LIV. Vii
un mode vicieux d’expérimentalion dans la mesure du travail des 2 espèces et surtout à l'oubli presque général de ramener à des termes comparables tousles élémens qui pourraient servir à la solution de ce problème.
M. Frosr, qui a pendant long-temps administré le domaine de Windsor , où les bœunfs :euls étaient employés à tous les travaux l'exploitation, areconnu que les 407 bœufs destinés à cet nsage auraient pu facilement être remplacés par 65 chevaux (rapport de la quantité de travail annuel d’un bœuf à celui d’un cheval, 3/9° environ) (1).
Dans les districts du Yorkshire et de l'Hertforcshire, où l’on fait usage d’attelages de bœufs, on considère que 6 bons bœufs travaillant constamment, et qu’on ne veut pas accabler de fatigue, font antant d'ouvrage que 4 chevaux (rapport du travail journalier d'un bœuf à celui d'un cheval, 2/3); c’est aussi le chiffre que donne Sin- CLAIR, qui regarde ce rapport comme un terme moyen parmi tous ceux fournis par les partisans des bœufs en Angleterre. M. Buncer, dans son Manueld’agriculture, donne aussi ce même rapport; mais il ajoute que toutes circonstances égales, il lui parait que les bœufs travaillanttoute l’année donnent 1/4 de moins d'ouvrage qu’un même nombre de chevaux (rapport, 3/4). Dans le comté de Gloucester , 5 bœufs de la race d'Hereford, nourris avec du foin et de l'herbe verte, sont regardés dans les travaux de labourage comme égaux à 4 chevaux ( rapport, 4/5). M. de Domwrase, qui pendant plusieurs années a fait exécuter une partie des travaux de son établissement par des bœufs du poids de 350 kil. environ, nous apprend que l’expérience lui a démontré qu’on pouvait constamment obtenir de ces bœufs ferrés des 4 pieds, nourris en abondance à l'étable, et dans des journées de travailde 9 heures en 2 attelées, les 4/5°* du travail que peuvent exécuter des chevaux de taille analogue, rapport qui nous paraît en effet le plus exact et le mieux constaté , quoiqu'il ne manque pas d'exemples nombreux en Angleterre d'attelages de bœufs faisant autant d'ouvrage que des chevaux dans des circonstances à peu près semblables , etc.
Pour être à même de comparer avec certitude la quantité de travail annuel des chevaux et des bœufs, il est nécessaire de se rappeler que ces derniers, dans le cours d’une année et surun même établissement, ne peuvent, à cause des circonstances atmosphériques et de l’état des chemins dans les diverses saisons, être envoyés dehors et attelés aussi souvent que les chevaux, et fournissent par conséquent dans une année un nombre moindre de journées et d'heures de travailque ceuxci. Ce nombre est très variable suivant les localités et dépend en grande partie, en supposant une distribution également habile des labeurs et une bonne administration, du climat et de la nature du sol.
M. BLocr, qui habite la Silésie sous une latitude à peu pres semblable à celle du nord de la France ou de la Belgique, nous informe que ses nombreuses investigations sur les terrains variés de sa province lui ont démontré qu'on pouvait, relativement au nombre de journées de travail des animaux, classer les sols de la manière suivante :
re Classe, Terrains élevés, faciles à travailler et qu’on peut labourer sans désavantage, 24 heur. après la pluie la plus abondante.
ge Classe. Terrains bas, humides, qui ne peuvent être labourés ou parcourus par les animaux attelés après une pluie abondante qu’au bout de plusieurs jours.
(4) Ce rapport nous paraît remarquable en ce qu en prenant le rapport de la quantité de travail journalier assigné par M. de Dousasre pour le bœuf et le cheval ou 4/8e, et le multipliant par le nombre des journées de travail fournies dans l’année par ces animaux, suivant M. BLocx comme on va le voir plus bas, on obtient les nombres 920 et 1428, 840 et 1350, 760 et 4250 qui sont, en effet, à fort peu près entre eux dans le rapport de 65 à