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du sol doit servir de guide dans cette opération. — S'il est de bonne nature, on se rappellera que les labours les plus profonds sont les meilleurs, et qu'une faible aussmentation de dépense produira plus tard une notable augmentation dans les produits. — Si le soussol est de mauvaise qualité, il faudra, au contraire, éviter de l’entamer, ou, tout au moins, de le ramener en trop grande épaisseur à la surface, à moins de nécessité absolue.— Enfin, comme les meilleures terres, pour devenir productives, ont besoin d’être plus ou moins long-temps exposées au contact immédiat de l’air, et à l’action directe des divers météores atmosphériques, le défoncement devra être fait généralement le plus long-temps possible avant l’époque des semis ou des plantations.
Quoi qu’il en soit, le terrain ayant été ainsi remué, ameubli, débarrassé des pierres et des racines qui pourraient nuire à sa fertilité, ou gêner plus tard les travaux de labours, de plantations ou d’arrachages, il ne reste plus qu’à le diviser de manière à facililer chaque sorte de culture et à éviter pour les ouvriers toute perte de temps.
Le professeur THouin, dont le beau nom doit trouver si souvent place dans un ouvrage de pratique, proposait pour cela d’établir dans les pépinières six carrés principaux destinés : le premier aux semis, — le second aux repiquages, — le troisième aux transplantations, — le quatrième aux sauvageons et autres porte-greffes, — le cinquième aux marcotles , — et le sixième aux boutures.
Lorsque la qualité variée du sol ne conduit pas à adopter une division moins régulière, mais plus en harmonie avec les habitudes des différens végétaux, chacun de ces carrés peut encore être subdivisé en deux, trois où quatre parties d’étendue calculée d’après les besoins de l’agriculture et de l’horticulture du pays, consacrées alternativement à la propagation particulière des arbres forestiers à pere caduques, des arbres verts, des arbres fruitiers, et des arbres et arbrisseaux d'ornement.
Nous n’aurons pas à nous occuper ici de ces derniers, et je ne devrai parler des autres qu’autant qu’ils font ou devraient faire partie de la culture des champs.
SECTION 11. — Des semis.
$ 1°T.— Avantages et inconvéniens.
Les semis ont sur les marcottes et les boutures l’avantage à peu près incontesté de produire des individus d’une plus belle croissance et d’une plus grande longévité ; — ils servent à propager la plupart des espèces de nos arbres forestiers. — Les graines récoltées sur des variétés donnent naissance à de nouvelles variétés parfois préférables à celles dont elles proviennent. Une fois qu’elles se sont écartées des types, elles tendent à varier continuellement de nouveau.— C’est ainsi que nous avons obtenu et que nous obtenons encore divers fruits améliorés inconnus de nos ancêtres.
Les espèces présentent à la vérité moinssou-
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vent, mais elles présentent cependant de loin en loin la même singularité. Chacun sait que dans une pépinière forestière les semences d’un même arbre produisent souvent un cerlain nombre de plants assez différens des autres pour constituer de véritables variétés, et que, parmi ces variétés auxquelles on ne fait pas toujours assez attention, il en est qui se recommandent par des qualités articulières , telles que la précocité ou e retard de leur végétation, le développement plus rapide où plus considérable de leurs diverses parties, la qualité même de leur bois, leur existence plus robuste , etc. Les semis ne servent qu'à multiplier les espèces et les races, ou, comme nous venons de le voir, à créer des variétés. Celles qui existent déjà, moins nombreuses du reste et moins importantes parmi les arbres forestiers que parmi les arbres fruitiers, ne peuvent se transmettre qu'au moyen des marcoites, des boutures et des greffes. — Il est même de véritables espèces qu’on peut fort bien multiplier de graines et qu’on aime mieux cependant propager de marcottes, comme le tilleul, le platane, etc., ou de boutures, comme le saule, le peuplier, etc., parce que la grande facilité de ce mode de multiplication fait oublier les inconvéniens qu'il peut presenter, et parce que la rapidité plus grande des résultats l'emporte sur la meilleure qualité des produits.
$ II.— Disposition du terrain,
Le terrain destiné aux semis de la plupart des arbres forestiers est ordinairement divisé en planches de 1 mètre 1/2 à 2 mètres de large, séparées par des sentiers de 2/3 de mètre. — Dans les localités humides, il est bon d'élever ces planches et de les bomber légèrement au-dessus du sol des allées ; — dans les lieux naturellement secs, de les abaisser au contraire un peu au-dessous.
Ces précautions prises , et le sol ayant été convenablement ameubli par les précédens labours, on unit la surface au moyen du ràteau.
$ IL. — Époque des semis.
Diverses graines perdent trèés-promptement leurs propriétés germinatives lorsqu'elles ne sont pas défendues du contact immédiat de l'air et de la lumière peu de lemps après l’époque de la maturité. De ce nombre sont celles de l’orme, du bouleau, du charme, du hêtre, du châtaignier, du chêne , du frêne, de l’érable. — Il est donc nécessaire de les semer ou de les stratifier le plus tôt possible.
Quand on peut semer les graines dès qu'elles sont bien müres, on évite les embarras de la stralification; mais les semis présentent d’un autre côté, dans ce cas, l’inconvénient assez grave, pour certaines semences, de les laisser exposées, long-temps avant la germination , à l'influence fàcheuse de l'humidité froide et excessive de l'hiver, et surtout, lorsqu'elles offrent un certain volume, à la voracité d’une foule d'animaux.
La stratification d’ailleurs, pour les espèces et dans les cas où la suppression du pivot ést nécessaire, permet, comme je le dirai