TOME IV
obligé de consacrer une somme plus considérable à l’acquisition des instrumens et des moteurs, mais on diminue en même temps dans une proportion bien plus grande les sommes qu'il faudrait cousacrer annuellement aux travaux manuels, et il est certain qu'une comptabilité en règle démontre bientôt qu’il y aeu économie réelle sur les capitauxavancés pour l’exploitatien du fonds au bout d’un certain espace de temps.
: D'un autre côté, un mobilier superflu a ses inconvéniens; il occasionne des avances de fonds plus considérables et charge iautilement ja production des intérêts de ces avances; il occasionne des encombremens qui, dans les fermes où l’espace renfermé par les bâtimens est limité, causent des pertes de temps, des lenteurs dans le travail ou des accidens. De plus, il n’est pas un cultivateur qui ne sache qu’on ne parvient en agriculture à faire économiquement un bon travail, qu’autant que les agens ou les moteurs eux-mêmes ont acquis par un usage constant et prolongé l'habitude des instrumens ; que, dès qu’on change très fréquemment ceux-ci, on devient moins expert à conduire chacun d’eux et qu’on perd même un temps assez considérableäune sorte de nouvel apprentissage qu’il faut faire chaque fois qu'on change d’instrumens et avant que le travail marche avec une parfaite régularité. C’est en se basant sur ce fait d’expérience que ANDERSON, qui avait surtout en vue les fermiers anglais qui assez souvent arnissent leurs établissemens d’objets mobiiers nouveaux et trop multipliés, disait que des instrumens nombreux et qu’on emploie rarement étaient pour le cultivateur une source d’embarras et de mécomptes plutôt que de satisfaction.
Cette observation s'adresse surtout aux jeunes gens qui forment un établissement ou aux propriétaires zélés pour les progrès de l’agriculture, qui, animés du désir de monter leur ferme avec tous les perfectionnemens connus dans le moment,ou d’épargner la main-d’œuvre,ou enfin de répandre la connaissance d’un pouvel instrument qu'ils croient avoir un haut degré d'utilité, s’empressent d’acquérir une foule d’objets mobiliers superflus dont ils se servent rarement ou dont ils sont obligés souvent d'abandonner l’usage.
En règle générale, on ne doit meubler une ferme qu'avec les objets réellement nécessaires et ceux seulement dont on peut faire un emploi utile et avantageux.
$ II. — Des modes divers pour déterminer la quantité ou le nombre des objets mobiliers
Nous n’essaierons pas de donner ici un inventaire exact du mobilier d’un établissement rural; on comprend assez que les modifications infinies qu’apportent dans ce service les conditions essentiellement variables dans les- Lara chaque ferme se trouve placée, ren-
raient cette nomenclaturelongue,incomplète ouinutile; mais nous pouvons direun mot sur la manière dont il convient, dans chaque cas particulier, de régler la quantité de ces objets mobiliers.
Lorsque nous nous sommes occupés de dé-