‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 380 sur 595 · CHAPITRE VI. — ORGANISATION DU SERVICE DES BÊTES DE RENTE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — ORGANISATION DU SERVICE DES BÊTES DE RENTE

On sait qu’on donne le nom de bêtes de rente à des animaux domestiques qu’on élève ou entretient dans les établissemens ruraux.

L'agriculture élève ou entretient de cette manière plusieurs espèces d'animaux; ceux qu’on destine le plus communément à ce service sont:

1° Les chevaux, auxquels il convient d’ajouter l’âne et le mulet, qui font l’objet des spéculations des cultivateurs dans plusieurs de nos départemens ;

2° Les bœufs, qu'on désigne aussisous le nom de bétes bovines, gros bétail, bétail à cornes, etc. ;

3° Les moutons, appelés encore bêtes ovines, menu bétail, bêtes à Laine, etc.;

4° Les chèvres, qu’on élève en troupeaux comme bêtes de rente dans plusieurs départemens;

5° Le porc, dont l'éducation est généralement répandue ;

6° Les lapins, oiseaux de basse-cour et de colombier, qui re forment qu’une branche secondaire de l’économie du bétail dans les établissemens ruraux.

Quoiqu’un administrateur soit la plupart du temps disposé, non sans de justes motifs, à donner la préférence à l’espèce de bétail dont il connaît le mieux l’économie et dont il sait par conséquent tirer les plus forts profits, nous supposerons, néanmoins, dans Ce Cha-

pitre, que celui qui organise ce service conuait également bien l'économie de toutes les «spèces et de leurs races et variétés, etqu'indifférent sur la préférence à donner aux uns ou aux autres, il ne se détermine que d’après les avantages qu’elles offrent dans la localité ou la situation où il se trouve placé. Dans cette manière d’envisager le sujet qui va nous occuper, l'administrateur n’a plus que 2 questions qui puissent l’intéresser et que voici : 1° De quelles bêtes de rente convient-il de peupler le domaine? 2° Quelle quantité de bétail, lorsqu'on a déterminé l'espèce et la race, peut-on y entretenir avantageusement? C’est à la solution de ces 2 questions que nous allons consacrer les 2 sections suivantes en bornant uos observations aux chevaux, aux bêtes à cornes et à laine et aux cochons.

SECTION Ire. — Du bélail dont on doit faire choix.

A l’exception du choix d’un système d’exploitation, il n’est pas de considérations plus importantes pour un administrateur que celles qui se rapportent au choix des animaux domestiques dont il convient de peupler le domaine; c’est, pour le succès de son établissement, une question vitale qu’il ne doit pas toujours espérer résoudre du 1‘ coup d’une manière entièrement satisfaisante, et un sujet important qui exige très souvent des connaissances profondes, une sagacité peu commune et une extrême prudence.

Dans une matière aussi délicate, il n’est pas très aisé de poser des règles entièrementfixes ; tout dépend des localités et de l’expérience de l'entrepreneur. Ainsi qu’on l’a fait remarquer avec beaucoup de justesse, il n’est nulle autre branche de l’économie ruralequi soit aussi difficile à organiser et à conduire que celle dont nous allons nous occuper et même à modifier quand on a suivi une fausse route. La propagation, l’amélioration ou le simple entretien des animaux domestiques ne se gouvernent pas d’après les mêmes principes que les autres parties de l’agriculture, et souvent on ne s’aperçoit que l’éducation d’une espèce, d’une race ou d’une famille ne convient pas à une localité, qu’elle ne peut y être élevée avec profit, qu’elle y dégénère ou que ses produits s’y détériorent, qu'après un grand nombre d'années, et au moment où croyant recueilir le fruit de ses efforts et de ses sacrifices on a porté une atteinte profonde à son capital d'exploitation.

Afin de partir d’une base fixe dans le choix des bêtes de rente dont il convient de garnir un domaine, il est utile de rappeler le but qu'on se propose en entretenant du bétail sur les établissemens ruraux. Ce but est complexe, mais on peut le ramener à des points principaux que voici:

1° Fournir les engrais pour la culture du sol.

Toute terre en culture, dont on tire plusieurs récolles successives, ne tarde pas à s’épuiser au point que la production des plantes utiles diminuant d'années en années, celles-ci ne suffisent plus pour indemniser le cultivateur de ses avances et de ses travaux. Dans cet état de choses, si on veut continuer à cultiver la terre avec profit, il faut rétablir par des

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