainsi environ 9 de sulfate d’ammoniaque pour cent des os calcinés, et 18 à 20 du sang sec, des chiffons de laine, de la chair musculaire, des cornes, etc. (2) Ce prix est composé presque en entier des frais de ramassage et de transport à une distance d’une

à deux jieues.

ritoire, de vastes étendues de terrain sont ainsi improductives, mais, même dans les départemens les plus riches, les plus peuplés, les mieux cultivés, on rencontre encore çà et là quelques portions de sol que des travaux bien entendus rendraient facilement à la culture. Tantôt ces terrains sont occupés par des pierres, des broussailles, des arbustes ; la marche des instrumens aratoires y est génée par des roches; le guéret n’y a pas encore été entamé par la charrue. Tantôt l'abondance ou la stagnation des eaux les constitue, perpétuellement où temporairement, en marais ou en terres marécageuses, ou bien l'invasion extraordinaire ou périodique de ces eaux y interdit les cultures réglées, et même menace le sol de l’envahissemeñt ou de la destruction. L'objet de ce chapitre est de mettre les propriétaires et les cultivateurs à même de convertir en terres arables les terrains plus où moins étendus, qui, par une cause quelconque, sont encore en friches et pourraient cesser d’y être.

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