‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 172 sur 595 · ES · texte numérisé non relu

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chap, 9.

servoirs, nous amènent à des considérations auxquelles nous croyons devoir attacher de l'importance.

Le poisson gras a autant de supériorté sur le poisson maigre, que la volaille grasse sur la volaille maigre ; en Bresse, l’engrais des volailles est une des sources notables de prospérité; rien n’empècherait que dans les pays d'élève de poisson on n'arrivât à un résultat analogue.

L'engrais de la volaille demande beaucoup de main d'œuvre et une grande consommation de denrées ; celui .du poisson en exigerait peu, parce qu’il se ferait en partie avec des rebuts, des débris laissés par les hommes et les animaux, des litières d’écurie , des grains cuits, des racines crues ou cuites. On jette au poisson placé dans des viviers celle nourriture, que l’on renouvelle selon les besoins.

.Ces réservoirs, vidés tous les deux ou trois ans, produisent en outre pour le domaine une assez grande masse d'engrais de très bonne qualité, qui se compose de tout ce que les poissons n’ont pas consommé dans les fumiers et débris qui leur ont été donnés pour nourriture. La fécondité naturelle de ces engrais s’accroit beaucoup par le séjour dans le vivier. Les déjections des poissons produisent une grande activité de végétation, puisque dans certains sols elles suffisent à la production de trois ou quatre récoltes successives et abondantes sans autre engrais.

L'engraissement du poisson est, il est vrai, bien nouveau pour nous, mais ailleurs il est connu et pratiqué avec succès ; il serait sans doute difficile qu'une première impulsion parvint à le faire naître dans notre pays ; les améliorations ne marchent pas si vite, surtout celles qui ont Jour objet une industrie agricole, Mais si nos recherches ne parviennent pas à l'y créer immédiatement, tout au moins pourrons-nous réussir à éveiller l'attention sur lui, à prouver qu'il est possible et offre même peu de difficultés ; les renseignements que nous consignons ici seront, en quelque sorte, une semence jetée pour faire éclore dans l'avenir l'industrie que nous proposons, et pourront plus tard faciliter son développement.

Cet art, à peine connu aujourd’hui, existait déjà chez les anciens, dont les viviers nombreux étaient spécialement destinés à l'engrais des poissons. Tous leurs auteurs agronomiques, Caton, Varron, Columelle, Pline, Palladius, en parlent. Les détails qu’ils donnent ne sont pas, ileest vrai, assez étendus pour en tirer d'importantes lumiéres; mais ils sont la preuve que cet art, pratiqué dans des pays étendus, pouvait s’y exercer facilement , d’où nous devons tirer la conséquence que nous pourrions en recueillir des résultats analogues.

Au temps présent, cet art est sans doute assez peu avancé en Europe ; cependant partout on conserve et on entretient le poisson pour la consommation ; il nous semble évident que de là à l'engraissement artificiel il n’y aurait qu’un pas de plus à faire. Et puis si, comme on le lit dans les écrits agronomiques, on fait des carpeaux en Angleterre, il en résulte que, maigris par l'opération, ces poissons doivent être, par un régime approprié, remis en état et engraissés.

Nous avions beaucoup oui parler des carpeaux du Rhin; c'est un des mets particulièrement appréciés par les gastronomes parisiens. Sans prévention, il nous a semblé que la chair de la carpe du Rhin était sans comparaison très supérieure à celle des autres rivières, même à celle très vantée du Rhône. Nous avions pu croire aussi que les poissonniers de Strasbourg engraissaient et faisaient peut-être leurs carpeaux par la castration ; nous avons voulu voir ce qu'il en était sur les lieux, à Strasbourg même. Nous y avons trouvé cette industrie presque concentrée dans les mains d’un négociant très riche, dans la famille duquel elle se perpétue depuis longtemps; il a eu la complaisance de nous faire voir ses réservoirs et ses plus beaux poissons. Il en à de toute grosseur, depuis 1 kilogramme jusqu'à 15 et mème au-delà. 11 les achète des pècheurs, les renferme dans de grands réservoirs en chène, placés dans l'Inn, et qui sont criblés de trous. On les y entretient pour la vente plutôt qu'on ne les engraisse en leur jetant tous les jours du pain de muuition découpé en petits dés. Un seul coup de filet à amené 2 à 3 quin-

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