LIV. vil
engrais la richesse qu’elle à perdue et qui lui est nécessaire pour répéler le phénomène de la production agricole. Les engrais les plus convenables pour cet objet sont les malières végétales imprégnées des déjections des animaux. Ainsi, le bétail qu’on entretient sur les établissemens ruraux a pour destination 1r° de rendre possible et profitable la culture des terres dans les années successives. Cette destination n’est complétement remplie que lorsqu'il fournit à l’établissement les engrais qui conviennent le mieux à la nature des Lerres et des cultures, que ces engrais sont en quantité suffisante et au niveau des besoins réglés d’après les principes raisonnés de l’agriculture, et enfin que ces engrais, dans les circonstances où on se trouve placé, reviennent au plus bas prix possible.
2° Assurer une production végétale plus abondante et consommer avantageusement wne partie des produits du sol. Nous savons que, malgré la fécondité d’une terre et des engrais qui sont destinés à la soutenir, il est généralement désavantageux d'exiger d’un sol, pendant plusieurs anneés de suite, qu'il produise les végétaux précieux qui servent à l’alimentation des hommes. Dans cet état de choses, on a trouvé que, pour ne pas interrompre le cercle de la production agricole, il fallait faire suivre une récolte épuisante de céréales par une ou plusieurs récoltes d’autres végétaux qui enlevent moins de richesse à la terre, l’ombragent plus complétement où permettent de l’ameublir et de la nettoyer. La plupart des plantes qui peuvent remplir ce but ne sont guère propres qu'à la nourriture des animaux; elles n’ont souvent qu’une faible valeur sur les marchés, et enfin elles sont nécessaires pour être converties en engrais qui doivent rétablir la fécondité de la terre. Les bestiaux sont, dans la plupart des cas, les instrumens de cette conversion, c’est -àdire qu’ils consomment ces plantes fourragères qui deviendraient bientôt un fardeau pour l’agriculteur, qu’ils les convertissent en fumier propre à entretenir la richesse du sol, et enfin qu'ils procurent, sur une étendue donnée, une production végétale plus abondante, plus certaine, plus variée et sans cesse renaissante.
Ce n’est pas tout encore; il existe souvent sur les domaines des produits spontanés de la nature, tels que l'herbe des pâturages ou même des produits qu’on doit à l’industrie de l’homme, qui ne sont pas susceptibles de donner un profit immédiat, soit parce que les frais de main-d'œuvre pour les récolter ou les transporter surpasseraient leur valeur vénale sur les marchés, soit parce que, par suite de leur abondance ou du peu d'industrie des populations on y attache peu de prix dans la localité. Dans cette situation, il faudrait renoncer à la jouissance de ces produits, si les bestiaux ne fournissaient les moyens de les transformer en d’autres produits d’une valeur plus élevée, plus recherchée et qu’il est plus aisé de mettre à la disposition des consommateurs.
Pour résumer en peu de mots ces 2 points principaux, nous dirons qu’en définitive les bestiaux peuvent être considérés comme des instrumens où mieux des machines qu’on fait
cuaPb. G°.
fonctionner dans l'établissement, auxquelles on fournit des matières 1" qui consistent en fourrages, racines ou autres substances, et qui les convertissent en produits variés dont les uns servent à entretenir la fécondité des terres et à assurer une production plus abondante, et les autres à fournir des recettes destinées à couvrir les frais qu’occasionnent les machines ou à payer les matières 1 qu’elles consomment.
Une manière aussi simple que la précédente d’envisager la production animale, mais qui se prète mieux aux divers calculs d'évaluation et dont nous avons donné une idée à la page 348, consiste à considérer les bestiaux comme de véritables consommateurs étrangers
ui achètent les fourrages de la ferme et don en échange des produits et avec lesquels il s’agit d’établir une balance pour diverses avances faites pour leur compte par l'entrepreneur. De cette manière il nes’agit
ue de connaitre le prix d'achat et de vente = diverses espèces de bestiaux, dans différentes conditions et à différens âges, dans la localité qu’on occupe, les frais annuels de leur entretien ainsi que leur consommation en fourrages ou autres alimens, et à établir un compte avec tous ces élémens. Les bestiaux dont le compte se balancera de la manière la plus avantageuse seront ceux auxquels l’administrateur accordera la préférence.
Dans cette méthode d’appréciation du produit des bêtes de rente, on ne s'occupe en
uelque sorte ni de l’espèce, ni de la race, ni des familles de bestiaux; on n’a point à examiner la qualité des produits ou leur abondance; il ne s’agit, en dernière analyse, que de connaître ceux qui procurent la plus grosse rentrée avec les moindres avances possibles dans les conditions où on se trouve placé.
Seulement nous supposons que l’administrateur est assez éclairé pour adapter en même temps les animaux aux exigences physiques de la localité et au système de culture qu'il adopte, et pour veiller à ce que les avantages que semblent promettre une certaine espèce de bestiaux soient permanens, c’est-à-direque ceux-ci ne dégénèrent pas au bout d’un certain temps par suite du climat, de la nature du terrain ou de la qualité de ses récoltes, et à ce que les produits des bêtes de rente aient un écoulement prompt et avantageux, au moins pendant un certain temps.
Il y a 2 méthodes principales pour balancer les comptes de la production animale, c’est-àdire pour comparer les frais qu’occasionnent l'entretien et l'éducation du bétail avec les recettes qu'il procure. Voici en quoi consiste chacune d’elles:
Dans la 1re méthode, on porte au débit du compte de la production animale la valeur des fourrages au prix des marchés , en ayant lattention de porter une somme égale à la précédente au crédit du compte de la production végétale, c’est-à-dire au compte des terres arables, des prairies, des pâturages et des fabriques agricoles qui ont fourni les alimens du bétail.
Cette méthode, comme on voit, suppose une vente des fourrages qui est purement ficuve et dont les conditions sont, en quelque sorte, arbitraires, parce que les prix des mar-