LIV. V
sylvestres mortsou Fig. 168. Fig. 169, vivans, gisans où sur pied, surtout les vieux arbres.
Onse garantit de ses ravages et on le détruit par les mêmes moyens que le précédent
4° Scolyte piniperde ( scolytus piniperda, OL.
LAT.), dermeste piniperde de LanNé ( fig. 169), noir, légèrement velu, avec des stries crénelées sur les élytres; antennes et pattes rouges; long de 2? lignes. On le trouve sous l'écorce des bois résineux de 40 à70 ans, auxquels il cause souvent de très-grands dommages. Il perce aussi un trou dans les jeunes pousses des pins sauvages, et dépose ses œufs dans leur canal médullaire. La larve, qui éclôt bientôt après, ronge la moelle et occasione ainsi le desséchement et la chute des pousses. On emploie pour sa destruction les mêmes moyens que pour le typographe.
5° Scolyte destructeur (scolytus destructor, LarT.) (fig. 170), noir, brillant, ponctué, les antennes,les étuisetles attes marron.Il cause es plus grands dommages aux ormes, surtout à ceux quivégètent avec peu de vigueur.
6° Bostriche du méleze (bostrichus lancis, FA8.),noir, élytres crénelés, long de 2 lignes.
Il se tient sous Pécorce des mélèzes sur pied ou gisans.
7° Bostriche des sapins (dermestes micrographus, Lin.,bostrichus abietiperda, BEcHsT), noir, Corps tronqué à l’extrémité, élytres entiers, long de 1 1/4 ligne. On le rencontre surtout sous l’écorce des épicéas de tous les âges.
8° Scolyte testacé (scolytus testaceus, LAT.), dermeste testacé de LinNé, d’un jaune d’ocre ou brun; ailes entières, lisses et recouvrant tout le corps. On ne le trouve guère que sur les pins malades, et est assez rare en France. Il est de la grosseur du typographe , et on peut lui faire la guerre en même temps qu’à celui-ci.
La famille des xilophages de LATREILLE,
parmi laquelle sont les bostriches, les scolytes,
etc., contient encore un bien plus grand nombre d'insectes qui vivent sous l’écorce ou dans le bois des arbres ; mais leurs mœurs sont moins connues, et ils ne se multiplient pas avec autant de rapidité que le typographe. D'ailleurs on peut arrêter leurs ravages par les mêmes moyens qu’on emploie contre ce dernier ennemi.
9° La cantharide des boutiques (meloe vesicatoricus) (fig.171),longue de 6 à 10 lignes,d’un vert doré, luisant, avec les antennes noires. Cet insecte, bien connu par ses propriétés vésicantes, attaque surtout le frêne à fleurs (fraztnus ornus). En secouant, le matin, les jeunes arbres que les cantharides affectionnent le plus, elles tombent; on les ramasse et on les
ES
ni
GHAP. 7° jette dans du vinaigre pour les vendre ensuite aux pharmaciens.
10° Dans la famille des. chzrancons, on compte principalement parmi ceux qui attaquent les arbres de nos forêts : 1° le rkynchéne des pins (rhynchænus pineti, Fas.) (Fig. 172), qui est noir, long de 3 lignes, avec
Fig. 171.
Fig. 172.
les ailes striées et tachetées de blanc. Comme le scolyte piniperde, sa larve s’introduit dans Ja moelle des branches du pin sylvestre et du sapin, el fait périr les jeunes arbres. La plus simple manière pour s’en délivrer, c’est de l’enlever à la main ou de le recevoir dans des toiles placées au-dessous des arbres, et dans lesquelles il se laisse tomber quand on agite ceux-ci; 2° le rzynchéne de l’aune (rhynchænus alni, Fas.) (fig. 173), qui dévore
Fig. 173. Fig. 174.
les feuilles de l’aune et du bouleau; 3° le rhynchéne de l'osier (rhynchænus viminalis, Fa8.) (fg. 174), qui attaque celles du chêne et du saule.
11° La famille des cArysomeles renferme plusieurs insectes nuisibles aux forêts ; tels sont d’abord la ckrysomèle du peuplier (chrysomela populi) (fig. 175), longue de 5 à 6 li- Fig. 175. gnes, ovale -oblongue, bleue.à ailes fauves avec un point noir à l’angle interne; sa larve dévore souvent en société la feuille du peuplier, du sauleet desjeunes trembles; la cArysoméele violette (chrysomela violacea,PANwz.)aitaque aussi les saules ; le gribouri soyeux ( cryptocephalus sericeus, FA8B.) (fig. 176), qu’on rencontre sur les mêmes arbres; le gribourt du coudrier (C. coryli, FaB.)( fig. 177), qui attaque les jeunes bourgeons du noisetier; la g{eruque de l’orme (chrysomela calmariensis, Lin.) (fig. 178), longue de 3 lignes, jaunâtre ou verdâtre en-dessous, 3 taches noires sur le corselet, et une raie de la même couleur sur chaque étui ; dans les années oùelle est abondante, sa larve mange le parenchyme des feuilles de l’orme, et occasione leur desséchement. Presque tous ces insectes, qui peuvent être recherchés à
AGRICULTURE
ANIMAUX NUISIBLES AUX FORETS
Fig. 177.
Fig. 176.
la main et enlevés, ont l'habitude de se laisser tomber quand on les approche ou lorsqu'on les touche, et de faire le mort pour se soustraire aux recherches.
12° Beaucoup d’autres insectes coléoptères dont les larves vivent dans le bois, telles que celles de plusieurs espèces de Zeptures, de capricornes, de priones, font périrun grand nombre d’arbres ; mais, malgré leur grosseur, les dégâts que causent ces larves ne sont jamais aussi considérables que ceux faits par les insectes précédens. D'’ailieurs les oiseaux les recherchent avec avidité et en tuent un très-grand nombre. M. WATCHER a aussi signalé le bupreste vert (buprestis viridis, FA8.) comme faisant éprouver beaucoup de dommages aux plantations de hêtre.
B. Orthoptéres.
13° Parmi cet ordre d'insectes, nous ne connaissons guère que la courtiliére commune ( gryllus grillotalpa ), qui exerce des ravages dans les pépinières en coupant les racines des plantes pour y pratiquer ses galeries. On se défait des courtilières en pratiquant de petites fosses qu’on remplit de fumier où elles se rassemblent en quantité, et qu’on éparpille ensuite promptement à la fourche pour tuer celles qu’on y rencontre.