‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 378 sur 595 · LIV. Vil · texte numérisé non relu

LIV. Vil

terminer les causes qui accroissent ou diminuent la quantité de travail annuel sur les établissemens ruraux, tant pour lesagens (p. 393) que pour les moteurs (p. 432), nous avons vu que les principales étaient l’étendue du fonds à exploiter, la nature et la configuration du terrain, le climat, l'éloignement des pièces de terre, l’état des routes et chemins, le système de culture et d'aménagement, le mode d’administration, le nombre et la durée des journées de travail, la force, l’énergie et l’adresse des travailleurs, la vigueur ou l'aptitude des bêtes de trait, les travaux d'amélioration, etc. Toutes ces causes agissent dans le même sens pour faire varier le nombre des outils, instrumens, machines ou ustensiles dont il convient de garnir un domaine, puisque c’est avec ces objets que je travail est eddételerient exécuté. De même que lorsqu'il s’agit des agens et des moteurs, plus les instrumens sont propres aux services auxquels on les applique, moins ils ont besoin d’être nombreux.

Dans le mode le plus ordinaire, on détermine d’abord le nombre des charrues dont on aura besoin pour les labours; puis on fixe ensuite, d’apres cette donnée, le nombre proportionnel des autres instrumens de culture qui seront nécessaires. Dans d’autres occasions on prend pour base le nombre des chevaux qui sont jugés utiles pour exécuter tous les travaux, et on établit, d’après la composition des attelages, le nombre des charrues en comptant 1 charrue pour 2, 4 ou 6 chevaux; puis proportionnellement celui des autres ob- Jets. Ainsi, je suppose qu’il s’agisse de connaître quels sont les instrumens ordinaires de culture qu'il serait nécessaire d'acquérir pour exploiter dans le système de la culture alterne un domaine de 120 hect. de terres labourables placées en plaine, en sol de consistance plutôt compacte que moyenne, dont les labours doivent être exécutés dans l’espace de 40 jours, où les bâtimens sont situés au centre de l’exploitation, les chemins en bon état, les journées de 12 heures de travail effectif et les instrumens perfectionnés. Sur ce domaine 8 chevaux de taille moyenne, bien dressés, travaillant avec 4 charrues, seront nécessaires pour exécuter ces labours dans le temps déterminé. En outre, on aura besoin d’une charrue dé rechange, au moins, en cas de rupture, de détérioration ou d’accident ; en tout 5 charrues. Il faudra compter également | sur 5 herses à 2 bêtes. Si on employait un ex-\ tirpateur, il en faudrait également 5; mais, ! dans ce cas, on n’aurait plus besoin que de 2 charrues. Deux rouleaux suffiront pour les 4 attelages, et 1 ou 2 hones à cheval, suivant l'étendue des cultures sarclées. Quant aux véhicules, il faudra 4 charrettes ou chariots à 2 chevaux pour les 8 animaux de trait, etc.

Un mode plus naturel pour connaître, lors de l’organisation d’un domaine, la manière dont on doit composer le mobilier consiste, après qu’on a arrêté le système de culture et d'aménagement qu’on devra suivre, à former le tableau des travaux annuels de culture. Ce tableau étant dressé suivant les saisons, on y relève ensuite séparément tous les travaux de différente espèce, c’est-à-dire qu’on fait un relevé de tous les labours qu’on aura

à exécuter dans l’année, aussi bien que celui des hersages, roulages et charrois, etc.

Prenant ensuite en considération la nature du terrain, la situation des bâtimens, la difficulté des travaux, la perfection des instrumens et la quantité de travail journalier que peuvent fournir les agens et les moteurs qu'on emploie, ainsi que l’espace de temps pendant lequel ces travaux doivent être exécutés, on détermine aisément par cette méthode le nombre des outils et des instrumens qui seront nécessaires pour faire ces travaux, en ayant égard aux casualités, c’est-à-dire aux circonstances où il faudrait achever ces travaux en un moindre temps el où les accidens et les détériorations peuvent mettre un objet hors de service pour quelque temps. On parvient ainsi à connaître la quantité des objets qui doivent composer les 2 premières catégories établies au commencement de ce chapitre, et comme ils forment la partie principale du mobilier d’une ferme, nous essaierons de donner un exemple de ce mode d’évaluation numérique à la suite du chapitre qui traitera des travaux.

Maintenant,comme dans le système de culture que nous supposons qu’on a adopté, on peut calculer assez exactement le poids ou la

uantité des récoltes probables, il n’est pas

ifficile alors de déterminer le rombre des objets de la 3° catégorie ou des machines qui seront nécessaires pour faire subir à ces denrées récoltées un travail ou une transformation quelconque, et, de même, il n’y a pas de difficulté à mesurer la force recueillie, transmise ou consommée dont on aura besoin.

Enfin, relativement à la 4° catégorie ou aux ustensiles, le nombre et le mode de harnachement des attelages détermineront les pièces qui composeront cette partie du mobilier, les connaissances pratiques qu’on possède déjà, les usages du pays, l’aisance du fermier serviront ensuite pour établir la nomenclature de tous les autres objets de cette catégorie qui appartiennent à un service quelconque.

SecTION III. — Du prix du service des objets mobiliers.

Les objets mobiliers étant pour la plupart à l'usage des autres services, les frais auxquels leur jouissance donne lieu figurent le plus gé-

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