‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 277 sur 595 · LIV. VII · texte numérisé non relu

LIV. VII

actions, de chacun de ces établissemens est en moyenne de 12 millions. Elles émettent des valeurs de circulation, reçoivent des dépôts d'argent comme nos caisses d’épargnes, et en paient l'intérêt à compter du jour du dépôt; mais elles offrent surtout l'avantage d'ouvrir avec facilité des crédits à tous les agriculteurs qui par leur activité et leur probité méritent celle marque de confiance. Ces établissemens sout donc tout à la fois des banques de circulation, de dépôt et de crédit, et c’est ce triple caractère qui fait tout leur mérite. Il résulte en effet de cette combinaison que les crédités n’ont jamais besoin de conserver chez eux une portion importante de leur capital, qui produit ainsi continuellement intérêt; que d'autre part ils ne manquent jamais d'argent, puisqu'ils n’ont qu’à tirer sur la banque pour s’en procurer. Les épargnes des classes pauvres sont accumulées et immédiatement utilisées dans ces établissemens. Il n’est jamais à craindre que ces banques mettent en circulation des valeurs au-delà des besoins du commerce, puisque ces valeurs ne tarderaient pas à retourner subitement vers les banques pour profiter de l'intérêt quelles paient; chacun étant intéressé à ne pas conserver ces valeurs, qui portent intérêt à partir du jour ou elles sont reportées à son compte courant, ne garde que la portion du capital dont il trouve un emploi actuel. Nous regrettons de ne pouvoir donner qu'une idée fort incomplète de ces utiles établissemens qui répandraient tant de prospérité sur nos campagnes, et nous engageons pour les connaître en détail à consulter la brochure qui a été publiée en 1835 par M. Léopold MALEPEYRE (1).

Nous verrons plus loin, dans le chapitre du titre III qui sera consacré aux capitaux, la manière dont ces instrumens se distribuent dans les opérations productives de l’agriculture, et dans le titre IV les considérations économiques auxquelles leur conservation ou leur accumulation peut donner lieu : ce qu’il importe pour nous dans le moment actuel, c’est de savoir comment un homme qui possède un fonds de capitaux matériels et immatériels, qu’il veut consacrer directement ou indirectement à la production agricole, parviendra à les mettre en valeur de Ja manière la plus fructueuse pour ses intérêts personnels.

Cette question présentée ainsi d’une manière générale ne peut être résolue qu’en prenant en même temps en considération les avantages où les inconvéniens des divers modes de faire valoir un établissement agricole ; ce dernier sujet devant nous occuper prochainement, nous croyons devoir nous borner ici aux considérations suivantes.

Un particulier qui a de gros capitaux disponibles, et qui réunit à un bon fonds de connaissances agricoles toutes où au moins Ja plupart des dispositions personnelles que nous avons exigées dans un entrepreneur pour se livrer avec succès à la production, ne peut mieux faire que d'acquérir un vaste domaine dont il fera choix avec discernement, et de l'exploiter pour son propre compte. Dans cette

(1) De la nécessité de créer des banques locales pour donner un nouvel essor à l'industrie agricole, etc. Broch.

in-12, prix: 4 fr. À Paris, Mansut fils,

au bureau de la Maison Rustique, Quai Malaquais, n° 19, et chez Delaunay et

circonstance toutes les conditions paraissent être réunies pour tirer de la terre tous les

fruits qu’elle est capable de donner et pour |

porter l’agriculture au plus haut point de perfection dont elle est susceptible dans l’état actuel de nos connaissances.

Si les valeurs capitales disponibles que possède l’entrepreneur étaient moins considérables que dans l’exemple précédent, il se présenterait deux cas suivant la capacité du sujet.

Supposons d’abord celui-ci doué d’une

rande intelligence, de beaucoup d'activité et

es autres qualités nécessaires, ainsi que d’une instruction agricole étendue; dans cet état de choses l'entrepreneur agira très sagement en affermant un grand domaine, en retirant ainsi un plus fort intérêt de ses capitaux et des bénéfices plus considérables de son industrie, et en vivant au sein d’une abondance inconnue au petit propriétaire.

Si au contraire, avec des capitaux restreints, le sujet a une instruction agricole bornée et

CHOIX D'UN DOMAINE RURAL

ne reunit qu’en pelit nombre les qualités qui font l’habile agriculteur, il vaudra mieux pour lui acquérir la possession d'un domaine de moyenne ow de petite étendue, et l’exploiter aussi bien que lui permettront ses connaissances, son intelligence et sou activite.

Quant à celui qui est dépourvu de capitaux, mais qui possède un excellent fonds d'industrie, sa place est à la tête d’un établissement agricole en qualité de régisseur ou de directeur, à moins qu’il ne trouve à des conditions très avantageuses les sommes dont il a besoin pour prendre à son vropre compte une entreprise agricole.

Enfin un capitaliste étranger à toute instruction agricole, et qui ne se sent aucune aptitude pour ce genre d'industrie, n’a pas d'autre moyen, quand il a acquis un domaine rural, que de le donner à bail à un fermier, ou de le confier aux mains plus habiles d’un régisseur probe et instruit.

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