‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 402 sur 595 · DE L'ORGANISATION DU SERVICE DES ENGRAIS · texte numérisé non relu

DE L'ORGANISATION DU SERVICE DES ENGRAIS

de la fécondité de ses terres, ne nous occuperont pas ici, parce que la plupart du temps on peut les acquérir à prix d'argent ou au moyen de quelques travaux mécaniques, et qu'il ne s’agit que de faire choix de celles qui sont le mieux adaptées à la nature du sol et au prix le plus modéré.

Ce qui nous intéresse pour le moment, ce sont les engrais ou débris divers des animaux et des végétaux, dont la décomposition fournit les élémens de la nutrition des plantes; encore, ne nous appliquerons-nous pas à diriger la récolte ou l’emploi des différens engrais qu'on tire des 2 règnes, parce que nous sommes entrés à cet égard, dans le tom. Er, p.87, dans tous les détails que comporte celte ma-

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tière, et que nous avons même fait connaître aux pag. 111 et 112 leur valeur comparative.

Dans ce chapitre, nous nous proposons seulement de traiter, sous un point de vue général, de Pemploi et de la production desengraismixtes, désignés plus particulièrement sous ‘e nom de fumiers, qu’on est généralement o»ligé de produire sur la ferme même,au moyen des machines ou instrumens que nous avons nommés bétes de rente, et qui sont les résidus des substances végétales que ces animaux ont consommées comme alimens, et de leurs boissons unies à quelques autres matieres qui leur ont servi de litière.

Les fumiers que produisent les animaux domestiques qu’on entretient sur les établissemens ruraux diffèrent par leur nature et par leur action sur la végétation suivant l’espèce des animaux. En outre, on remarque dans leur effet, même dans une seule et même espèce, bien d’autres différences, dues tantôt à la qualité plus ou moins nutritive des alimens, à leur abondance, à l’âge des sujets, à leur condition hygiénique, à l’état de solidité ou de fluidité des déjections, aux matières sur lesquelles on recoit celles-ci, à l’état de macération ou de décomposition dans lesquelles on applique ces fumiers, etc. Ces variations infinies pouvant difficilement être prises en considération quand il s’agit de principes généraux d'administration, nous nous proposons, dans les questions diverses qui vont faire l’objet de ce chapitre, d'appliquer la plupart de nos raisonnemens à un fumier normal qui servira de type ou mesure pour les autres fumiers sous différens états.

Ce fumier normal est un fumier de bêtes à cornes saines et en bon état, nourries à l’étableavec abondance, avec des alimens de bonne qualité en partie secs et en partie verts, et recevant une quantité suffisante de litière pour absorber toutes les déjections. Ce fumier, au moment où on le répand sur les terres auxquelles il doit rendre la fécondité, a éprouvé non pas une fermentation prolongée, qui a volatilisé une grande partie des principes qu’il contenait, mais plutôt une macération qui lui a donné un aspect gras, qui en a amolli et aplati toutes les pailles et rendu toutes les parties homogènes. Dans cet état moyen d’humidité, le fumier, quand c’est la paille qui a servi de litière, doit peser de 730 à 760 kilogr. le mèt. cube (50 à 60 Liv. le pi. cube), sous la pression qu'il éprouverait dans une charrette où on le chargerait pour le transporter aux champs.

Ordinairement la quantité de fumier qu’on transporte est calculée par charges ou chars à 4 ou à 2 chevaux; quelquefois aussi par chariots à 1 cheval. La charge d’un char attelé de 4 chevaux est de 40 pi. cubes de fumier normal ou de 1000 kilogr., et celle d'un char à 2 chevaux de 25 pi. cubes ou de 625 kilogr. Au reste, rien n’est plus incertain que la quantité de fumier qu'on charge sur des chariots ou charrettes ; celle-ci dépend de la force des bétes de trait, de l'habitude et du soin qu'on met à charger, de la saison, de l’état des chemins et de l'éloignement; mais nous nous en référerons toujours aux chiffres ci-dessus toutes les fois que nous aurons l’occasion de mesurer les engrais par char de fumier.

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