‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 97 sur 357 · LI · texte numérisé non relu

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férée pour ouvrir des tranchées, arracher les arbres, et extraire les pierres d’une moyenne dimension.

On se sert encore de fortes houes, telles que l’écobue ( fig. 66 ), fort en usage pour les défriches de gazons, de bruyères ou de pense, et l’étrapa de Bretagne ( fig. 67), éga ement recherchée pour le même usage dans une partie de l’ouest de la France, etc.

Dans le département du Gers, on supplée à ces instrumens par un autre outil (/g. 68)

Fig. 68.

composé de deux fortes dents de fer de 2 cen- Uinètres ou 6 lignes d'épaisseur, et de 5 centimètres on 1 pouce de largeur, et d’une longueur de 20 ceniimètres ou 10 pouces; un manche en bois de 90 centimètres ou 3 pieds y est adapté ; il permet à l’ouvrier de travailler presque droil. Il peut enfoncer cet instrument dans le sol à une profondeur d'environ 20 centim. ou 10 po., et le travail se fait plus rapidement qu'avec le pic; aussi, dans les terrains qui ont besoin d'un défoncage moins profond, peut-il être employé de préférence.

Parfois, pour déraciner des arbrisseaux, on se sert d'un levier armé à l’une de ses extrémités d’un très-forl trident de fer dont les pointe sont ordinairement 20 po. de longueur (Ag. 72). Fig. 69.

« Comme elles doivent pouvoir supporter un grand effort, il faut que la partie de la fourche par laquelle elles tiennent à la douille, et cette douille elle-même, sotent aussi tressolides. C’est dans cette douille qu’on introduit la perche servant de levier, qui doit être épais, de bois dur, si cela est possible de frêne, et avoir 15 à 20 pieds de long. A l’extrémité postérieure de ce manche on attache une corde longue de 8 à 10 pieds, à laquelle est suspendue une traverse, au moyen de laquelle plusieurs hommes peuvent employer à la fois leur force sur le levier. Apres que les plus fortes racmes latérales ont été coupées, on chasse le trident sous la souche dans une position inclinée, puis on place au-dessous du manche ou levier, un bloc que l'on rapproche de la souche jusqu’à ce que l'extrémité postérieure de ce manche soit élevée de 10 ou 12 pieds; alors, par le moyen de la traverse attachée à la corde, les ouvriers abaissent la partie postérieure du manche jusqu’à ce que la souche cède à leurs efforts. A l’aide de cet instrument, tout simple qu'il soit, on peut souvent opérer des choses surprenantes, et lorsque ce moyen

est insuffisant, des machines plus compli- |

AGRICULTURE : OPÉRATIONS AGRICOLES

Fig. 66.

quées courraient grand risque de se rompre.» (TmaER, Principes raisonnés d’agriculture.)

Enfin, lorsque ce sont des arbres qui occupent le terrain, on est bien obligé ou d’entourer chacun d'eux de tranchées profondes et de couper leurs principales racines, à mesure qu'on les découvre, pour ensuite entrainer l’arbre entier au moyen d’une corde attachée le plus près possible de la sommité, ou de les abattre rez terre, abandonnant comme salaire toute la partie qui reste dans le sol, et même les menus branchages, aux ouvriers chargés de l'extraction des racines.

La présence de grosses pierres rend souvent la mise en culture des friches beaucoup plus difficile. Dans quelques cas, on trouve économique de les enfouir dans le champ même, à une profondeur assez grande pour ne gêner en rien la marche de la charrue.

En d’autres circonstances, si ce moyen n’est pas praticable, si l’on trouve à utiliser les pierres dans le voisinage pour l'entretien des chemins ou pour des constructions rurales, on peut recourir, selon la nature du rocher, soil au pic et au coin du mineur, soit à la poudre à canon, dont l'emploi, qui exige d’ailleurs des frais assez considérables, n’est pas malheureusement sans danger en des mains inexpérimentées. Enfin, sans encourir le même inconvénient, on réussit encore parfois assez bien en faisant chauffer fortement la pierre sur un seul point, au moyen d’un feu aussi ardent que possible; et, lorsque cette vive chaleur a produit une dilatation inusilée, en arrosant subitement le bloc avec de l’eau froide, et en le frappant en même temps de lourds marteaux ou de maillets métalliques à manches de bois durs et élastiques comme le houx.

Quant aux obstacles que peut présenter l'eau, en traiter ici serait faire double emploi avec l’article Desséchement auquel nous devons renvoyer le lecteur.

Vicomte DEBONNAIRE DE GIF.

SEcrion 11. — De l'écobuage.

D'aprés l’étymologie que M. DEsvaux donne du mot écobuage, ce mot dérive du latin scopula, petit balai, ou du celtique scod, bâton, morceau de bois, dont on a fait plus tard écot, écobues. Ecobuer ne s’appliquerait ainsi proprement qu’à l'extraction des fragmens de végétaux qui se trouvent à la surface et dans l'épaisseur des friches qu’on veut mettre en culture. Cependant, on réunit sous la même dénomination non seulement l’incinération de ces fragmens, tiges et racines, encore adhérens à une partie de la terre qui les portait, mais aussi le brûlis de la terre dépouillée de toute végétation. :

Cette pratique, dans le sens général que nous devons lui donner ici, comprend donc trois opérations distinctes dont nous nous occuperons séparément , et dont la figure 70 représente l’ensemble.

Le but de l’écobuage, but dont nous verrons plus loin qu’il approche évidemment, dans beaucoup de cas, sans cependant l’atteindre complétement ou rt est de débarrasser la couche labourable des plantes

DE L'ÉCOBUAGE.

Fig. 70.

qui en sont en possession; de détruire, autant que Hu leurs germes par l’action du feu; de diminuer directement, en détruisant leurs larves, ou indirectement, en les éloigoant par une odeur particulière, la multiplication ou les ravages des insectes nuisibles; de modifier favorablement la disposilion moléculaire et les propriétés physiques du sol; d’ajouter enfin à la puissance fécondante des engrais, de les suppléer même parfois presque entièrement en pratique.

L'usage de lécobuage est fort ancien. On peut juger, d'après les écrits de VIRGILE, que les bons effets qu'il produit étaient connus el justement appréciés des Romains du temps d’Auguste. Il s’est conservé en Italie, particulièrement sur les Apennins, d’où il se répandit de proche en proche, d’abord en France, vers le commencement du 17° siecle, et, une 50° d’anvées plus tard, en Angleterre. De nos jours il n’est pas une contrée d'Europe où il ne soit plus ou moins connu.

On écobue principalement les friches couverles d'arbrisseaux et d’arbustes ligneux ou sous-ligneux, tels que les genèts, les ajoncs, les bruyères; les terres depuis plus ou moins long-lemps cultivées en fourrages artificiels vivaces, comme Ja luzerne, le sainfoin; les vicilles prairies, les pâtures, les tourbières et les marais nouvellement desséchés.

Eu égard à ces diverses circonstances, les moyens d'opérer ne sont pas tout-à-fait les mêmes.

ART. 1%. — Du découpage du sol.

Si ce sont des végétaux de consistance lisneuse qui occupent le sol, quels que soient es moyens dont on aura fait choix pour les déraciner (voy. la sect. Défrichemens), si lon ne juge pas plus profitable de les utiliser come chauffage, on les laisse sécher en partie,et on les réunit ensuite en petits tas équi-

” distans sur toute la surface du champ, pour

les brûler en place, ainsi que je le dirai plus loin. ; >

Si l'on doit opérer sur des friches cn pdture ou sur de vieilles prairies, la première chose à faire est de détacher le gazon en plaques aussi régulières que possible. — Dans beaucoup de localités on emploie exclusivement pour cela une simple bêche acérée et terminée en pointe triangulaire (#3. 71).

En Angle- Fig 79. 00 Figs74:

terre, on fait

fréquemment usage d'un instrument à peu près semblale, auquel on donne le nom debreast spade , et,

assez 1mproprement,

celui de breast plough (fig. 72), dont lemancheest légèrement convexe. net dont un des côtés du fer est parfois releve en lame tranchante pour couper le gazon latéralement. Après avoir fait pénéirer cette bêche à la profondeur de 1 à 2 po. (0 m. 0,27 à 0 m. 0,54), l’ouvrier la dirige avec force devant lui, et soulève ainsi des espèces de lanières plus ou moins longues, qu'il retourne ensuite sens-dessus-dessous.

D'autres fois, comme un pareil travail est excessif pour un seul homme, on divise d’a:

bord régulièrement le terrain au moyen du tranche-gazon (fig.73), et on détache les plaques avec le éve-gazon (fig. 74), soit qu'un ouvrier seul le fasse mouvoir, soit que, au moyen d’un anneau fixé près de la base du manche et d’une corde qu’on y attache , un

second ouvrier puisse le tirer, ainsi que nous l'avons représenté (fig. 70 et 75), tandis que

AGRICULTURE : OPÉRATIONS AGRICOLES

couper le gazon sur le côté opposé an versoir; D, pièce servant à diriger la charrue ;

le premier le dirige à peu près à la manière | £, réunion par une charnière en fer des deux d’une charrue.

Fig. 75.

En Bretagne, sur les landes, on préfère l’étrapa(voy. fig. 67, page 116), très-commode pour couper entre deux terres les racines d’une certaine tenacité.

Ailleurs on choisit l’écobue (voy. fig. 66, page 116), avec laquelle il est facile de lever des plaques de 2 à 5 po. (0 m.054 à 0 m. 135) de long sur 6 à8 po. (0,162 à 0, 217) de large.

Loupon nous apprend que dans les contrées marécageuses de l’Ecosse, où l’écobuage se pratique sur une grande échelle, on a généralement recours à une charrue (fig. 76)

Fig. 76.

dont le coutre est remplacé par un disque métallique tranchant, tournant sur sonaxe, dont le soc large et plat est relevé en arête acérée, disposée de manière à diviser le gazon en lanières d’une largeur voulue à mesure qu’il est soulevé par le soc, el dont l’entrure est réglée, comme dans la charrue belge, par une roulette ou un sabot.

Dans le département du Tarn, M. pE ViL- LENEUVE a introduit une autre charrue, dont il a donné le dessin (#g. 77), et la description

Fig. 77.

suivante : « À, deux roues, dont l’une a été enlevée, afin de mieux laisser voir tous les détails de l’arrière-train; 2, soc en fer,ayant 1 pi. 2 po. de long sur 10 po. de large, terminé en pointe; €, fort couteau en fer, destiné à

parties de la charrue; elle donne non seulement la facilité de mieux diriger la charrue, mais en même temps celle de replier letrain de derrière sur le train de devant porté par les roues ; ce quirend le transport très-facile; F'est le versoir de la charrue ; il a 1 pi. 8 po. de long. »

Une autre machine au moyen de jaquelle on peut obtenir des résultats d’une régularité remarquable, est celle de REY DE PLA- NAzZu. Elle se compose (fig. 78), : 1° d’une partie 4 armée de 3 à 6 coutres équidistans,

Fig. 78.

droits ou même recourbés en arrière afin de présenter moins de résistance dans le sol, et assez finement acérés pour couper le gazon en bandes parallèles, ordinairement de 8 à 10 po. (0m. 217 à 0 m. 271), sans exiger trop d'efforts de la part du conducteur; — 2° d’une partie 2, espèce de soc plat, en forme de béche à deux ou trois compartimens,de largeur égale à l’écartement des coutres, destinée à pénétrer le sol à la profondeur voulue, et à détacher les bandes de gazon dont je viens de parler en plaques régulières, par un travail à angle droit du premier, comme on a cherché à l'indiquer (#g. 70); — 3° et enfin. d’un avant-train propre à recevoir indistinctement el tour-à-tour les deux parties À et 2.

Mais, malgré l’économie de temps et de main-d'œuvre que peuvent présenter les machines perfectionnées dont je viens de parler, elles ne sont guère connues que sur de grandes exploitations et dans les contrées où la pratique de l’écobuage est fréquente. La charrue à versoir ordinaire, nonobstant l’irrégularité de ses résultats , attendu qu’elle se trouve partout, est assez communément employée. Entre des mains exercées, si on remplaçait le coutre par un disque coupant et tournant, et si, comme cela se pratique en Angleterre, au dire de sir Jonn SINCLAIR, on adaptait seulement un soc à écobuer, elle deviendrait, à peu de frais, d’un usage infiniment plus commode.— Au reste, quoique l'emploi des instrumens mus à bras d'homme soit certainement plus dispendieux, il est cependant assez commun, non seulement

parce qu’il ne nécessite aucune forte dépense d'acquisition première, mais aussi parce que tous les terrains ne se prêtent pas également, par leur régularité, à l’écobuage aux charrues.

On ne donne pas toujours aux plaques de

zon la même épaisseur. Ordinairement on écroûte seulement le sol à la profondeur de un ou deux pouces (0 m. 0,27 à 0 m. 0,54 ).

Il est des circonstances où, pour augmenter la masse des cendres végétales et de la terre brülée, il ne peut y avoir que de l’avantage à pénétrer plus avant.

Lorsque les plaques ont été détachées d’une manière ou d’une autre, pour les faire sécher, on les laisse quelques jours sens-dessus-dessous, et on les retourne ensuite, afin d'exposer la face gazonnée au soleil. Enfin, s’il en est besoin. on les oppose deux-à-deux, par leur sommet, en forme de petites tentes, comme nous l'avons représenté figure 70.

ART. 11. — Du brûlis des terres contenant des Végétaux.

On n'emploie pas les produits de l’écobuage exclusivemeut en les soumettant à L'action du feu; on les utilise encore, quelques-uns du moins, comme engrais et comme amendemens, soit en les enterrant à la charrue sur le sol même dont on vient de les arracher, soit en les déposant au fond de chaque tranchée de défoncement, soit enfin de toute autre manière. Je n'ai à n’ocuper ici que des brülis.

Quelquefois on fait brüler à la surface du terrain tous les végétaux frutescens et suffrutescens qu'il a produits; plus communément on ne brüle que leurs racines, après les avoir réunies, comme je l’ai indiqué au commencement de l’article précédent, en petits morceaux, auxquels on met le feu avant leur entière dessiccation. De cette sorte, on enrichit le sol de stimulans favorables à un surcroît de fertilité, sans diminuer sensiblement la proportion des matières fermentescibles qui sont restées dans la couche de terre labourable, mais aussi en ne soumettant qu’une faible partie de celle-ci à l’action du feu.

On brüle assez souvent les chaumes, et parfois même, dit-on, dans le Lincoln, de la paille, qu'on répand à cet effet à la surface du sol dans la proportion d'environ 5 tons par acre, ou 1250 kilog. par hectare. Aux environs de Bayonne et ailleurs, dans le midi et l’ouest de la France, en Espagne, etc., la première de ces pratiques s’est continuée sans interruption.

Pour les résidus tourbeux et les plaques gazonnées qui retiennent fort peu É? terre, les ouvriers les amoncèlent à la distance de 10 à 12 pi. (3 à 4 mètres). Il est facile de les enflammer au moyen d’une petite quantité de cendres incandescentes prises sur les tas dont la combustion s'achève.

Il arrive fréquemment dans les marais, dit Joux SinxcLarr, au lieu d’amasser les gazons en tas, de Les bräler incomplétement en les laissant répandus à la surface dans l’état où

DE L'ÉCOBUAGE.

les a laissés la bêche à écobuer, el cette pratique est suivie d’excellens effets.

Maïs, lorsque les plaques contiennent une plus grande quantité de matières terreuses, tous ces procédés deviennent insuffisans.

Voilà celui qui a été recommandé le plus communément, d’après notre célèbre Duxa- MEL. — On construit avec les plaques,enles superposant à plat, la face gazonnée la première, de petils fours (Voy. f£g.70) d’un à deux pieds de diamètre dans œuvre, au bas desquels on a soin de ménager, sous le vent, une ouverture carrée de 8 à 10 pouc. (0" 217 à 0® 271), et qui se terminent à la partie supérieure par une autre ouverture destinée à activer, au premier moment, la combustion des broussailles diverses dont on a rempli complètement la cavité du four avant de l’achever.— Dès que le bois est allumé convenablement, on ferme, avec de nouvelles plaques, la porte et la cheminée; on bouche même les fentes par lesquelles la fumée pourrait s’échapper trop abondamment, précisément comme les charbonniers le font à leurs fourneaux. — Dans cet état, la combustion continue lentement jusqu’à ce que la masse entière ait subi ses effets.

Un tel moyen est incontestablement fort bon; toutefois, par sa régularité même, il entraine des frais de main-d'œuvre considérables. Il est un autre procédé plus simple, fort en usage dans la Catalogne française et espagnole, dans une grande partie de la Provence, et, d’après M.GasTon DE La BEAUME, dans toute la belle vallée du Grésivaudant.

Voici la description qu’en a donnée mon vénérable collègue M. DE LAsTEYRIE : « Comme les plaines de la Catalogne sont dépourvues de bois, les cultivateurs vont chercher sur les coteaux où montagnes voisines des broussailles, des racines de lavande, de romarin, etc., pour la combustion de leurs terres(1).Après avoir labouré une ou deux fois le champ qu'ils veulent brûler, ils placent sur toute la superficie, à des distances convenables, de petits fagots pour l’ordinaire de forme presque ronde et quelquefois plus alongée : un ouvrier forme les monceaux, que les Espagnols nomment formigus, par allusion à l’habitation des fourmis; on leur donne 1 mètre de base sur 3 ou 4 d’élévation, et on ramène avec un râteau la terre qu’on range autour des fagots jusqu’à ce qu’il s’en trouve une suffisante quantité pour la formation du monceau. On recouvre le fagot des mottes de terre les plus grosses, ayant soin de laisser au sommet une petite ouverture pour le passage de la fumée et de l'air. C’est par cette ouverture qu'on met le feu, après avoir recouvert le fagot de quelques poignées de chaume, de paille ou autres combustibles facilement inflammables... Ceux qui construisent les formigasse contentent de laisser, dans la partie supérieure, de petits interstices entre lés motles pour donner accès à l’air.

Après avoir entassé sur le fagot de petites mottes, on recouvre celles-ci avec la terre fine que l’on enlève au moyen d’une houe

(1) Cette méthode décrite ici pour la combustion des terres dépouillées de végétation dont nous nous dccuperons pie spécialement dans la section suivante, est cependant applicable et souvent appliquée aux brûlis des plaques engazonnées. C'est sous ce point de vue que je la reproduis jei.

ordinaire. Les monceaux ainsi disposés, on

met le feu et l’on a soin, durant la com-

ustion, de jeter de la terre dans les endroits où la fumée sort en trop grande abondance; on bouche pareillement le trou par lequel on a mis le feu. Lorsque le monceau s’affaisse par l'effet de la combustion, on y jette un peu de terre afin d’en exposer la plus grande quantité possible à l'effet de la chaleur et de la fumée. »

Dés que les résidus de l’écobuage sont suffsamment refroidis, on répand les cendres le plus également possible à la surface du champ, par un temps humide et calme, afin d'éviter les effets du vent,et sans attendreque des pluies fortes ou continues aient pu entrainer, au profit d’une partie du sol seulement, les substances solubles qu’elles contiennent. —Ilestavantageux dene différer celte opération que le moins possible, et, par la même raison, de la faire suivre promptlement d’un premier labour, auquel il importe toutefois de ne donner que peu de profondeur.

Le moment le plus convenable pour les brüles est donc celui qui précède immédiatement l'époque des semailles.

Presque toujours on établit les fourneaux ou lesinonceaux qui lesremplacent à des distances égales de manière à employer, sur la surface du terrain, £ous les produits qu'on lut a enlevés ; or, comme la nature et la quantité de ces produits sont essentiellement variables, il serait aussi difficile, en théorie qu'en pratique, d'indiquer des proportions fixes.

Quant aux frais de main-d'œuvre, ils varient aussi d’une manière impossible à préciser, selon la ténacité du sol, l'espèce des berbes qui le recouvrent, les instrumens qu'on emploie, et le prix des journées dans chaque localité. Le dégazonnement étant l’opération la plus longue et la plus pénible, entraîne une assez forte dépense que l’usage des charrues peut réduire considérablement.

ART. 111.— Du brülis de la terre dépouillée de végétalion.

Jusqu'à présent nous nenous sommes occupésque du brülis des végétaux eux-mêmes, ou de la terre qui contenait en plus ou moins grande quantité diverses parties végétales.

Avant de parler des effets de l’écobuage, il me reste à traiter du brélis de la terre seule, c'est-à-dire dépouillée de toute végétation.

Cette pralique, qui semble de nos jours acquérir une nouvelle importance, est déjà ancienne. Dans son Country Gentlemann's companion, imprimé à Londres en 1732, STE- PHEN SWITZER citele comte DE HaLiFAx comme l'inventeur de cet utile procédé, qui était dès lors fort répandu dans le Sussex. Il donne deux dessins de fourneaux employés, l'un en Angleterre, l’autre en Ecosse, pour brüler largile. Il affirme que des terres appauvries par la culture peuvent produire une excellente récolte de turneps, si, après avoir été labour“es plusieurs fois , elles sont amendées avec des cendres argileuses. Il rapporte enfin diverses lettres écrites en 1730 et 1731, qui établissent que, sur plusieurs points des Iles Britanniques, l'argile brûlée a produit

AGRICULTURE : OPERATIONS AGRICOLES

EIVUSE

des effets supérieurs à ceux de la chaux et du fumier. — Erzis, dans son Practical farmer, fit connaitre tout au long, la même année, la manière de conduire cette sorte de brûülis. En 1786, JAMES ARBUTHNOT, de Peterhead, tenta sur le même sujet plusieurs expériences heureuses qui furent répétées dans divers comtés. — En 1814, CraïG chercha à faire revivre la même pratique, qui paraissait avoir été abandonnée à cause des frais qu'elle entrainait, et peu de temps après lui, le général BEATSON, CURWEN, BURROWS, Carnrwreunr et plusieurs autres, attirèrent de plus-eu-plus sur elle attention des cultivateurs.

Là méthode la plus ordinaire de brüier l’argile en Angleterre, est, d’après Loupon, de former un carré long de 15 pieds sur 10, au moyen de plaques de gazon qu’on élève en pelites murailles de 3 + à 4 pieds. — A l'intérieur de cetie construction, on dirige diagonalement des conduits d’air qui aboutissent à des ouvertures ménagées à chaque angle, et qui sont formés de plaques gazonnées, posées sur champ, à des distances telles les unes desaulres,que d’autres plaques placées horizontalement puissent les recouvrir facilement. — Dans le quadruple intervalle qui se trouve entre ces conduits et les murs extérieurs, on allume d’abord un feu vif de bois et de gazons bien secs, puis on remplit en entier toute la cavité supérieure de ces derniers qui prennent feu très - promptement, et sur lesquels, dès qu'ils sont suffisanmment incandescens, on jette l'argile en petite quantité chaque fois, mais aussi souvent que le net een Le de la combustion. — Les conduits d’air ne sont vraiment utiles que pour commencer l'opération, car les plaques qui les forment sont bientôt réduites en cendres. — L'ouverture qui se trouve sous le vent est seule laissée ouverte ; il serait nécessaire de la clore et d’en déboucher une autre si celui-ci venait à changer de direction. — A mesure que l’intérieur de la construction se remplit d’argile, on élève les murs extérieurs de manière qu'ils dépassent constamment au moins de 10 pouces les plus hautes mottes, dans le but d’empêcher l’action du vent sur le feu. Lorsque la flamme se fait jour sur quelque point d’un de ces murs, comme cela arrive assez souvent, surtout lorsque la sommité du brûlis est surchargée d'argile, la brèche doit être immédiatement réparée, ce qui ne peut parfois se faire qu’en élevant un nouveau mur apposé parallèlement à celui qui menace ruine et qui, dans cette nouvelle position, se consume rapidement.

La première condition de succès pendant l'opération, c’est que chaque mur soit assez hermétiquement clos, et la partie supérieure du monceau recouverte constamment d’une quantité d'argile suffisante pour que l’air extérieur ne puisse, en pénétrant tout-à-coup dans la masse, arrêter l’incandescence. — De tels fourneaux exigent presque les mêmes soins que ceux dont on fait usage pour la fabrication du charbon.

Une seconde condition, c'est que cette même argile soit brûlée humide; sèche , elle se durcirait au feu en forme de brique, et ne pro-

duirait plus tous les effets qu'on en attend. — Jlumide, au contraire, elle donne après la combustion des mottes poreuses que le moindre choc réduit facilement en poussière.

En suivant /a méthode de CARTWRIGHT, au lieu d'établir de simples conduits d’air et de recouvrir à plat le combustible par l'argile, après avoir creusé une tranchée de 3 pieds de profondeur et de largeur, sur une longueur de 20 pieds, on la recouvre d’une voûte en briques, grossièrement maçonnée, et percée de trous nombreux pour laisser passer la flamme.On élève ensuite à 2 pieds de chacun des côtés de ladite voûte, sous laquelle sont entassés les combustibles, des murs de plaques de gazon semblables à ceux dont il a déjà été parlé, et l’on conduit du reste l’opération à peu près de la même manière que dans le cas précédent, c’est-à-dire qu'on recouvre les mottes d'argile de nouvelles mottes, à mesure que les premières commencent à prendre la couleur rouge obscure, indice de leur vive chaleur. — D’après ce procédé, CARTWRIGHT à calculé que son argile brûlée lui revenait à 1 fr. le tombereau de 20 pieds cubes, c’est-à-dire un peu moins qu’au général BEATSON, puisque ce dernier estime au même prix les 16 pieds cubes.

Mais il est des moyens plus économiques.

— M. DE SCHINDLER, en Autriche, sans autre construction préalable, fait disposer les mottes de terre en monceaux volumineux, et en quelque sorte à claire-voie ; à leur base on iénage des conduits destinés à recevoir une quantité suffisante de bois refendu de trois pieds. — Il obtient ainsi, pour le prix de 8 fr., jusqu’à 24 chariots.

Eufin, dañs d’autres lieux, on imite le procédé espagnol, à cette seule différence près qu'on creuse une étroite tranchée, sur la:

quelle on dépose les fagots de manière à en tormer une espèce de voûte propre à recevoir les amas oblongs qui remplacent les formigas; où bien encore, en élevant les monceaux de mottes, on les stratifie, pour ainsi dire, avec des branchages, des büches; ou mieux, dans les localités où l’on peut s’en procurer, avec des plaques de tourbe, dont les cendres ajoutent puissamment à l'énergie de l'amendement.

Le général BEATSON emploie l’arpile brälée une fois par rotation, c'est-à-dire tous les quatre ou cinq ans, à raison de 20 charretées de 16 boisseaux par acre ou 800 pi. cubes par hectare.— Lorsqu'il sème du froment sur du froment, ce qu’il croit pouvoir faire sans incouvénient d’après sa nouvelle méthode, parce que le terrain se maintient propre, il augmente d’un tiers la dose ordinaire, — CaRrTWRIGHT s’est bien trouvé d’en répandre environ un cinquième de plus. —On conçoit que ces proportions puissent varier encore en plus avec avantage, lorsque le surcroit de dépense n’est pas un obstacle.

L'application de cet amendement est, du reste, à peu près la même que celle de la chaux. — Lorsque, par suite de l'humidité atmosphérique ou d’une division mécanique, toujours facile quand l'opération a été bien faite, l’argile est réduite en cendre ou plutôt en poussière, on la répand, aussi également que possible, à la surface du sol, et on l’en-

DE L'ÉCOBUAGE.

terre par un léger labour avant ou en mème temps que la semence. D’autres fois on la transporte et on l’étend sur les vieux trèfles avant de les enfouir.

On peut brüler de la méme maniére toutes les terres fortes et les diverses marnes argilo-calcaires.— Les résultats ne paraissent pas être sensiblement différens, quoique, dans ce dernier cas, il puisse cependant se produire une quantité plus notable de chaux.

ART. IV. — Des effets de T écobuage.

$ 1°. — Effets chimiques et physiques.

L'écobuage exerce sur la végétation et sur le sol une double action. — T1 agit chimiquement et physiquement.

Chimiquement, surtout lorsqu'on lopère sur des végétaux dépouillés de terre ou sur des terres qui contiennent une quantité notable de racines ou d’autres parties végétales en produisant divers sels dont la ropriété stimulante a dû nous occuper ailleurs : — peut-être, dans certains cas, conformément aux théories allemandes, en modifiant les particules terreuses de manière à les rendre plus solubles dans l’acide humique ; — en favorisant diverses combinaisons nouvelles favorables à la nutrition des plantes; — enfin en pénétrant les terres soumises à son action de principes volatils, dont la présence se manifeste , pendant un temps fort long, au simple odorat, et dont j'ai lieu de croire que la puissance fécondante n’a Pas été appréciée à sa valeur.

Physiquement, surtout lorsqu'on l’opère sur des terres dépouillées de végétaux ou qui n’en contiennent que des quantités inappréciables, en diminuant la consistance du sol. Ainsi que l’a déjà dit notre collaborateur PAYEN, la plupart des propriétés physiques changent par suite de la combustion. L’argile pure, qui formait la terre la plus compacte, devient friable, perd sa tenacité au point qu'il n’est plus possible de la lui rendre en l’humectant, et qu’elle ne revient qu’insensiblement, peut-être jamais, à son état primitif;, — en détruisant, par suite de ce premier effet, la tendance des terres fortes à se sur-saturer d’eau, et en les rendant conséquemment plus accessibles à la chaleur s0olaire; —en augmentant leur porosité, ce qui les dispose à une absorption plus grande des gaz atmosphériques, tout en favorisant l’extension des chevelus. Si, en général, les terres recuites perdent, en partie, surtout lorsqu'elles ont été chauffées jusqu’à la calcinaüon, la propriété chimique de se combiner à de nouvelles quantités d'oxenol est certain qu’elles acquièrent, par l'effet d’un feu moins vif, une disposition plus grande à se pénétrer, par simple addition, de ce gaz et de tous ceux avec lesquels elles se trouvent en contact. — Telle est particulièrement la disposition des argiles.

$ IL. — Terres qu’il convient d’écobuer.

D’après de tellesconsidérations , je n’aurai que peu de choses à ajouter pour indiquer quelles sont les terres qu'il est avantageux

122 AGRICULTURE : OPÉRATIONS AGRICOLES

d’écobuer, et il me sera plus facile de faire voir que le raisonnement vient parfaitement à l'appui des faits.

Il est clair que les brülis détruisent en peu d’instans toutes les matières organiques qui se trouvent exposées à leur action, et qui, sans eux, auraient subi dans le sol une décomposition plus où moins lente. Quoiqu'il ne faille pas en induire, comme on le voit, que dans cette opération tout soit perte pour la végétation, il n’en est pas moins vrai que l’'écobuage souvent répété, sans le concours d’aucun engrais, épuiserait inévitablement le solmême le plus riche, et il n’est pas douteux que ceite circonstance n’ait contribué, dans bien des cas, à le faire regarder comme plus funeste que profitable. — On a confondu l’abus avec l'usage.

Dans les tourbières, où la matière organi-

ue surabonde, l’écobuage ne peut avoir que

es avantages. Il produit une poussière alcaline et terreuse qui s’interpose favorablement entre les débris des végétaux ; qui favorise, à la manière de la chaux, leur décomposition naturelle ; et qui sature, dans les circonstances assez nombreuses où ils se dégagent, divers acides essentiellement nuisibles à la végétation. Aussi, en pareil cas, cette opération est-elle un des plus puissans et des plus prompts moyens de mise en culture.

Dans les marais desséchés, les terrains tenaces, couverts de plantes à racines nombreuses ou charnues, comme la plupart de celles qui végètent de préférence dans les localités humides, l'utilité de l’écobuage est incontestable.

Sur les vieilles prairies, partout où les élémens du terreau sont nombreux et ont besoin d’être, pour ainsi dire, excités à la fermentation, il en est de même.

Cette utilité est aussi positive sur les terres glaiseuses, argilo-marneuses, el en général sur toutes celles qui pèchent par une trop grande tenacité.

Quant aux sols légers, sablonneux, naturellement chauds et peu riches en matières vésétales, on doit juger, d’après ce qui précède, que l’écobuage leur est peu profitable. — Comme amendement, il tend à diminuer encore leur consistance; — physiquement, 1l n’exerce aucune action sensible sur les sables, et chimiquement, il agit à peu près comme pourrait le faire un excitant prodigué à des convives affamés devant une table pauvrement servie. — Sur de tels terrains, l’écobuage ne doit donc être approuvé, en de rares circonstances, qu'avec le concours d’abondans engrais.

Du reste, les brülis, dans les cas les plus ordinaires, z’excluent nullement l'usage des fumiers. I\s augmentent puissamment leur énergie, sans pour cela les remplacer.

A la vérité, dans trop de localités, sur des landes pauvres, sur le penchant de collines arides, après un écobuage, et sans le secours d'engrais ou presque d’aucun engrais, on sème une ou deux fois de suite du seigle, de l’avoine ou du sarrazin, puis on laisse le terrain se couvrir de nouveau de bruyères, de genêts ou d’ajoncs, qui devront l'occuper pendant 6, 7 ans, et quelquefois plus long-

temps; mais une telle routine ne peut être citée comme exemple.

$ III.—Plantes auxquelles convient l’écobuage.

De même que l’écobuage ne réussit pas sur toutes les terres, il ze paraïl pas convenir

également à tous les végétaux.— Les crucifè-

res, comme les turneps et autres raves, les

navets, le colza, la navette, etc., s'en trouvent

particulièrement bien. L’odeur âcre et du-

rable du brülis paraît éloigner: les altises. — Lorsque le sol n’est que d’une fertilité

moyenne, les Anglais préfèrent les turneps à toute autre plante, parce que, soit qu’ils les fassent pâturer sur place par les moutons, au

moyen du parcage, soit qu'ils les portent à

l’étable ou à la bergerie pour les convertir en fumiers, qui devront être reportés sur le même terrain, ils obtiennent ainsi, l’année suivante, une orge ou une avoine toujours fort belle, sur laquelle le trèfle se développe avec une vigueur inusitée. Celui-ci, après un ou deux ans, est retourné avant la dernière coupe, et on brûle de nouveau pour faire place, sans addition d’engrais, à du froment. La plupart des plantes légumineuses réussissent aussi fort bien après l’écobuage. — Les pommes-de-terre et les blés sont dans le même cas. Toutefois, il est généralement de bonne pratique de n’amener, sur une défriche, les céréales panaires qu’en seconde ou troisième récolte. — Sans entrer ici dans des détails qui seront plus utilement placés à l’article 4ssolemens, J'ajouterai seulement, par anticipation, que les bons résultats et la durée des effets de l’opération qui nous occupe en ce.moment, sont étroitement liés au choix d’une bonne rotation de culture.

$ Iv. — Causes des effets de l’écobuage, et opinions diverses sur cette opéralion.

Les chaumes, que dans beaucoup de lieux on est dans l’usage de brûler sur place, bien qu’on puisse croire qu’il serait plas profitable de les utiliser comme litière, produisent cependant, par suite du brülis, un effet incontestable qu'il serait difficile d'attribuer exclusivement à l’incinération; car, selon l'observation très-judicieuse de M. Puvis, dans un produit moyen de 12 hectolitres par hectare, un chaume de 5 pouces de longueur ne pèse pas plus de 12 quintaux, qui, brûlés, ne donnent que 50 livres de cendres ou à peine 1 pied cube, et ces cendres contiennent au moins moitié de substance terreuse; or, on a vu qu'une telle quantité serait tout au plus le centième de celle qui conviendrait pour amender convenablement un espace de semblable étendue.— L'effet produit est donc dû en partie à l’action du feu sur le sol.

Les brûlis de racines et de branchages, ceux des argiles surtout, sont une nouvelle preuve de cette vérité. Dans le premier cas, les places où se trouvaient établis chaque tas, lors même qu’on a enlevé rigoureusement toutes les cendres, conservent encore une fertilité telle que les récoltes y versent fréquemment; dans le second, il est bien évident que la proportion de matière végétale est le plus souvent fort minime.

Si personne, en présence d’une pratique jouroalière, n’a pu nier les effets du brülis des terres engazonnées, il n’en a pas toujours été de même de celui des argiles dépouillées de végétation.—Tandis que le générai BEATson le recommande comme moyen infaillible de remplacer avantageusement le fumier, les amendemens calcaires et les stimulans de toutes sortes, qu’il cite à l'appui de ses assertions une pratique de 6 années, M. Ma- THIEU DE DOMBASLE, après des essais trop courts peut-être, a cru pouvoir se prononcer contre toute efficacité, au moins sur les terres de Roville, de l'emploi du même moyen.— Entre deux opinions aussi contradictoires, l’une et l’autre sans doute beaucoup trop absolues pour être généralisées, il paraît ressortir clairement des faits observés, principalement chez nos voisins les Anglais et les Allemands, que si le brûlis des terres n’a pas répondu toujours ou complètement à l’attente de l’expérimentateur, d’après les espérances exagérées qu’on lui faisait concevoir, il a du moins produit en certains lieux, et dans des circonstances que le commencement de cette section contribuera peut-être à faire reconnaitre, des effets assez satisfaisans pour fixer sérieusement l'attention de nos agriculteurs.

Sur des parcelles de même qualité et d’égale étendue, en employant comparativement l'argile brûlée en proportion moindre d’un cinquième que la suie, et des deux tiers que les cendres végétales, CARTWRIGAT a obtenu des résultats constamment plus avantageux sur des turneps, des pommesde-terre et des choux-raves.— Sans revenir sur les étranges résultats des essais prolongés du général BeaTsoN, à côté de bien d’autres faits récens trop nombreux et trop précis pour qu'il soit permis de les laisser passer inaperçus ou de les rejeter sans examen, Je pourrais citer encore la pratique de l'Irlande où, depuis près d’un siècle, l'argile brûlée est, dit-on, la base de la principale culture du pays, celle des pommes-de-terre ; les vieilles et durables coutumes du Sussex, de la Catalogne, etc., etc. — Essayons donc d’abord en petit, en cherchant un guide dans la théorie, sans pourtant nous en rapporter à elle, car «expérience passe science. »

Oscar LecLerc-THaouIN,

SecTion 11. — Des endiguages ou embanquemens, ou des moyens de prévenir les envahissemens des eaux pluviales et de La mer.

Après quelques observations générales, nous indiquerons successivement Îes principaux moyens employés avec succès pour préserver des envahissemens des eaux et soulenir lesbords des ruisseaux, particulièrement de ceux qu’on appelle rus, des torrens, des riviéres et fleuves, et les rives de La mer: ces terrains soni presque toujours d’une grande vaieur.

ART. 1%. — Observations générales sur les endiguages.

$ 1°". — Principes généraux.

Où sait que l’eau, comme tout autre corps

DES ENDIGUAGES ET DES EMBANQUEMENS.

qui vient frapper une surface, est réfléchie ou renvoyée sous un angle égal à celui d’incidence, et que la vitesse de l’eau, toutes choses égales d’ailleurs, est en proportion de la pente de la surface sur laquelle elle coule

Les endiguages doivent d’abord être considérés en ce qui regarde leur situation, leur direction, leur consiruction, les matériaux qu’on doit y employer.

La situation d’une digue doit être telle que sa base ne soit pas, sans nécessité, exposée à l’action immédiate du courant ou des vagues; et quand la quantité d’eau est limitée, plus on laisse de largeur au lit, moins la digue a besoin de hauteur et de force.

La direction de l’endiguage doit n'’offrir que le moins possible de résistance, soit au courant, soit à l’inondation ou à la marée.

Quant à la constructior ou à la forme de la digue, sa hauteur el sa force doivent toujours être en rapportavec la profondeur et la pression de l’eau qu’elle peut avoir à soutenir ; afin d’augmenter la puissance, il est bon que sa face postérieure ait la forme d’un arc-boutant ou contre-fort, quand on a une grande pression à redouter. C’est de la face antérieure que dépend surtout la force et la durée de la digue : elle doit être en talus trèsaplati, afin de mieux résister au poids et à l’action destructrice de ’eau. Une chaussée de 3 pieds de hauteur doit avoir 9 à 12 pieds à la base ; une moindre épaisseur suffit lorsque la terre est compacte ou graveleuse.

Les matériaux, tant pour le corps dela digue et sa surface postérieure, que pour l’antérieure, lorsque les eaux sont à peu près stagnantes et que le fond est solide, sont en général la terre même du lieu; mais, quand le courant de l’eau ou les vagues doivent venir frapper la digue, il est indispensable que ce point soit revêtu très-solidement. Quant à la base, elle doit être bien fortifiée, parce qu’il est difficile de la réparer : c’est pourquoi on agil sagement en gazonnant les digues qui sont en terre ordinaire, ce qui est suffisant pour résister aux eaux stagnantes ou aux inondations accidentelles; tout le talus de la digue sera ainsi garni d'herbes, lorsque cela sera possible. Mais, quand la fréquence ou la paiure du courant ne le permettra pas, un revêtementest HEepensablé ; on peut lefaire en pierres, en galets, en graviers, en pailles, fagots ou fascines qu'on retient au moyen de piquets ou d’agraftes en bois.

$ 11. — Procédés géneraux d’endiguage.

Les moyens de préserver du ravage des eaux les bords des rivières et des torrens, sont d’un grand intérêt pour les propriétaires de terres situées dans les contrées montagneuses et dans les piaines au-dessous, où les inondations causent souvent de grands dommages sur les rives, quelquefois même changent le lit naturel du courant. Non seulement ces ravages sont souvent très-considérables, mais encore ils donnent lieu à de fréquentes contestations entre les propriétaires voisins ; en sorte qu’un cours d’eau, qui doit être la limite la plus avantageuse d’une

ropriété, devient au contraire dans ce cas a plus mauvaise. Les propriétaires ont donc

un double intérêt, toutes les fois que les circonstances le permettent, à faire les travaux nécessaires pour fixer d’une manière invariable le lit et les limites des cours d'eaux.

Les opérations pour ce genre d’amélioration ont pour objet d'empêcher les cours d’eau d'attaquer leurs rives, d'accélérer la vitesse de l'écoulement des eaux, de diminuer l’espace de terrain qu’elles occupent, enfin de changer où de modifier leur lit. On obtient ces résultats par différens travaux d'art, tels que la construction de jetées, de môles, de défenses, d’épis, ou bien en changeant, redressant, on creusant le lit du cours d’eau.

La destruction des bords des rivicres est le plus ordinairement la suite des inondations, et provient souvent de ce qu'un arbre ou une grosse branche («a fi3. 79), entrainés par

Fig. 79.

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