‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 286 sur 595 · LIV. VII · texte numérisé non relu

LIV. VII

8° L'épaisseur de la couche arable, qui, plus elle est considérable, plus elle fournit d’alimens aux végétaux et permet de cultures diverses ; 9° Les végétaux qui croissent spontanément à la surface du sol, caractère que nous avons appris À consuiter au tome tr, page 56.

Les caractères que nous venons d’éuumé-:

rer, influent si puissamment sur la fécondile du sol, qu'il est indispensable de les constater avec beaucoup de soin dans les terres dont on veut évaluer le produit; et comme un domaine, même dans des dimensions restreintes, offre presque toujours des variations considérables dans la composition des terres qui constituent son fonds, il est important de r'econnaître ces différences, au moyen d’une opération régulière qu’on appelle l'examen agronomique du domaine.

Pour procéder avec ordre à cel examen, et établir avec régularité les qualités physiques des terres qui doivent ensuite faciliter leur classification, le choix de l’assolement qui leur convient, et le produit qu’elles sont susceptibles de donner, on s’y prend de la maniére suivante : on partage toute la surface du domaine en un certain nombre de grandes divisions, au moyen de jalons, qu'on plante particulièrement aux endroits où le sol

araît changer de nature. On a sous la main e plan du domaine, et on y porte l’emplacement des jalons qu’on unit ensuite entre eux par deslignes droites ; ce qui fournit autant de comparlimens qu’on présume qu’il y a de variétés de terrain. Ces compartimens sont marqués sur le plan par une lettre majuscule.

Cela fait, on recoupe les lignes principales par d’autres lignes secondaires, espacées de 10, 20, ou 30 mètres, selon le besoin, qu’on jalonne avec des baguettes plus petites; les espaces renfermés entre ces lignes forment autant de sous-divisions ou stations, auxquelles on assigne un numéro d'ordre.

Si le terrain n’avait pas encore été arpenté ou si on voulait en vérifier l’arpentage, on profiterait de cette circonstance pour faire en même temps l'examen agronomique et pour déterminer les stations au moyen de la chaine d'arpenteur.

L’estimateur avec le plan sous les yeux, un cahier à notes dans les mains et suivi de deux personnes, l’une munie d’une béche pour creuser et retourner le sol , et l’autre d’un panier pour recueillir des échantillons, s’avance ensuite sur le terrain dans la direction des statons el constate à chacune d’elles les caractères, la qualité, la nature du terrain, en faisant enlever quelques pellées avec la bêche et en mettant à découvert le sous-soi. S'il lui reste des doutes sur ces caractères ou s’il veut soumettre des échantillons à des essais de laboratoire, il fait mettre environ 1 livre de terre dans un sac de papier sur lequel il inscrit le n° d'ordre de la station et la lettre qui désigne la division à laquelle elle appartient. Eu même temps il consigne sur son cahier Île même ne et la même lettre, et les fait suivre des indications et des observations qu’il juge convenables. Il continue ainsi à s’avancer de station en station en s’arrêtant surtout aux endroits où le sol paraît changer de nature et en constatant soigneusement ces changemeus.

En même lemps qu’il fait ainsi une recon-

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naissance de la couche superficielle du sol sur toute la surface du domaine, il prend note également des caractères que présente partout le sous-sol, des changemens de niveau du terrain, des amas, des infiltrations d’eau, de la quantité de pierres roulantes, de celle des mauvaises herbes qui infestent le sol, des racines, des souches et autres obstacles qui s’opposent à la culture, etc.; toutes ces circonstances sont au besoin cotées sur le plan en leur lieu et place, au moyen de signes conventionnels.

Ces travaux terminés, l'estimateur rentre chez lui et soumet les échantillons qu’il a rapportés aux essais qui doivent éclaircir ses doutes, et quand il est fixé sur la nature et les propriétés physiques des terres diverses que renferme le domaine, il les classe suivant leur qualité, puis trace sur le plan le contour de la surface qu’elles occupent sur le fonds, lave chacune de ces surfaces avec une couleur particulière, et inscrit au milieu de chacune la division et la classe auxquelles le terrain appartient. Ceci fait, l’examen est achevé, et il ne s’agit plus que de passer aux calculs de l’évaluation du produit de chacune des classes.

2° De La classification des terres arables.

Lorsqu'on a reconnu, au moyen de l’examen dont il vient d’être question , les caractères agronomiques des différentes terres arables d’un domaine et la faculté dont elles jouissent de pouvoir produire avec abondance des végétaux utiles et précieux, il reste à constater à quelle sorte de végétaux elles sont le plus éminemment propres.

Parmi ces végétaux précieux, il est évident qu’on doit mettre au premier rang les céréales, parce que ce sont elles qui ont la plus haute importance dans l’économie des nations, et que c’est non-seulement de leur production que dépendent principalement les profits qu’on peut recueillir de la culture, mais en outre , parce que sous un point de vue purement agricole, les terres où elles prospèrent possèdent genéralement les qualités qui les rendent propres à produire avantageusement les autres végétaux utiles, et que leur production peut en quelque sorte servir de mesure assez exacte à Ja fécondité du sol. En classant d’ailleurs les terres d’après leur aptitude à produire des récoltes de céréales, on pe fait que se rapprocher de la pratique, qui depuis un temps immémorial se sert de ce terme de comparaison pour déterminer la qualité et la vateur des terrains.

Dans l’agriculture de la plupart des peuples de l’Europe, les céréales d'hiver sont considérées comme les plantes agricoles les plus importantes, celles dont la vente est la plus assurée et pour qui le marché est le plus étendu , celles enfin qui fournissent principalement la paille nécessaire aux bestiaux et à la production du fumier. C’est donc d’après leur plus ou moins d'aptitude à produire des céréales d'hiver que nous classerons les terres arables ; mais comme il y a des terres de cette espèce qui, soit par leurs qualités physiques, soit par leur exposition, ne sont pas aptes à produire avec profit les céréales d'hiver, nous en formons une division qui est consacrée à

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la culture des céréales de printemps. Enfin, les terres où prospèrent les céréales d'hiver ne pouvant loutes être ensemencées fruclueusement en froment, nous établissons parmi elles une sous-division pour celles qui ne sont propres qu'à la culture du seigle.

Ainsi, dans notre-classification il existe 2 grandes divisions. La 1° consacrée aux céréales d'hiver qui ést partagée en 2 sous-divisions , l’une pour le froment, l’autre pour le seigle, et la 2° qui n’est propre qu'aux céréales de printemps: chacune de ces divisions ou sous-divisions est ensuite partagée en 4 classes, suivant les degrés décroissans de la fécondité des sols et de la certitude des bonnes récoltes.

Le tableau ci-dessous donnera une idée de cetie disposition symétrique.

1re DIVISION. Terres à céréales d'hiver.

ire Sous-Divisiox. Terres à froment.

qre, 2e, 5e et 4° classes.

2e Sous-Dirvisio. Terres à seigle.

qre, 9e, 5e et 4° classes,

2e DIVISION. Terres à céréales de printemps.

re, 2e, 3° et 4° classes.

Exposons maintenant les caractères des divisions et sous-divisions des terres arables, ainsi que ceux des «lasses qui partagent cellesci, en prévenant toutefois le lecteur que nous donnerons dans un tableau d'ensemble, placé à la suite de cette exposition, le produit brut moyen que doivent fournir toutes les classes de terre quand elles sont exploitées suivant un système d’assolement qui leur convient, et qu'on trouvera aussi dans ce tableau des aétails sur les travaux de culture et la quantité des engrais qui leur sont nécessaires.

49 TERRES À FROMENT. On désigne sous ce nom tous les sols dans lesquels l’argile prédomine avec toutes ses propriétés, el qui par conséquent se crevassent par ja sécheresse, se divisent par les labours en grosses motltes (t. Ier, fig. 57) difliciles à rompre, et qui, par les hersages ne se pulvérisent pas comme les sables (t. 1‘', fig. 38), mais se divisent simplement en mottes de plus pelites dimensions et de même aspect que les précédentes. A l'état humide ces terres adhèrent aux pieds et aux instrumens aratoires ; elles ont à la main une consistance plastique, et, coupées avec un instrument tranchant ou pressées entre les doigts, elles offrent un aspect plus cireux que terreux. Dans ces terres réussis sent principalement le froment, les légumineuses, l'orge, l’avoine, le trèfle, les vesces, les choux et choux-navels.

gre Classe. Dans cette classe nous rangeons les terres arsileuses et les loams noirâtres des vallées basses, marines ou fluviales, aujourd’hui insubmersibles et non exposées à l'accumulation des eaux hivernales. Ces terres ont tous les caractères généraux que nous avons assignés à celte division; à l’état humide elles ont une couleur noire ou brun foncé, et grisètre quand elles sont sèches ; la couche meuble y est au moins de 40 po., et fréquemment le sous-sol y est noirci par les débris organiques jusqu'à la profondeur de plusieurs pieds. Par suite de sa richesse en humus et d'une certaine quantité de carbonate de chaux, ce sol est ordinairement chaud ; il est difficile à travailler, mais, à la suite des labours, il se pulvérise plus ou moins par l'effet de l'air

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