‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 270 sur 595 · TOME IV · texte numérisé non relu

TOME IV

mens, et des avances de capitaux parfois si importantes qu’on a, la plupart du temps, de la peine à se déterminer, même avec uf esprit éclairé et progressif, à les adopter ; ou bien que, faute de moyens, on est obligé de persévérer dans des méthodes ordinaires qui donnent moins de bénéfices et vous placent dans un état d’infériorité vis-à-vis les autres producteurs qui ont cédé à l'impulsion.

L'état d’imperfection des voies de communication, les charges fiscales, la pénurie des capitaux, le taux élevé de ceux qu’on veut emprunter, sont encore pour les agriculteurs les plus instruits et les plus actifs eux-mêmes, autant d'obstacles qui entravent leur industrie, accroissent leurs frais de production et restreignent encore leurs bénéfices.

La plupart des produits bruts de la riculture sont volumineux , lourds, encombrans, et nepeuvent, généralement parlant, par rapport à leur valeur vénale, supporter de gros frais de transport et être avec avantage envoyés au loin; ce qui restreint le marché où on pourrait espérer de les placer, empêche de les vendre sur celui où on en retirerait un plus gros bénéfice, et diminue le nombre des consommateurs auxquels on pourrait les offrir.

La division du travail, qui accroît la puissance du producteur, diminue les frais de production et à laquelle l’industrie manufacturière et les arts doivent tant de merveilles, me trouve guère d'applications que dans les grandes fermes et les exploitations étendues. Dans toutes les autres, c’est-à-dire dans la majeure partie de la France, l'exiguité des héritages ne permet pas que chaque travailleur soit constamment occupé d’un même genre d'ouvrage et empêche de profiter des avantages de cette division. Ajoutez à cela que

l’agriculture se compose d'pne variélé infinie !

de travaux annuels, qui presque tous doivent être exécutés dans une saison opportune, qu’il faut un très petit nombre de travailleurs pour exploiter même un domaine d’une certaine étendue, enfin que des avances plus considérables de capitaux sont indispensables pour établir une division profitable du travail dans une opération quelconque, et on concevra que, dans les circonstances actuelles , lagriculture, en France, ne peut pas compter sur ce moyen puissant pour diminuer ses frais de production et accroitre ses bénéfices.

Dans les conditions les plus ordinaires , un entrepreneur, quelque instruit, actif ou industrieux qu'il soit, ne peut guère diriger avec succès qu'une exploitation d’une grandeur médiocre; les difficultés croissantes que présente l’entreprise à mesure qu’elle augmente d’étendue, la rareté des capitaux , la répugnance de ceux qui les possèdent à les confier à l'industrie agricole, le taux ruineux et beaucoup trop élevé de l’intérétqu’on exige pour les prêter aux agriculteurs, tendent donc aussi à restreindre l’industrie de ceux-ci et à les forcer de se contenter des bénéfices qu’on peut recueillir sur un domaine resserre; et tandis que lemanufacturier et lecommerçant, soutenus par un crédit presque illimité, ne connaissent souvent d’autres bornes à leurs

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