‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 287 sur 595 · LIV. Vii · texte numérisé non relu

LIV. Vii

et des alternatives de sécheresse et d'humidité sur les | lité, et qui, après les hersdges, présentent à un degré

débris organiques et les parties calcaires ; son sous-sol est ordinairerent perméable, et sa surface unie, mais offrant toutefois un écoulement facile aux eaux ; on ne parvient à lui donner l'état de division nécessaire qu’en le travaillant énergiquement et à demi humide, état dans lequel il se trouve le plus communément, Quoique naturellement riche en humus, il réclame une forte fumure, parce que les récoltes riches et abondantes qu’il fournit consomment beaucoup de matières organiques. On rencontre dans des cas rares et particuliers des sols de cette espèce, qui donnent de magnifiques récoltes sans fumier. Les terres de cette classe donnent non-seulemeni les récoltes de froment les plus assurées, mais aussi les plus abondantes. En outre, les féveroles, le colza, la grosse orge, l’avoine, le chanvre, le tabac, les choux, le trèfle blanc et rouge sont les cultures les moins casuelles et les plus productives qu’on puisse leur demander.

8° Classe. Les sols argileux et les loams noirs et gris des situations élevées où les caractères de l’argile dominent encore, qui sont chauds, sans humidité surabondante et entretenus dans un état de fécondité convenable, appartiennent à celte classe. Ces conditions ne se rencontrent guère que dans des terrains de niveau ou peu inclinés et sur les pentes exposées au soleil. La couche arable est rarement imprégnée au-delà de 8 po. de profondeur de matières organiques; elle a une couleur noire, brun foncé ou grise. Le sous-sol est perméable, souvent mélangé de parties calcaires ou marneuses, Ces terres veulent être fortément travaillées et exigent une abondante fumure. Les cultures indiquées pour la 1re classe prospèrent également dans celle-ci, seulement le produit moyen y est un peu moindre.

3° Classe. Nous rangeons ici les sols ou loams des pays élevés, qui sont argileux, noirs ou gris, plus froids que chauds et qui souffrent plus ou moins par la surabondance de l’humidité; la couche meuble, mélangée d’humus, n’y à guère plus de 6 po. ; le sous-sol y est peu perméable, et ces terres présentent tous les caractères de la froideur et de l'humidité; des façons énergiques et une forte fumure leur sont nécessaires. Le froment, les pois, les féveroles, l’orge, l’avoine, le colza, le trèfle, les vesces et les choux-navets y réussissent aussi bien, quand la saison est favorable, que dans les terres de la 2e classe; mais ces cultures y souffrent si souvent dans les années humides et rudes que le produit moyen y est moindre que dans celles de cette classe,

4° Classe, Les sols ou loams argileux, pauvres, froide et humides des pays élevés, qui ne donnent que de chétives récolles de froment et ne sont pas propres à la culture du seigle, doivent encore être classés ici ; leurs propriétés les plus saillantes et les plus caractéristiques sont un défaut presque absolu d’humus qui se manifeste toujours par la couleur pâle de la couche arable et par le peu de profondeur de celle-ci, qui n’atteint pas souvent 3 po. et les signes qui indiquent une terre froide et humide, entre autres un sous-sol imperméable,

façons pénibles et multipliées et avec d’abondans engrais. Dans les années favorables, le froment rouge, l'avoine, les pois, les vesces et le trèfle rouge et blanc

donnent des récoltes médiocres qui échouent presque | complètement dans les années humides, ce qui dimi- |

nue beaucoup le produit moyen de ces terres.

20 Teraes à seicue. Nous donnons ce nom à toutes les terres dans lesquelles les caractères de l’argile sont peu apparens où marquent entièrement, et qui par conséquent ne 8e crevassent pas sensiblement par la sécheresse, ne se divisent pas en grosses moltes au labou-

assez variabie l'apparence de sables plus ou moins adhé-

rens. Ces terres, à l’état humide, ne s’attachent pas aux instrumens ; elles n'ont aucune propriété plastique, et, pé'ries eutre les doigts, elles ont plutôt un aspect terreux que cireux. Outre le seigle, eiles conviennent particulièrement à la culture de la petite orge et du sarrazin, en partie à celle de l’avoine, puis des pommes de terre etdes navets.

are Classe. Les terres douces des vallées basses, quand elles ne souffrent pas par le séjour des eaux stagnantes, appartiennent à cette classe. Ces terres ne présentent pas les caractères de l’argile, elles ne sont pas non plus spongieuses par la trop grande abondance de l'humus , mais ellesont peu de consistance, une apparenceterreuse, etsont faciles à travailler et à pulvériser. La couche meu— ble y est noire ou grise et profonde ; le sous-sol perméable ; le sol chaud, ni trop sec ni trop frais; les façonset les fumures n’ont pas besoin d’y être aussi énergiques que dans les terres à froment, et les 15° y sont plus faciles ; le froment blanc y prospère, mais y éprouve souvent de graves avaries par les froids de l’hiver ; le seigle d'automne y donne au contraire ses récoltes les plus productives, et, après lui, ce sont l'orge, l’avoine, le colza, les choux, les choux-navets, les pommes de terre, le tabac, le chanvre et les navets qui donnent les récolies les moins casuelles et les plus abondantes; les pois y poussent tout en paille et donnent par conséquent peu de grains.

2e Classe. Les bonnes terres deconsistance moyenne et chaudes des situations élevées, dans lesquelles les caractères de l’argile ne sont plus apparens, mais qui n’ont pas encore l’aspect des sables, et qui, sèches ou humides, peuvent être aisément travaillées et se moulent encore en mottes au labourage, font partie de cette classe. Elles sont de couleur grise et présentent une couche meuble de 8 po. au moins de profondeur, d'une teinte égale ainsi qu'un sous-sol perméable; l’humidité ne les rend pas adhérentes aux outils et la sécheresse ne les crevasse pas ; le seigle y donne des récoltes aussi assurées, mais un peu moins riches que dans la classe précédente. Les récoltes les moins précaires et les plus abondantes après le seigle sont celles de l'orge, de l’avoine, des pois, des vesces, des pommes de terre, des navets de toute espèce, du lin, du trèfle blanc et

‘même du trèfle rouge, mais seulement avec de fortes

fumures; les travaux y sont peu pénibles, mais exigent du soin pour la destruction des mauvaises herbes; les engrais s’y consomment plus rapidement que dans les terres à froment, et le fumier des bêtes à cornes est celui qui leur convient le mieux.

5° Classe. Nous rangeons dans cette classe les sols des pays élevés, plus légers et plus secs que les précédens, encore chauds, de couleur grise, qui, secs ou humides, ne se pulvérisent pas encore au labourage, mais où le sable commence visiblement à dominer. Placés sur des pentes escarpées el exposées au sud, ces terrains descendent dans la classe suivante; mais une déclivité

| douce et qui n’est pas trop fortement exposée au soleil On ne parvient à en obtenir des produits que par des |

ou à l'écoulement torrentiel des eaux ne leur est pas défavorable pour la culture du seigle. Une surface horizontale donne les récoltes les plus sûres. On les travaille avec facilité par tous les temps; les engrais y sont épuisés par 3 récoltes, et les fumiers de chevalou de mouton par 2; les fumiers courts, non pailleux des bètes à cornes et les composts terreux leur conviennent le mieux. Outre le s-igle, ils produisent, quand ils sont

| maintenus dans un bon état de fécondité, des récoltes

passables de petite orge ou d avoine ; mais celles de sarrazin, de pommes de terre, de spergule, de raves y sont les plus certaines; le trèfle blanc avec les graminées

rage ou dont les mottes au contraire se brisentavec faci- | fourragères ÿ donnent eu prairies un produit assez sûr.

cHaP. 2°.

4° Classe. À cette classe appartiennent : les sables secs et d’une couleur claire, qui présentent encore à la culture assez de consistance pour ne pas être enlevés par les vents; les sols de moyenne consistance, de couleur claire, en pentes rapides ou couverts d’une si grande quantité de pierres que la surface productive en est considérablement diminuée ; et enfin les sables humides et froids qui tous ne donnent que des récoltes incertaines de seigle et ne sont pas propres à la culture du froment. Quand ces derniers terrains froids et humides présentent, par leur situation profonde ou leur exposition au nord, des chances trop défavorables à la culture du seigle, ils passent dans la division suivante. Ceux qui sont secs consomment Îles engrais en

2 récoltes et ne doivent recevoir que des fumiers |

courts de bêtes à cornes, des composts terreux ou des engrais artificiels liquides. Les sables froids et humides sont au contraire améliorés par des fumiers de cheval et de mouton. Le travail de ces terrains est très facile, et, à part le seigle, on ne peut en espérer que des récoltes médiocres de pommes de terre, de sarrazin etderaves ; on peut lesutiliser pendant plusieurs années en pâturages après les avoir ensemencés en plantes fourragères.

5° TznREs À CÉRÉALES DE PaiNTemPs. Cette division comprend les terres qui sunt trop humides, trop froides et trop spongieuses pour les céréales d'hiver. Leurs produits peuvent consister en céréales de printemps, pommes de terre, navets, vesces et autres plantes fourragères annuelles.

are Classe. À cette classe appartiennent les terres où séjournent les eaux hivernales et qui, l'été, ne conservent pas l'humidité nécessaire pour faire de bonnes prairies, teiles que certaines terres des vallées basses et hautes. Elles sont noires ou de couleur foncée, spongieuses par suite de la grande quantité d’humus qu’elles contiennent; elles sèchent facilement l'été et l’hiver; les céréales y souffrent par l’abondance des eaux et y sont déchaussées par la gelée. Ces sols, au reste, sont riches et chauds, et portent des récoltes certaines et abondantes en plantes printanières, à l'exception des pois et des fèves ; les graminées fourragères y végètent spontanément très bien et y forment des prairies saines, mais qui ne sont pas assez productives pour donner avec certitude de bonnes récolies de fourrage; les travaux y sont faciles et les engrais d'une grande efficacité. Une disposition à passer à l’état marécageux, qui se manifeste par une couleur brunâtre, par la végétation des carex et la petitesse et la maigreur des grains des céréales, fait descendre ce terrain dans la 3° classe.

2° Classe. Tousles terrains des pays élevés, que leur exposition au nord, leur situation et leur humidité ne rendent pas favorables à la culture du seigle d’hiver et qui ne renferment: pas assez de parlies argileuses pour la culture du froment, mais du reste contiennent encore une quantité notable d’humus qui les colore en noir ou en brun, font partie de cette classe. ils produisent, lorsqu'ils sont cultivés et fumés convenablement, des récoltes aussi certaines, mais non aussi abondantes, de plantes de printemps que le précédent; les labours y sont peu pénibles et les ensemencemens ou plantations ne peuvent, à cause de la froideur du sol, s'y faire avant Îles journées chaudes des mois de mai ou juin.

3° Classe. Cette classe renferme des terres basses de prairies ou de pâturages, semblables à celles de la 1r* classe et composées de même, mais qui sont acides ou marécageuses, caractère qui se reconnait facilement à leur couleur brune, à la croissance des carex et à la maigreur du grain des céréales. Ces terres donnent des récoltes médiocres en plantes de printemps ; les céréales y poussent en paille, mais les grains en sont chétifs

et pauvres en matière amylacée ; dans les années sèches,

ESTIMATION DES DOMAINES RURAUX

les récoltes y souffrent fréquemment par la dessiccation du sol, dont la nature poreuse laisse aisément évaporer l’humidité. Elles reposent souvent, dans les situations basses, sur un sous-sol de tourbe, et, dans celies qui sont élevées, sur un gravier aride dont les grains blancs, visibles dans la couche superficielle, ÿy sont souvent abondans ; les travaux y sont faciles et les engrais animaux moius efficaces que les cendres, la chaux et les mélanges argileux.

4e Classe. On doit ranger dans cette classe toutes les terres hautes, froides et humides qui ne contiennent pas assez d'argile pour la culture du froment et sont dépourvues d’humus, et qui sont par conséquent de couleur claire et pâle ; quand une certaine quantité de terreau les rembrunit, elles passent dans la 2 classe; quand elles ne consistent qu’en sable, elies font partie des terres à seigle de la 4* classe, parce que le seigle d'hiver ÿ végète encore ; une légère addition d'argile forme au coniraire des sols sableux et maïgres, impropres à la culture de cette céréale. Ce sol, non cultivé, se recouvre de mousse et de genévriers ; à l’état de culture et avec des quantités suffisantes d'engrais, et des semailles tardives, il donne des récoltes médiocres d’orge, de vesces, de pommes de terre, de trèfle blanc et de pauvres pàtures ; les façons n’y exigent que peu de travail, mais les temps humides s'opposent souvent à ce qu'on les donne à propos.

3° Du mode de culture des terres arables comme base de l'évaluation de leur produit.

Pour être à même d'évaluer le produit des terres arables, il ne suffit pas de connaitre les caractères agronomiques qu’elles présentent et la classe à laquelle on peut:les rapporter, il faut de plus avoir égard au mode de culture et d'aménagement au moyen duquel on en tire des fruits. Ce mode exerce en etfet une influence puissante sur le produit, et une terre paturellement féconde peut, par la manière dont on l’exploite, donner en somme un produit moins considérable qu’une autre qui est moins fertile. Toutes les terres sont ainsi susceptibles de donner des récoltes plus ou moins abondantes, suivant leur mode d’aménagement, et l’agriculteur doit nécessairement s'appliquer à choisir celui qui don»e le produit net le plus considérable.

Ce fait une fois admis, on voit qu'il était nécessaire, avant d'offrir le tableau du produit de chaque elasse de terre, de faire choix comme exemple, pour chacune d'elles, d’un mode de caliure et d'aménagement parfaitement adapté à leur nature, facile à réaliser dans la pratique, susceptible de faire obtenir, en moyenne de ces terres, le produit le plus élevé et dont les résultats soient propres à servir de terme de comparaison pour toutes les évaluations du produit des sols de même qualité.

Pour déterminer le mode de cuiture et d’amésagement qui convient aux différentes classes de terre et établir le produit qu'on doit recueillir par l'adoption de ce mode ou de tout autre foudé sur les principes raisonnés de l'agriculture, on a dû s’appuyer sur des principes et des bases empruntés à l’expérience et à la pratique. Ces principes et ces bases, d’après lesquels nous partirons pour dresser je tableau qui doit servir à l’évaluation du produit des terres, sont le résumé des essais nombreux et des travaux des agrono-

mes et des praticiens les plus distingués de l'Allemagne, et nous pensons qu'à part linfluence du climat et des circonstances locales, les résultats qui en ont été déduits méritent toute confiance, quoique dans un ouvrage de la nature de celui-ci nous ne puissions entrer dans le développemept des preuves qui leur servent de justification.

Cela posé, passons à l'exposition de ces principes.

La condition la plus importante à remplir dans tout système ou plan de culture pour aménager une terre de la manière la plus avantageuse et avec des résultats aussi constans que le permettent les circonstances indépendantes de la volonté de l’homme, c’est de restituer continuellement au sol autant de richesse au moins que la production des plantes utiles lui en a enlevée dans des récoltes successives. C'est sur ce principe que repose la certi- Lude d'obtenir constamment les produits bruts les plus élevés, puisque l’appauvrissement graduel du sol diminue non-seulement la quantité de ces produits, mais les rend en outre plus précaires. Une abondante moisson due à la fécondité naturelle du sol, qu’on sait mettre à profit, ne coûte guère plus de travail et d’avances qu’une récolte pauvre et chétive, et donne un produit net bien plus considérable et plus certain.

Pour restituer à la terre la richesse qui a été absorbée par la production des récoltes, on se sert le plus généralement des engrais mixtes ou fumiers des animaux domestiques.

Afin d’embrasser la question qui nous occupe dans toute sa généralité, nous supposons qu'on est éloigné des villes et hors d’état de se procurer des engrais au dehors de la ferme.

Dans cet élat de choses on voit que pour obtenir un produit élevé et certain, il est indispensable de faire choix d’un système de culture et d'aménagement des terres où tout soit combiné de façon qu'on puisse constamment, au moyen des engrais qu'on parvient à produire sur place, entretenir celles-ci au plus haut degré de fécondité qu’elles puissent atteindre, ou les y porter successivement si elles n’y sont pas encore parvenues ; en un mot, qu'il faut mettre, par un système raisonné de culture alterne. la production des engrais au niveau de la consommation et créer des ressources propres à faire face à tous les besoins.

Quand on peut se procurer des engrais au dehors, le produit de la terre reste le même; le plan seul de culture doit alors éprouver des modifications.

Parmi les végétaux utiles qui entrent dans un système de culture alterne, les céréales et les plantes fourragères jouent le principal rôle. Les céréales, en raison des motifs allégués au paragraphe de la classification des terres, étant les végétaux les plus précieux et les plus importans de l’agriculture, doivent, sur une ferme, couvrir la surface la plus étendue possible des terres arables ; mais, sans engrais, leur production avec profit est incertaine et devient même parfois impossible, parce qu’elles épuisent la terre et que la paille qu’elles fournissent ne suffit pas pour restituer au sol la richesse qu'elles lui enlèvent. Pour rétablir celle-ci, on est obligé de cultiver en même temps que ces céréales des plantes

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