‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 283 sur 595 · LIV. VII · texte numérisé non relu

LIV. VII

Ecoutons à cet égard un conseil judicieux donné aux jeunes agriculteurs par M. de Dom- BASLE (Ann. de Rov.,t. VIII, p. 60). « Dans quelques cantons du royaume, dit-il, on peut obtenir, à 400 ou 500 fr. par hectare de prix d'achat, ou à 15 ou 20 fr. de loyer, des terres naturellement aussi bonnes que celles qu’il faudrait payer ailleurs un prix cinq ou six fois plus élevé. On conçoit que cette différence peut en apporter une très grande dans les résuliats financiers de l’entreprise ; néanmoins, cette considération a été fréquemment lasource des mécomptes les plus graves, et elle a déjà donné lieu à des désastres agricoles très nombreux. On a cru qu’il était presque impossible de ne pas parvenir à obtenir des produits à très bas prix sur une terre dont la rente est aussi peu élevée, et l’on a souvent trouvé qu’en définitif les inconvéniens attachés à une localité peu favorable et les dépenses auxquelles il fallait se livrer pour mettre en valeur un domaine jusque là négligé compensaient, et bien au-delà. dans le cas même où le sol était naturellement de bonne qualité, l’excédant de rente dont eût été chargé un terrain situé dans un canton où la culture était déjà meilleure. »

Néanmoins, dans une même localité favorable, où les terres sont naturellement bonnes et où la culture a fait des progrès, on trouve des fonds qui sont exploités avec plus ou moins de soin et sur lesquels ies améliorations ont été plus ou moins judicieuses ou multipliées. Auquel de ces fonds un entrepreneur doit-il donner la préférence pour faire l’emploi le plus fructueux de ses capitaux, de son instruction et de son industrie ? Voici à cet égard une règle générale qui paraît souffrir peu d’exceptions.

Un fermier qui possède un bon fonds de connaissances agricoles et des capitaux suffisans doit toujours donner la préférence à un domaine amélioré, et à celui où, dès son entrée en jouissance, il pourra mettre en activité un bon système de culture et recueillir immédiatement les intérêts des capitaux qu’il avance et des bénéfices. Pour un semblable fonds, le fermier est bien plus à même d’estimer avec beaucoup de précision la valeur locative de la terre, les capitaux qui seront nécessaires pour la mettre en valeur, l’assolement qui lui con: vient et les produits moyens qu’il est en droit d’en attendre pendant toute la durée du bail. Un domaine en mauvais état ne convient pas à un fermier, surtout dans les pays où les baux sont de peu de durée ; il n’y a que ceux où ce contrat, dérogeant aux habitudes presque générales en France, se prolongerait jusqu’à 18, 21, 24 ou 27 ans, où un fermier instruit, qui posséderait d’assez forts capitaux et qui obtiendrait des conditions avantageuses, pourrait concevoir le projet de tenter pour son compte, et avec l’espoir d’en recueillir les fruits, des améliorations foncières sur le do-

maine dont on lui concédera ainsi la jouis-

sance prolongée.

D'un autre côté, un entrepreneur qui se propose d'acquérir la propriété d’un domaine et ne veut pas ou ne peut pas faire une avance de capitaux suffisante, immédiate ou un peu considérable, et désire SRE des améliorations successives avec les bénéfices qu'ilretire annuellement du fonds dans son état actuel,

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ESTIMATION DES DOMAINES RURAUX

sera certain de recueillir tôt ou tard les fruits : recueillir par la suite des avantages considé-

accumulés de toutes ses avances et de ses sacrifices, en prenant un fonds susceptible de grandes améliorations, pourvu que son choix ait été fait avec sagacité , ses opérations sagement caleulées etconduitesavec habileté. Cet entrepreneur peut faire l’acquisition d’un fonds en friche ou très négligé, le mettre en valeur, le porter au plus haut point de prospérité et en

rables, qu'il devra non-seulement à son industrie, mais aussi à accroissement progressif de valeur que ne peuvent manquer d’ac- Cu les propriétés rurales par le seul effet

e l'amélioration générale des procédés de culture qui a lieu dans les localités qui sont en progres.

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