‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 346 sur 595 · DES AMÉLIORATIONS FONCIÈRES · texte numérisé non relu

DES AMÉLIORATIONS FONCIÈRES

croissent pas la valeur du fonds, et sont ainsi consommés improductivement, ou dont les intérêts grèvent sans nécessité la production agricole.

La simplicité dans le plan et dans l'exécution lorsqu’elle n’exclut pas les autres conditions que doivent remplir des travaux, doit toujours être recherchée dans les améliorations foncières. Ainsi un bâtiment rural est décoré comme il doit l’être quand il satisfait à toutes les convenances du service, et est parfaitement approprié à sa destination.

Une trop grande solidité est également un luxe inutile, et, en bonne économie, des travaux d’amélioration doivent être établis pour avoir une durée limitée ct non pas pour être éternels.

L'économie dans les moyens d'exécution est une chose importante dans toute entreprise d'amélioration. Cette économie ne réside pas seulement dans la simplicité et la légèreté dans les dimensions, la masse ou la force suffisantes, mais dans le choix des bons matérlaux, ce qui exige qu’on connaisse tous ceux que fournit le pays; dans leur mise en œuvre par des constructeurs et des ouvriers habiles; dans l’ordre et la marche rapide et régulière de tous les travaux.

$ IL. — Exemple d’un calcul d'amélioration.

Nous avons dit qu'un devis exact et détaillé permet la comparaison entre les avances à faire en améliorae tions foncières et l'accroissement de valeur qu’acquerra la propriélé par ces améliorations; essayons, pour éclaircir ce sujet, de donner un exemple.

Un entrepreneur a, je suppose, réuni en un seul morceau 50 hectares de terre de diverses qualités ; 20 de ces hectares sont des terres vagues, argilo-sableuses et de cohésion moyenne, couvertes de plantes parasites et de pierres roulantes; 45 autres sont inondées et marécageuses, mais dans un bon fonds; enfin les 13 dernières sont de terres arables en assez mauvais élat de culture. Ces terres lui ont coûté, savoir :

20 hectares à 600 fr. . . 12,000 f.

15 hect. à 500 fr. . . : ‘7,500

15 hect. à 1000 fr. . . . 45,000 356,980 fr.

Enregistrement et frais de

contral. che: RER er le 2,450

Les améliorations ont donné lieu aux frais suivans.

20 hect. Extirpation de végétaux ligneux, enlèvement des pierres, écobuage, labours

et façons aiverses, à 140 fr.l'hect, . . 2,800 15 hect. Endiguage, en fascines, desséche-

ment, défrichement, amendemens cal-

Gares ae S00Mfre/lihect.t.. … .. . + «4,500 15 hect. Nivellement, défonçage, façons di-

verses, marnage, à 103 fr. l’hect. . :+ 1,575 Etablissement de chemins d'exploitation. . 800

Construction de clôtures, mare pour leseaux. 1,225 Construction des bàtimens d’exploitation et

DA TENULS ! « d + IN RSS EED Total des avances. . . 70,400 Intérêts de cette somme à 8 p. 0/0 pendant 18 mois, durée moyenne des travaux. . 5,280 Bénéfices industriels de l’entrepreneur pendant ces 48 mois, à raison de 5 p. 0/0 de son capital avancé et de ses intérêls . . 5,676 Total des frais. . . 81,356

Au taux où se vendent les terres dans le pays en corps de ferme et de même qualité, le domaine amélioré peut être évalué ainsi qu'il suit :

20 hect. de terre à froment de 2e classe, swa;800ufr. l'hectsbr 10-40 13 hect. à céréales de printemps de 2 cl.

à4,650 fr. Phects +4 #15 4% : 210 00000,24;750 15 hect. de terre à froment de 4e classe, à 1400 fr. . Nibatet Jet HO RER SIND 00

Hot 22845750

Ainsi cet entrepreneur a fait une spéculation avantageuse puisqu'il est parvenu à donner par des améliorations une valeur de 81,750 fr. à des terres qui n’en avaient dans l’origine que 36,980 fr., qu’il n’a avancé en réalité pour cela que 70,400 fr., et qu'il a trouvé pendant ce temps l'intérêt de ses capitaux et une indemnité pour son industrie.

Si la valeur vénale du fonds amélioré ne s’élait élevée qu'à 75,680 fr., l'entrepreneur ne serait parvenu à donner à celui-ci qu’une valeur égale à ses avances et à l'intérêt de ses capilaux; son industrie n'aurait pas, dans ce cas, trouvé sa récompense, et si cette valeur n’était montée qu'à 70,409 fr., non-seulement il n’aurait eu aucun prolit industriel, mais il aurait perdu encore l'intérêt de ses capitaux pendant 18 mois.

$ LV. — Des opérations topographiques et de la division à opérer sur un fonds.

Lorsqu'on organise le service d’un fonds de terre . il est nécessaire avant d’entreprendre les travaux qui doivent en rendre la surface cultivable, ou après l’exécution de plusieurs de ces travaux, de procéder à certaines opérations topographiques dont nous allons nous occuper.

Ces opérations pour être enseignées aux agriculteurs et être bien comprises par eux, exigeraient qu’on entrât dans un trop grand nombre de détails que ne comporte pas la nature de cet ouvrage, et nous sommes forcés de renvoyer aux ouvrages qui traitent spécialemeni de ces matières. Nous dirons seulement qu’elles sont faites la plupart du temps dans nos campagnes, par les géomètres-arpenteurs et dans les cas les plus importans, par des ingénieurs; mais que la connaissance de leurs méthodes et de leurs procédés , dans les cas ordinaires, n’exigeant que les simples notions de Parithmétique, de la géométrie et du dessin , elles pourraient aisément devenir familières aux cultivateurs, et être avantageusement exécutées par eux avec une précision suffisante. Ces opérations sont :

19 L’arpentage, qui a pour but de mesurer l'étendue de la surface de la propriété ou des champs, et qui s’exécute au moyen de jalons et de fiches, ainsi que d’une chaîne et d’une équerre dites d’arpenteur. Les mesures une fois prises avec ces instrumens, on dresse le tracé du plan, c’est-à-dire une figure qui représente eur le papier celle de la propriété arpentée et de ses principales divisions d’après un cerlain rapport qu’on nomme une échelle.

20 Le nivellement, qui sert à déterminer les différences de niveau entre les divers points de la surface du domaine. On l’exécute sur le terrain arpenté au moyen du niveau d'eau et d’une règle de bois divisée, portant une planchette qu'on nomme mire.

3° Le tracé des chemins ruraux oud’exploitation, celui des canaux, étangs, mares, fossés, rigoles, celui de l'emplacement des constructions, ouvrages Ÿart et bàtimens, etc. Ce tracé étudié et figuré d’abord sur le plan est ensuite reporté sur le terrain au moyen des instrumens d’arpentage.

4° Le lever de la carte topographique qui est la représentation sur le papier et d’après une échelle déter ninée des dimensions et de la figure exacte de la

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