ASSOCIATIONS AGRICOLES EN COMMANDITE
ploitation en les associant aussi à sa fortune. L'intérêt est un des plus puissans mobiles de l'intelligence et de l'énergie de l’homme; en faisant briller à ses yeux l'espoir d'améliorer sa condition et celle de sa famille en proporton de son travail et des soins qu'il y apporte, on est certain de tirer du labeur du travailleur bien dirigé tout le fruit qu’il peut produire. Ce mode d'association à été introduit avec les avantages les plus incontestables dans l’exploitation des mines de Cornouailles et rééemmenten France dans quelques usines deSaint-Etienne. Voici comment M. BABBAGE, savant économiste anglais, en résume les avantages.
1° Par l’association, chaque employé de l'établissement devient intéressé à sa prospérilé; 2° Toute perte étant ressentie par tous les copartageans , ils se surveillent réciproquement et préviennent ainsi tout gaspillage ; 3° Les capacités de chacun s’exercent énergiquement pour le profit commun; 4° Les travailleurs d’un caractère respectable et d’une habileté reconnue sont nécessairement seuls admis dans une pareille exploitation; d’abord parce qu’il y aura concurrence pour y entrer et que ce sera l’intérêt commun de n’admettre que les plus honnêtes et les plus habiles; qu'il sera plus difficile d’en imposer à des ouvriers éclairés par leur intérêt que de tromper le propriétaire ou directeur de l'exploitation; 5° Qu'il s'établit ainsi une union d'intérêt, une espèce de fraternité de travail entre le directeur et les ouvriers qui tourne au profit de leur moralisation et de la prospérité de l’établissement.
La seule objection sérieuse que l’on puisse faire contre ce système, c’est la difficulté de l’introduire dans les exploitations rurales où, comme dans les manufactures, les ouvriers ne peuvent satisfaire à la plupart de leurs besoins que par le salaire des travaux de la semaine. Mais d’abord l’objection s'applique plutôt aux ouvriers des manufactures qu'aux aides ruraux qui sont presque toujours nourris dans la ferme qu’ils exploitent; mais il y a d’ailleurs un moyen fort simple, déjà mis en usage dans quelques usines industrielles, de résoudre cette difficulté, c’est de diviser les salaires en deux parts : une portion fixe qui Jeur serait payée aux époques ordinaires pour satisfaire leurs besoins journaliers et ceux de leur famille, et une portion variable qui augmenterait ou diminuerait suivant le degré de prospérité de l’exploitation agricole. Nous ne doutons pas que de pareilles améliorations, dans les conditions ordinaires de l’exploitation du sol, n’amenassent bientôt des résultats très avantageux et pour le public et pour les as« socIés.
LéoPozn MALEPEYRE.
(1) Pour connaître cette matière importante on peut consulter avec fruit le Traité des suciétés commerciales, par M. Marepeyme, avocat à la cour royale de Paris, et M. Jourpaix, juge au tribunal civil de la même ville, un gros volu me in-8e, prix 7 fr. 80 c., chez Mansut fils, libraire, rue des Mathurins-Saint-Jacques, 47.