‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 362 sur 595 · DES ATTELAGES · texte numérisé non relu

DES ATTELAGES

tions à remplir pour atteindre cette perfection étant variables avec la nature des travaux.

C’est un fait qui parait démontré que les bœufs attelés au joug sont plus propres que les chevaux aux labours, et que leur travail, surtout dans les sols argileux, tenaces, pierreux ou montueux , ou quand il s’agit de défoncer à 9 ou 12 po. de profondeur, ou de rompredes gazons ou de vieux pâturages, est exécuté d'une manière plus régulière et plus parfaite. Ainsi, dans les fermes où les terres ont été négligées et sont en mauvais état, celles où l’on a besoin de labours soignés et multipliés, on peut employer les bœufs à ces travaux , quoique sur les terres fortes, qui ne produisent pour eux que de la paille et du foin, leur nourriture soit plus dispendieuse que sur les terres d’une moindre cohésion , plus propres à la culture des racines qui conviennent mieux à ces animaux. Les bœufs sont également employés avec avantage dans tous les autres travaux qui exigent des efforts soutenus et patiens, et on peut les appliquer au manége, aux transports sur les terrains escarpés , à l'extraction des bois des forêts, etc. Ces animaux paraissent perdre une parlic cle leurs avantages quand on les atteile au collier, mais ils sont alors. plus lestes et font plus d'ouvrage.

Les chevaux de leur côté sont moins pesans que les bœufs; ils plombent moins les terres labourées et leur conservent mieux leur élasticité et leur légèreté, ce qui les rend plus aptes aux hersages et autres facons qu'on donne auxchamps, etqui, n’offrant qu'une faible résistance, peuvent être exécutés avec célérité.Ce sont aussi ces animaux auxquels on doit donner la préférence quand il s’agit de transports, surtout de ceux qui se font au loin et avec rapidité ou qui ont lieu dans des routes difficiles et en mauvais état.

Le directeur de Roville nous apprend (Ann. t. Ier, p. 164) qu'il a appliqué sans inconvénient ses bœufs à tous ies travaux de culture autres que les labours , qu'il les a attelés à la herse, à l'extirpateur , à la houe à cheval, et que partout ils se sont comportés avec autant de docilité et de régularité que les chevaux ; mais, pour obtenir ces résultats, il faut qu'un établissement agricole soit aussi habilement administré que celui que nous venons de citer et que les services divers ÿ soient organisés avec le même soin.

3° La célérité du travail. La célérité est une chose très désirable dans tous les travaux agricoles sur tout dans nos climats septentrionaux où le nombre des jours favorables aux travaux agricoles est toujours borné. C’est à l’extrème mobilité des saisons en Ecosse que tous les écrivains anglais attribuent l’abandon général des bœufs dans l’agriculture de ce pays, tandis que la douceur et l’uniformité du climat dans quelques districts de l'Angleterre, rendant les travaux des champs faciles à toutes les époques de l’année, les ont fait conserver. D'un autre côté, la célérité, quand elle n'exclut pas la bonne qualité du travail et qu’elle ne peut porter aucun préjudice à la santé ou à la vigueur des moteurs, est toujours une chose utile qui permet d'obtenir le concours de ceux-ci à un prix moindre et plus avantageux.

La célérité dans le travail des animaux suppose 2 conditions ; 4° que les animaux peuvent supporter pendant un certain temps un travail extraordinaire : 20 que leur allure est vive et accélérée.

Relativement au 4° point, le cheval en géneral l’emporte sur le bœuf, et on peut, en augmentant la quantité de ses alimens et en les lui donnant de qualité supérieure , obtenir de lui une quantité de travail très considérable; néanmoins, il parait démontré que le bœuf jouit de la même faculté; Sinccair parle d’un habile agriculteur anglais qui, en nourrissaut ses bœufs avec de l’avoine leur faisait supporter des travaux ex-

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