LIV. VIL
que leurs élémens puissent servir à la nutrition des végétaux; il s'ensuit que le degré de fécondité qu’on communique à des terres par une fumure donnée en même quantité avec un fumier de même espèce et qualité et dans un même système de culture et d’aménagement est loin d’être le même. [l ya plus; il est impossible, sans porter préjudice à la végétation des plantes précieuses, de donner aux terres une quantité d'engrais supérieure à leur puissance ou à celle qu’elle peuvent élaborer pour la nutrition de ces végétaux ou que ceux-ci doivent s’assimiler dans un temps
| donné pour remplir le but de leur cu'ture.
Ainsi, tout le monde sait que, dans les terres actives où on depose une trop grande quantité d'engrais, les céréales prennent en hauteur un développement trop considérable et qu’elles versent, et il n’est pas d’agriculteur qui ne sache que, dans les sols légers et sablonneux, ilest bien plus profitable d'employer le fumier en doses plus petites et plus fréquemmeni répétées. Cette différence est encore accrue par le climat, l'exposition, divers phénomènes physiques, le mode de culture et d'aménagement, circonstances dont il est très difficile de tenir compte quand on traite d’une manière générale le sujet qui nous occupe.
On comprend néanmoiïns, d’après ce qui précède, les principes qui doivent servir de guide toutes les fois ins s’agit de déterminer les époques auxquelles il convient de renouveler les fumures sur une terre quelconque et la quantité de fumier qu’il est nécessaire de lui donner.
Eu règle générale, on doit renouveler la fumure assez souvent pour que la fécondité naturelle du sol ne descende jamais au-dessous du degré qu’elle a déjà atteint, et souvent même fixer le point d’arrêt de façon que la richesse s’accroisse graduellement jusqu’à la limite que comporte la puissance ou l’activité du sol.
De même, on doit fumer en quantité suffisante,non-seulement pour conserver au moins à la terre sun degré de fécondité naturelle, mais en outre pour faire l'emploi le plus utile et le plus économique de la force du fumier, c’est-à-dire que le fumier doit être en quantité proportionnée à celle que la puissance du sol, aidée par un mode raisonné de culture, peut utilement décomposer et élaborer successivement pour la nutrition parfaite et le développemert complet des végétaux utilés qu’on cultive.
Les céréales étant les produits cuitivés les plus précieux pour l’homme, et leur produit étant, avec un bon mode de culture, dans un rapport direct avec la fécondité du sol, c’est leur production qui sert à mesurer la richesse ou l’épuisement des terres.
Ce serait ici le lieu de montrer comment on peut parvenir, par les principes de l’agropométrie, à déterminer la quantité de richesse qu'il convient de donner aux terres de diverses puissances pour obtenir divers résultats ou comment on mesure son épuisement par des récoltes successives ou des culiures variées; mais ceite partie de la science est encore trop compliquée et trop incertaine pour qu’on puisse la développer dans un ou-
yrage de la nature de celui-ci; aussi nous bornerons-nous aux aperçus généraux précédens pour passer à des théories plus simples et d’une application plus facile. \
Les terres arables, sous le rapport de la fécondité, offrent des différences si considérables que, pour ne pas entrer dans des détails trop étendus, on a été contraint, toutes les fois qu'on veut s'occuper de leur culture d’une manière un peu générale, de les classer en un certain nombre de groupes naturels, en laissant à l’intelligence du cultivateur le soin d'apprécier les nuances qui séparent chaque groupe et de modifier en conséquence les applications. M. de WuLFFEN, eD s’appuyant sur l’expérience des agriculteurs et sur les principes de l’agronométrie, à laquelle il a fait faire d’importans progrès, a, dans un ouvrage publié depuis peu d'années (1), cherché à classer les terres et à évaluer la quantité d'engrais qu’elles réclament, en tenant compte des différences principales qu’elles présentent sous le rapport de la puissance et de la richesse, et à présenter une théorie simple pour conserver celle-ci ou l’accroître. Voici «es bases de sa classification des terres, qu’il rartage en sols riches, moyens ei pauvres :
1° On doit considérer selon lui comme un sol riche celui qui, dans une récolte de céréales, fournit une quantité de paille telle qu’ajoutée à une quantité de foin égale en poids au grain qu’elle a donné, le tout transformé en fumier soit plus que suffisant pour réparer la richesse enlevée à la terre par cette récolte de grain.
Ainsi, supposons une terre à froment qui dans une année moyenne produit par hectare, après la fumure, 24 hectolitres de froment et 48,64 quint. mél de paille ; que le grain ait atteint sa maturité complèle , qu’il ne soit attaqué ni par la rouille, ni la carie, ni infecté de mauvaises herbes, et que ce grain et la paille aient acquis tout leur développement ; dans ce cas, en admeltant que le froment pèse 76 kil. l’hectolitre, on
aura pour les 24 hect. . . . . . . 1,824 kil. ES CU CUS ET EC OV 45568 Autulal = : 7. B68S
Ainsi, en remplaçant le grain par un égal poids de foin, on aurait 6.688 kil. de fourrages pour réparer la richesse du sol. Or, cette quantité transformée en fumier en fournira 16,720 kil. (en la multipliant par 2,6 suivant M. de Wurrrex), ou environ 167 quint. métriq., landis que suivant notre auteur 400 quintaux suffisent dans ce terrain pour obtenir 3 récoltes de grain , c'est-à-dire que chaque récolte n’y consomme que 133 quint. Ce terrain est donc un sol riche dans l’acception que M. de Wozrrex attache à ce mot.
2° Un sol moyen est celui dans lequel la paille produite, ajoutée à une quantitéde foin égale au poids äu grain, fournit un poids de fumier suffisant pour réparer la portion de richesse que la récolte à enlevée à la terre,
Aiusi, en supposant qu’une terre à besoin de 360 quint, mét. de fumier par hectare pour produire 3 récoltes de céréales, c’est-à-dire que chaque récolte consomme 120 quintaux, et que cette terre donne 20 hect.
dE LTOMENT DENT... . . . . : 1,520 kil.
Et 38,20 quint. de paille. . . . . 3,820 On aura au total. . . 8,340