‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 21 sur 595 · CHARRIER · texte numérisé non relu

CHARRIER

Une pépinière est un lieu destiné aux se- Secriow 1°. — Choër et préparation des mis, et par extension aux divers modes de terrains. multiplication, sur une certaine échelle, de | 1°". — Nature, fertilité, profondeur, exposition et tous les végétaux ligneux dont la culture pré- situation du sol. sente de l’avantage sous le rapport de lutilité ou de l’agrément. Nature du sol. — Le terrain qui convient le

Le but de cet article est d'indiquer la ma- | mieux à l'établissement d'une pépiniere, est nière de former et d'entretenir un tel éta- | celui que nous avons déjà désigné sous le blissement pour en obtenir les divers arbres | nom de terre franche, ou sous celui de utiles aux besoins de la grande culture. terresablo-argileuse. Trop compact, il serait

AGRICULTURE, IV. — 3

2 AGRICULTURE FORERTIÈRE : PÉPINIÈRES.

peu favorable à la végétation de la plupart des arbres ; il rendrait les travaux de culture matérieilement difficiles, exigerait des labours et des binages trop fréquens, et, chose egalement facheuse, en relenant outre mesure l'humidité et en se pénétrant difficilement de la chaleur, il retarderait les progrès de la végétation. — Trop léger, il aurait l’inconvénient non moins grave de nécessiter, dans plusieurs circonstances, des arrosemens trop abondans et trop multipliés.

FERTILITÉ DU SOL.—Aux yeux du pépiniériste, La richesse du sol n’est jamais trop grande. Plus les arbres végètent avec vigueur, mieux et plus tôt il en trouve le débit: or, c’est en renouvelant le plus possible les productions de chaque parcelle de ses cuitures qu’il cherche à en augmenter le revenu.— Les propriétaires ont le plus souvent des intérêts différens. A moins qu'ils ne puissent planteren des fonds excellens, ils trouvent, comme la théorie l'indique et comme la pratique le démontre tous les jours, du désavantage à acheter des arbres sortis d’un terrain trop fécond ; en effet, ces mêmes arbres, qui ont pris, pendant leurs premières années, un développement proportionné à la nourriture abondante qui leur était fournie, lorsqu'ils changent de position, surtout après une transplantation qui diminue nécessairement le nombre et l’action vitale de leurs racines, ne trouvent plus les alimens suffisans pour fournir, je ne dirai pas seulement à leur luxueux accroissement, mais au seul maintien de l’existence dans toutes leurs parties. — Il est donc désirable que le sol d’une pépinière soit d’une fertilité moyenne. — Mieux vaudrait certainement qu’il fût trop fertile que trop pauvre. Ve |

PROFONDEUR DU 80L.—Il est indispensable, pour la culture des grands végétaux ligneux, que la couche de terre végétale ait une certaine profondeur. En général, plus cette profondeur est considérable, mieux ils réussissent. Cependant, 5 à 7 décimètres (de 18 po.

à moins de 2 pi.) peuvent rigoureusement suffire.

ExPOSITION ET SITUATION. — Quoique l’exposition et la situation dussent a vrai dire varier en raison de l'espèce et de l'état particulier de chaque culture, on doit préférer, en général, celles qui sont naturellement abritées contre les vents violens qui pourraient briser ou déraciner les arbres, les vents froids qui arrêteraient la marche de la végétation, et les vents desséchans qui pourraient l’entraver d’une manière fàcheuse au moment de son développement; — celles qui ont le moins à redouter, dans le midi, la sécheresse produite par une excessive évaporation, et, dans le nord, l'humidité froide qu’on ne peut éviter dans les localités trop couvertes ; — celles enfin qui procurent les eaux les plus abondantes et de meilleure qualité dans le premier cas, et qui se prêtent le mieux à l’absorption et à l'écoulement des eaux surabondantes dans le second.

Quelles que soient les terres qu'on veut transformer en pépinières, la première chose à faire est de les défoncer convenablement au moyen de la pioche ou du pic et de la béche. Ce que j'ai déjà dit de la profondeur

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