‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 394 sur 595 · DES BÊTES A LAINE · texte numérisé non relu

DES BÊTES A LAINE

Prix de vente des moutons gras à {6 fr. par tête. 1,600 »

Recette nette. 417 80

Déincion desfole né

Ce qui donne 4 fr. 20 c. pour le prix du quint. mét. de fourrages lorsque la viande maigre et grasse est aux prix supposés.

$ IV. — Des cochons.

Dans tous les établissemens ruraux, soit grands, soit petits, l’entretien des cochons est une chose presque indispensable, parce que les débris et résidus de la laiterie, de la cuisine et du jardin ne peuvent être employés d’une autre manière; mais il faut bien distinguer cela de la multiplication des cochons, cas dans lequel on leur fait consommer des alimens qui pourraient servir à la nourriture des bêtes à cornes ou à laine.

Si l’on calcule toutes choses, dit THAER, on trouvera qu'il est rarement avantageux d’élever des cochons dans les lieux où l’on doit les nourrir pendant l’hiver, avec de bons grains, et où en éte on n’a pas de pâturages convenables ou d’autres fourrages verts qui peuvent y suppléer. En revanche on y trouvera du profit dans les lieux où l’on cultive beaucoup de pommes de terre et de raves pour la nourriture du bétail ; ou bien ceux où parmiles céréales il ya beaucoup de mauvaises graines ou grains légers, et où l’on a pour l'été des pâturages marécageux et humides qui ne sont pas propres aux moutons. On en trouvera aussi dans les établissemens où il y a des laiteries considérabies dont on ne peut employer les résidus d’une manière plus profitable, et là où il y a des brasseries, des distilleries, surtout lorsqu’on n’y amène pas des contrées voisines des cochons à très bon marché, et qu’ainsi ceux qu’on élève peuvent être vendus facilement, maigres ou gras ; ou bien enfin quand on peut faire le commerce de viande salée et expédier du lard et des jambons dans l’étranger.

La nourriture et l’engraissement des cochons convient encore beaucoup dans les ex ploitations qui possèdent de grandes étendues de bois de chêne ou de hêtre dans lesquels ces animaux trouvent en automne une nourriture abondante très profitable sans exiger aucun soin.

1° Multiplication des cochons.

Nous supposons que le troupeau reproducteur se compose de 10 truies portières et d’un verrat, qu’il occupe un quart seulement de l’année un porcher et que les animaux produits sont propres à l’engrais à l’âge d'un an.

Avances capitales.

fr.

11 bêtes à 40 fr. $ . 440

Dépenses annuelles d'entretien du troupeau

reproducteur.

; fr. e.

a. Intérêts du capital à 6 p. 0/0. s . 26 40 6. Diminution de valeur par l’âge, 2 p. 0/0. . 8 80 c. Salaire et entretien du porcher; 1/4 seulement à la charge du troupeau reproducteur. 70 »

d. Logement à raison de 2 fr. 20 €. par tête. 24 20

Total à reporter, . : . 129 40

Report. 129 40 Dépenses pour les élèves.

Le produit moyen annuel est de 120 cochonneaux, en 2 portées, qui tètent pendant 6 semaines. Le prix de chacun est donc de 1 fr. 8 c. environ.

a. Salaire du porcher; 3/4 du salaire total, . 210 » b. Logement à 1 f. 50 c. par tête. : : 180 »

Total des dépenses annuelles, . 519 40

F ourrages consommés.

Les bêtes adultes consomment par jour au pälurage 2 kil. de foin, qu’on peut remplacer l'hiver par 4 kil. de pommes de terre; par jour 22 kil. de foin pour les 11 têtes et pour l'annee. 7 SON NRAT ELA £ 80 quin.met. 30

Chaque eleve recoit d'abord 1 kil., puis 3 kil.,en moyenne, 2 kil. de pommes deterre par jour. Pourles 120 têtes,

240 kil., et pour 323 jours, 775, 20 quin-

taux mét. équivalant en foin a. . . 387

Total des fourrages consommés.

Receltes annuelles.

fr. ec.

120 cochons d'un an a 20 fr. . . . . 2,400 »

À déduire les dépenses annuelles. . . . 519 40

Recette nette. MLD EN ZT CAS 1,880 60

I reste donc une recette de 4,880 fr. 60 c. pour payer le foin consommé, qui a été de 467,90 quint. mét. ou l'équivalent en pommes de terre, ce qui met le quint. à 4 fr. ou les pommes de terre à 2 fr. le quint.

2° Engraissement des cochons.

L'engraissement des cochons, comme spéculation, se tait avec les résidus de fabriques, les pommes de terre

et souvent les grains pour compléter le gras.

Les frais, dans cette hypothèse, sont les suivans :

a. Un cochon maigre de 3 ans en bon état, de taille

moyenne, pesant 52 kil. . te e 130% {TT b. 3 hectol. d'orge pour compléter l’engrais à bfr. st otre OS SN NET ES , c. Soins, logement, intérêts du capital pendant 100 jours, cuisson des alimens. . . 5 , Kotalides frais.» 41/N° 40-0050 * Un pareil cochon pèse alors 125 kil, à 60 c.

le EEE + « tONS OR Deduction des frais, . 50 , Reste pour payer la nourriture. . EE »

Cette nourriture se compose de 700 kilogr. de pommes de terre représentant 560 kilogr. de bon foin et 200 kilogr. de son, représentant 200 kilogr. environ de foin; en tout 5,60 quint. de foin, c'est-à-dire 4 fr. 47 c. par quint. mét. de foin consommé ou 2 fr. 77 c. le quint. d’alimens.

Un cochon engraissé avec le lait de beurre ou le pelit-'ait exige 36 à 40 lit. chaque jour et est gras én 80 jours. Aux prix ci-dessus, il paie le litre de lait aigre 8/10 de centime environ.

.. Suivant Taaër, 36 kilogr, de grain employés à l’engraissement des cochons, donnent 7 à 7 4/2 kilogr. de chair et de graisse qui, à 60 c. le kilogr. de viande, paient le grain à raison de 42 c. environ le kilogr.

M. Brocx admet, d'apres ses expériences propres, qu'un cochon de forte taille et adulte a besoin, pendant les 90 jours que dure l’engraissement, de :

Liv, Vii.

10 45 kil. de son de seigle, évalué en grain pour moitie,

CN CR ORNE 0 à 22 kil. 50

20 630 kil. de pommes de terre évalués en grains, à raison de 4 kil. pour 1 de grain. . 157 50 30:or88180 kil: 4. 2, OCR 180 » Total en grain, . . 360 »

D'après ‘es expériences de THAEn, ce cochon doit avoir acquis 70 à 75 kilogr. de chair et de graisse, et être du poids de 150 kilogr. s’il pesait maigre 70 kilogr., à peu près le même poids qu'il a acquis.

SECTION II. — De la quantité du bétail.

La seconde question qui reste à examiner par l’administrateur qui organise le service des bêtes de rente; c’est, après qu’il a déterminé l’espèce, la race ou la famille de bestiaux qui paiera au prix le plus élevé les fourrages qu’on lui fera censommer, de rechercher le nombre de têtes de bétail de l’espèce choisie dont il convient de garnir son établissement. l

Cette question se rattache très étroitement à la prospérité d’une exploitation rurale, et pour en sentir l'importance il suffit de se reporter au commencement de ce chapitre, où nous avons fait connaître le but qu’on doit se proposer dans l'entretien des bêtes de rente.

En effet, si les bestiaux sont destinés à fournir les engrais pour la culture du sol, ces animaux doivent être en quantité telle qu’on puisse, au moyen des fumiers qu’ils fournissent, rétablir la fécondité que les terres de la ferme perdent annuellement par la production agricole. Dans ce cas, il est alors indispensable de connaitre la masse annuelle des engrais dont on a besoin pour entretenir cette fécondité, et la quantité de fumier qu’on peut attendre d'une tête de bétail d’une certaine espèce et d’un certain poids dans le cours de l’année, deux sujets qui nous occuperont d’une manière toule spéciale dans ie chapitre suivant, où il sera traité des engrais dont nous avons jugé à propos de faire une branche particulière du service.

D'un autre côté, les bestiaux ayant encore pour destination de consommer avantageusement certains produits du sol, on conçoit qu'il serait peu conforme aux bons principes de l’économie rurale d'entretenir des troupeaux trop nombreux auxquels on ne pourrait donner une nourriture suffisante en toute saison, et qui, par conséquent, végéteraient sans avantage pour le maître, et qu’il ne le serait pas moins de prodiguer celle-ci à un nombre d'animaux trop faible pour la consommer utilement et chez qui la satiété engendrerait le dégoût, et par suite l’habitude de rejeter et de gaspiller une partie des alimens les moins délicats. Le but que doit se proposer en cette matière tout cultivateur intelligent, c’est donc de régler la quantité de son bétail de telle façon que la masse des matières alimentaires dont il disposera dans le cours de l’année, soit consommée de la manière la plus profitable pour lui, ou, en d’autres termes, qu'avec celte masse d’alimens il produise annuellement la plus grande quantité possible de lait, de viande, de graisse ou bien de laine d’une qualité déterminée.

cuar. G°.

Ainsi la question qui nous occupe se rattache au système de culture et d'aménagement qu’on adopte, à la quantité d'engrais dont on a besoin, à l'étendue des terres consacrées aux plantes fourragères et à la masse de matière alimentaire dont on pourra disposer, tous sujets liés entre eux, sur lesquels nous avons déjà appelé l'attention de nos lecteurs à la page 335 et suiv., et sur lesquels nous reviendrons nécessairement dans le chapitre qui traitera du choix d’un mode d'exploitation.

Plusieurs agronomes ont cherché des rè-

les d’une application facile pour déterminer a l’avance le nombre de têles de bétail dont on doit garnir une ferme. Nous avons déjà donné (p. 267, t. Ier), à l’article assolement, une règle de cette espèce proposée par M. More DE VINDÉ, et nous pourrions en citer plusieurs autres, mais nous croyons devoir nous borner à rapporter celles que nous trouvons dans le Manuel d'agriculture de M. Passr,

rofesseur à l’Institut agronomique d’Ho-

enheim.

« On comprend assez, dit-il, que le rapport du nombre des bestiaux à l’étendue d’une ferme doit être extrêmement variable, et qu’il est facile, par exemple, sur un établissement en sol de bonne qualité, au moyen de la stabulation permanente et d’un bon système de culture alterne, d'entretenir plus du double de bêtes de rente qu’on ne saurait le faire sur une ferme à culture triennale avec jachère morte et dans un sol médiocre. Dans toutes les exploitations où la culture des terres arables est la principale branche d'industrie et par conséquent où la majeure partie du domaine ne consiste pas en pâturages, il faut avoir égard aux règles suivantes.

« 1° On peut regarder comme un moyen terme, quand, sur 1 hect. 75 ares, on entretient en bon état de santé et de produit une tête de gros bétail d’un poids moyen ou l’équivalent en autres bestiaux.

20 Placer une tête de gros bétail sur 125 à 150 ares est déjà un poids un peu considérable et qui fait dominer l’éducation du bétail sur l’agriculture proprement dite. Si la surface chargée d’une tête est moindre encore et ne dépasse pas 1 hect., alors le fermier est plutôt un nourrisseur de bestiaux qu’un cultivateur. Cette dernière proportion, du reste, ne peut être réalisée que sur des fonds excellens et de {re qualité.

3° Une tête de gros bétail, pour 2 hect. ou 2 hect. 50 ares, est l'indice d’un sol pauvre ou d’un système agricole mal entendu et annonce un établissement dirigé sans habileté.

On trouve au reste, dans les pays riches et industrieux, de nombreuses exceptions aux règles établies par les agronomes, même dans des cas où la culture des terres forme la principale branche des établissemens, et, pour n’en citer qu’un exemple, nous rappellerons que dans cs relation de son voyage agronomique, entrepris en 1834 dans le nord de la France, M. Mozz, professeur à Roville, fait mention d’un cultivateur de l'arrondissement d'Yvetot (Seine-Inférieure) qui, sur 52 hect. de terre dans lesquelles il n’y a pas de prés, tient 300 moutons, 8 à 10 vaches à l’engrais, 3 vaches laitières, 4 chevaux pour la ferme, au-

AGRICULTURE

DE LA QUANTITÉ DE BÉTAIL

tant pour son service particulier et celui de sa famille, et 2 poulains. « C’est, ajoute-t-il, une des plus fortes proportions que je connaisse et qui dépasse ce qu'on nomme l’état normal, c’est-à-dire une tête de bétail ou l'équivalent en autres bestiaux par hect. de terre. En effet, en comptant que 8 moutons au plus, à cause de leur taille et de l’abondance de leur nourriture, équivalent à une vache, et que 4 chevaux équivalent à 3 vaches pour les fumiers, on aurait 56 à 58 têtes de gros bétailsur 52 hect. de superficie, dans lesquels est comprise la place des bâtimens, des plantations. des chemins et des fossés, espace que l’on ne peut évaluer à moins de 2 hect. Cette proportion de bétail aux terres n’est pas généralement aussi forte dans le pays de Caux, mais elle s’en rapproche. »

Les règles proposées par les agronomes peuvent bien donner une idée approximative de la proportion du bétail aux terres; mais on sent qu’elles manquent de précision par leur généralité même, et que, déieurs) elles ne

araissent pas suffisamment tenir compte de a qualité des terres, de leur mode de culture et d'aménagement, de la taille ou mieux du poids des bestiaux où des matières alimentaires qu’un cultivateur pourrait se procurer au dehors. Nous croyons donc, pour résoudre la question qui nous occupe, devoir proposer une méthode qui semble comporter une précision plus grande et tenir compte de toutes les circonstances qui peuvent se présenter dans l’exploitation d’un domaine; seulement, avant de la faire connaître, nous nous occuperons en peu de mots de la taille que doivent avoir les bestiaux ; puis nous établirons une comparaison entre la faculté nutritive des différentes substances alimentaires qui servent le plus communément à la nourriture des bestiaux; et, enfin, nous chercherons à acquérir des notions sur la quantité ou le volume de ces substances qui sont nécessaires, suivant le but, pour l’entretien des diverses espèces de bestiaux.

6 Ier. — De la taille des bestiaux.

Nous n’entendons pas par l'expression taille des bestiaux les dimensions en hauteur seulement des animaux, mais bien leur corpulence ou le volume de leur corps, qui est, la plupart du temps, proportionnel à leur taille. ou mieux leur poids,qui est dans un rapport à peu près constant avec leur volume.

La taille des bestiaux, disent les agronomes ne doit jamais être supérieure à celle que les püturages dont on dispose peuvent entretenir dans un état de force, d'embonpoint ou de produit : mais les bestiaux ne sont pas toujours nourris sur les pâturages, et il serait peut-être plus exact de dire que la taille des bestiaux doit être proportionnée à la quantité et surtout à la qualité des alimens qu'on leur destine.

Sir John SINCLAIR, qui à résumé avec Sa Sagacité ordinaire, les débats qui se sont élevés à l’occasion de la taille des bestiaux, s'exprime ainsi sur ce sujet dans lequel il a surtout en vue la nourriture au pâturage:

« Avant les améliorations introduites par BAkEWELL, On ne jugeait de la valeur d'un animal que par son volume; si on parvenail a

tsoME IV.— 59

obtenir une taille considérable, on faisait pins d'attention à la somme qu’on obtenait de la bête qu’au prix qu'avait coûté sa nourriture. Depuis aue jes éleveurs ont commencé à cal-

culer avec plus de précision, les animaux de |

petite taille ou de taille moyenne ont été généralement préférés par les raisons suivantes:

« 1° Les animaux de petite taille sont d’un entretien plus facile; ils prospèrent sur des pàturages à herbe courte, où ils s’entretiennent

bien, tandis que des bêtes de plus forte taille |

pourraient difficilement y exister; 2° leur viande a un grain plus fin, plus de sue, ordinairement une meilleure saveur et la graisse est mieux mélangée dans la chair; 3° un animal d’un grand poids convient moins pour la consommation générale que celui d’une taille moyenne, surtout dans les temps chauds; 4° les gros animaux plombent le sol des pâturages plus que es petits; 5 ils ne sont pas aussi actifs, exigent plus de repos,recueillent leur nourriture avec plus de peine et ne consomment que les espèces de plantes de la meilleure qualité; 6 les petites vaches des véritables races de laiterie donnent proportionneliement plus de lait que les grandes (1); 7° les bœufs de petite taille peuvent être uniquement engraissés à la pâture, même sur des pâturages de médiocre qualité, tandis que les grands exigent les pâtures les plus riches ou l’engraissement d’étable dont la dépense diminue les profits du cultivateur ; & ilest plus facile de se procurer des bestiaux des formes les plus convenables à l’engraissement dans les petites races que dans les grandes ; 9° les bestiaux de petite taille peuvent être nourris par les cultivateurs qui ne pourraient faire la dépense d’achat ou d’entretien de bestiaux de grande taille, et, s’il arrive un accident, la >erte est bien plus facile à supporter; 10° les bêtes de petite taille se vendent mieux, car les bouchers savent très bien qu’il y a propor- . tionnellement plus de parties qui se vendent à un prix élevé dans un petit bœuf que dans un grand.

« D'un autre côtéonadit, en faveur des bêtes de grande taille, 1° que sans chercher si un bœuf de grande taille a consommé proportionnellement à sa taille, depuis sa naissance jusqu’à ce qu'il soit livré au boucher, plus qu’un petit, il est certain qu’il paie tout aussi bien sa nourriture à celui qui l’a acheté pour l’engraisser ; 2° que, quoiqu'on rencontre des bœufs de grande taille dont la viande a le grain

rossier, 1l y a cependant des races de grands eut dont la viande est aussi délicate que celle des bœufs de petite taille; 3° que si les bœufs de petite race conviennent mieux pour la consommation des familles, des villages ou des petites villes, les bœufs de grande taille ont toujours la préférence sur les marchés des grandes villes et particulièrement de la capitale; 4 que, s’il est vrai que la viande des bœufs de petite taille est de meilleure qualité pour être consommée fraiche, il est incontestable que la chair des grands bœufs convient mieux pour les salaisons et les voyages de long cours; 5° que les cuirs des grands bœufs sont nécessaires dans beaucoup de manufac-

Liv. vil.

tures; 6° que les bestianx de grandes races sont généralement d’une disposition plus tranquille; T° que, lorsque ies pdtures sont de bonne qualité, le bétail à cornes et les bétes à laine y augmentent de taille, sans aucun soin de la part de ‘’éleveur. Les grandes races con-

| viennent donc naturellement mieux aux pà-

turages de cette espèce; 5° enfin, que l’art d’engraisser le bétail avec des Wien, Cou taines fabriques ayant reçu beaucoup d'extension et de perfectionnement, les avantages de cette méthode s'appliquent plus particulièrement à des bêtes de grande taille, attendu que les petits bœufs s’engraissent aussi bien avec de l'herbe et des racines fourragères.

« Tels sont, ajoute SINCLAR, les argumens qu'on emploie pour soutenir les 2 opinions onposées, et li est évident par là que les avantages de l’un ou de l’autre système dépendent beaucoup de la qualité des pâturages, du mode de consommation, de la demande sur les marchés, etc. Cependant, nous le répétons, les éleveurs intelligens, à moins que leurs pâturages ne soient d’une richesse parliculière et qu’ils ne se trouvent dans une situalion toute spéciale, donnent aujourd’hui la préférence aux bestiaux de taille moyenne ou même de petite taille sur ceux de haute stature et de forte corpulence.

$ II. — De la valeur nutritive des substances alimentaires,

L'expérience journalière a prouvé depuis long-temñns que tontes les substances alimentaires qu’on fait consommer aux bestianx ne possédaient pas, à poids égauæ, la même faculté nutritive, et que les unes, telles que le grain des céréales, le foin de 1r° qualité ad prairies naturelles, les graines des légumineuses et les plantes feuillées dont on compose les prairies artificielles, surtout quand ces produits ont végété sur des sols riches et chauds, possédaient à cet égard une grande intensité d’aclion ; tandis que les autrés. comme les pommes de terre, les betteraves, les choux, les pailles, etc., en jouissaient à un moindre de-

ré.

d On conçoit combien il est intéressant, dans un établissement rural de pouvoir déterminer quelle quantilé de substance peut remplacer, dans la nutrition, une quantilé déterminée d'autres substances, ou dans quelle proportion chacune de ces substances peut contribuer à la nutrition des animaux, relativement au poids dans lequel on l’emploie. Malheureusement il règne encore sur ce sujet une obscurité assez profonde, qui ne pourrait être complétement éclaircie que par des expériences comparatives faites avec soin et poursuivies pendant long-temps. Néanmoins, mous allons essayer de faire connaître les travaux les plus remarquables qui ont été entrepris depuis quelque temps sur cette intéressante matière.

Pour comparer les diverses substances qui servent à la nourriture du bétail sous le rapport de leurs propriétés nutritives, on est convenu généralement de les rapporter à une d’elles, qui sert de dénominateur commun et dont la valeur est prise pour unité. La substance

(4) Ce fait ne parait pas bien exact, ainsi qu'on peut le coustater par ce qui a été dit au tom. LL, p. 59.

CHAP. Ge.

dont on a fait choix est le foin de prairie naturelle de 1r° qualité. Ainsi, quand on dit que les pommes de terre ont 200 pour valeur nutritive, cela signifie qu'il en faut 200 parties en poids pour remplacer 100 de foin sec de

rairie et qu’elles ne possèdent que la moitié he la valeur du foin sous ce rapport, ou, en d’autres termes, que, pour soutenir a même énergie vitale d’un animal ou pour que ses organes digestifs trouvent une même quantité de matière He Get il faut un poids de pommes de terre double de celui du foin.

Plusieurs chimistes, et entre autres EINHOFF, H. Davy, SHRENGEL se sont occupés de rechercher, par l’analyse chimique, la quantité de parties nutritives que contiennent diverses substances alimentaires. Ces recherches ont jeté peu de lumière sur celle question et fourni peu de documens pour les applications pratiques; cependant, comme ces travaux, rapprochés des expériences et des observations des praticiens peuvent leur servir de contrôle, il serait important, pour ceux qui s’occuperaient d'expériences sur cette branche intéressante des sciences agricoles, de les consulter et d’en faire la comparaison.

Les agronomes praticiens ont à leur tour dressé des tableaux de la valeur nutritive des diverses substances alimentaires destinées au bétail, les uns en s’appuyant en partie sur l'analyse chimique et en partie sur l'expérience, les autres, en partant de cette dernière base seulement. Les résuliats auxquels les uns et les autres sont parvenus sont loin d’être d'accord entre eux, et, dans l'impossibilité où nous sommes de pouvoir déterminer le degré de confiance que ces résultats méritent, nous avons préféré présenter en un seul tableau les nombres auxquels chaque agronome s’est arrété en faisant suivre le tableau de quelques remarques sur la manière dont ces nombres ont été obtenus. Seulement, nous rappellerons que dans la plupart des cas les expérimentateurs ne paraissent pas avoir tenu compte d’une circonstance observée depuis long-temps et dans tous les lieux, c’estque les alimens frais et verts pris en certaine quantité fournisseni plus de lait que cette même quantité d’alimens pris à l’état sec, et qu'au contraire, sous ce dernier état ils paraissent plus propres à donner de la graisse où à soutenir l'énergie musculaire dans le travail; en un mot, qu'ils n’ont pas eu égard à l’état de dessiccation des alimens sur l’abondance ou la nature des produits ou la quantité du travail.

On serait peut être tenté de prendre une moyenue-entre tous ces resultats, comme exprimant avec plus d’exactitude la valeur nuiritive comparative des diverses substances alimentaires, mais nous pensons que par cetle méthode on ne parviendrait qu’imparfaitement au but désiré, parce que, comme nous venons de le dire, les expérimentaleurs ne sont pas tous partis de la même base et n’ont pas été guidés par les mêmes principes; nous croyons qu'il serait préférable de faire choix des résultats des divers. agronomes qui se rapprochent entre eux et quand ces résultats vont pas été empruntés les uns aux autres.

DE LA QUANTITÉ DE BETAIL

Tableau des rapports de la valeur nutritive de diverses substances alimentaires comparées à 100 kil. de foin de prairie naturelle de 1° qualité.

- RAPPORTS INOMS er ÉTAT

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