‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 405 sur 595 · DE LA CONSOMMATION DES ENGRAIS · texte numérisé non relu

DE LA CONSOMMATION DES ENGRAIS

En remplaçant le grain par un poids égal de foin on a donc 8,340 kil. qui, transformés en fumier, doivent (en multipliant par 2,8), en donner 12,350 kil., on à peu près 123 quint. mét. Le terrain en question appartient donc à un sol moyen.

5° Le sol pauvre est celui dans lequel la paille récoltée et l'équivalent pondéral en foin du grain produit ne suffisent plus pour entretenir la fécondité de la terre quand on les transforme en fumier. Ce sol est partagé en sol chaud et en sol froid, ou mieux en sol acnfet en sol paresseux.

Par exemple, il est facile de calculer qu'un terrain qui exigerait 300 quint. mét. de fumier pour donner 3 récoltes de grain, et qui ue produirait que 12 hect., seraitun sol pauvre dans l'acception attachée ici à ce mot.

En admeltant cette division des terres par M. de WuzrFen, on peut évaluer les fumures d’après les rè, gles générales suivantes, en s'occupant en 1° lieu du sol moyen qu’on peut considérer comme un terrain propre à servir aux autres de lerme de comparaison.

À. Sol moyen. — a. Dans ce sol la fumure est régelée suivant le pius ou moins d'activité etde puissance ; celui qui est actif a besoin d’une fumure plus fréquente et moins abondante, et celui qui ne l'est pas autant d’une fumure plus abondante et moins répétée. Il convient rarement au sol moyen de fumer pius souvent que tous les 3 ans, et encore moins est-il convenable de prolonger au delà de 6 ans le retour de la fumure, à moins qu’on intercale dans la rotation des plantes fourragères vivaces. — 2. Lorsqu'on veut obtenir de suite deux récoltes de plantes épuisantes ( céréales, pommes de terre, betterave, lin, colza, navette, cameline, tabac, cardère, etc, ) sur une fumure , assurer leur succès el conserver la fécondité naturelle du so!, il faut fumer à raison de 280 quint. mét. de fumier normal par hectare, — c. Si entre ces 2 récoltes on‘intercale une récolte peu épuisante adaptée à la fécondité du sol (les légumineuses, le sarrasin, etc. ), la fumure n’a besoin que d'être 174 plus {orte que la fumure normale, ou 550 quint. mér.; st la culture intercalaire est reposante (spergule, légumineuses, sarrasin, fauchés en vert, elc.), cette addition est inutile. — d. Sion faisait succéder 3 cultures épui santes à la fumure, celle-ci aurait besoin d’être portée à 400 quint. et même à 460 ou 480 quint. si l'une de ces cultures était trés épuisante (maïs, chanvre, garance, pavot, etc.) — €. Si on intercale une culture annuelle fertilisante et appropriée au sol (trèfle, sainloin, etc. ), la richesse qu'elle communique au sol peut être évaluée à la moitié de la fumure normale ou 140 quint., si toutefois le sol était en bon état avant l'intercalation. — f. Quand on iatercale une culure fertilisante de plantes vivaces (luzerne, graminées, fourragères, etc.), la richesse qu'elle procure au sol peut être évaluée à une fumure normale de 280 quint. , ou comme propre à produire 2 ou 3 récolles épuisantes , suivant le temps que les plantes auront végété sur le sol. — g. Enfin, si cn intercale une jachere compl te, celle-ci enrichira le sol de 30 p. 0/0 d'une fumure normale, ou comme 80 à 90 qui nt.de fumier suivant la cohésion ou la propreté du sol.

Ces quantités de fumier peuvent être modifiées ü'après diverses circonstances et suivant qu’on veut donner une famure faible, ordinaire ou moyenne, ou une fumure forte à la terre. Avec du fumier normal, la fumure normale et moyenne varie de 240 à 5320 quint., terme moyen 280. On appelle fumure faible ou demie fumure celle où on ne donne que 120 à 180 quiniaux, et fumure forte celle où l’on répand de 340 à 500 quintaux.

{4) Premiers élémens de statique agricole. Magdebourg, 1830, in-&°,

Quand le fumier est pailleux, sec, non aplati ni macéré , on doit en employer davantage, et en raison inverse de son poids comparé à celui du fumier normal.

Un bon fumier de bêtes à laine doit être répandu dans la proportion de 1/3 de moins environ (Tuaer dit un quart ). Le purin employé à raison de 40 à 60 charges de cheval de 20 pi. cubes chacune, équivaut à 100 quint. de fumier normal. Le pacage pendant une nuit de 480 à 200 moutons bien portanset de taille moyenne, sur 2 ares 50 centiares (72 à 80 moutonsparare), équivaut à une demie fumure normale. Un engrais vert ou une récolte de plantes enfouies en vert a une action fertilisante qui varie suivant les circonstances, mais qu'on peut évaluer en moyenne à 80 ou 400 quint. de fumier normal par hect., et dans les cas les plus favorables à 120 et même 140 quint.

B. Sol riche. Dans ce sol, il parait convenable de douner , dans lesmêmes circonstances, au moins la mème quantité de fumier qu'au sol moyen,et ilestsouvent mème nécessaire d'en augmenter les doses. Il n'y a guère que ls sols qui possèdent une richesseextraordinaire et qui font partie de cette catégorie, auxquels on puisse, si on nc leur demande que des récoltes ordinaires, diminuer la proportion des engrais. Dans ces terrains il parait conforme aux principes de fumer fortement, puis d’en tirer une récolte trés épuisante ou d’y cultiver des plantes qui consomment une forte proportion de la richesse du sol et paient largement les frais de fumure, et après celle-là de leur faire produire encore plusieurs récoltes épuisantes.

C. Sol pauvre. Les sols pauvres se partagent,comme nous l'avons dit, en 2 classes qu'on ne doit pas traiter de la même manière.

1° Les sols pauvres et chauds doivent être dirigés d’après les principes qui suivent. — a. Après une fumure on ne doit jamais en exiger de suite plus de 2 récoltes épuisantes, — b. Cette fumure pour ces 2 récoltes doit être, en moyenne, la même que celle qu’on donne aux sols moyens (280 quint. de fumier normal par hectare), lorsqu'on veut porter la terre au plus haut degré de fécondité qu’elle puisse atteindre. Rarement ce terrain supporte cette quantité d'engrais et la plupart du temps il faut se contenter de Jui donner 240 quint. pour 2 récoltes épuisantes, mais sans espérer, dans ce cas, en accroître la fécondité. — c. Dans les sols inférieurs de cette division, il est constamment préférable de ne donner qu'une demie fumure et de n'exiger ensuite qu’une récolte épuisante, ou bien une fumure normale qu'on fait suivre d’une culture épuisante , à laquelle succède une culture fertilisante (ordinairement dans ce terrain un pâturage); puis une 2° culture de plantes épuisantes. — d. L'accroissement de richesse dans ce sol dù à l’intercalation d’une culture fertilisante dépend du degré de richesse qu’il possède déjà et de sa qualité; on peut l’évaluer de 120 à 240 quint. de fumier par hectare. — e. Une jachère complète convient rarement à ce sol; une jachere d’automne, après le pâturage, réussit mieux; celui-ci et la jachère peuvent enrichir le sol dans la plupart des cas comme une demie fumure normale, ou 120 à 140 quint.

20 Les sols pauvres et froids qui sont dépourvus d’activité donnent lieu enfin aux observations suivantes, — a. Dans ce sol qui comporte une forte fumure en une seule fois, mais qu'on n’est pas loujours en mesure de lui donner, la fumure normale est de 360 à 400 quint. de fumier normal par hectare our 5 récoltes épuisantes, ou de 440 à 480 pour 4 récoltes de ce genre, — b. Il est de règle d’intercaler entre ces 3 ou 4 cultures épuisanies une récolte qui repose ou enrichisse le sol, ou une jachère complète. — c. Cette dernière peut être évaluée à 100 ou 120 quint. de fu-

LAV. VII

mier normal par hectare, suivant que le sol est plus ou moins froid ou cohérent. — d, La richesse que le sol acquiert par une culture fertilisante est, comme dans la division précédente, très diverse et peut être estimée entre 120 et 140 quint., et quelquefois plus encore, — e. Selon les AR l’écobuage peut être mis en usage dans ce sol avec beaucoup d'avanlage et procurer une importante économie de fumier.

Il est bien entendu que, lorsqu'on a déterminé la fumure normale qui convient à un sol pour un certain nombre de récoltes épuisantes, l’accroissement de richesse que les cultures intercalaires de plantes fertilisantes ou la jachère complète procurent à la terre doivent venir en déduction de cette fumure proportionnellement à la richesse qu'elles lui rendent.

Lorsque nous nous sommes occupés de l'estimation des domaines ruraux, nous avons, dans le paragraphe relatif au mode de culture applicable aux terres arables comme base del’évaluation de leur produit(p. 555), adopté, d’après M. Kreissic, quelques principes sénéraux qu’il est peut-être utile de rappeler ici, au moins en ce qui concerne la consommation des engrais.

Nous sommes d’abord partis du principe que 5 récoltes de céréales bien développées, moissonnées à l'état de maturité et produites avec l'abondance que comportent les circonstances ordinaires , dans une terre en bon état, épuisaient la richesse communiquée au sol par une fumure en bon fumier d’étable donnée en une ou plusieurs fois en quantité convenable; que ce rapport entre la fumure, la production des grains et l’épuisement du sol paraissait être la combinaison la plus propre à faire obtenir le produit net le plus élevé. Nous avons ajouté qu’il fallait tenir compte dans l’établissement de ce rapport de la richesse que le sol acquiert par les années de pâturage ou par la décomposition des chaumes et racines de certaines récoltes intercalaires, ou à la portion de richesse qui peut lui être enlevée par des récoltes de plantes ou racines fourragères; que le fumier frais et non macéré, qui n'est pas propre à la production des grains farineux, pouvait donner une 4'e récolte de plantes fourragères qu’on fauchait en vert sans que la terre y perdit rien de sa faculté de produire du grain ; et enfin, que 4 pi. cube de bon fumier d’étable, obtenu de la consommation des pailles et fourrages, restituait à la terre autant de richesse que lui en avait enlevé 1,870 gram. de grains avec leur paille, en sus de la semence.

Malheureusement l'estimable auteur auquel nous avons emprunté ces détails n’a pas fait connaître l'état dans lequel se trouvait le fumier dans les expériences qui ont servi de base à ces règles de pratique ou le poids du pi.cube du fumier sur lequel reposent en partie les évaluations. Néanmoins comme, selon lui, il faut, pour obtenir le produit net le plus considérable, appliquer le fumier avant qu’il ait subi une macération aux plantes qui peuvent en cet élat y trouver un aliment, telles que des récoltes fauchées en vert ou des pommes de terre, nous devons supposer que celui dont il conseille l’usage est un fumier de bêtes à cornes de bonne qualité, non consommé, mais à l’état frais, et par conséquent ne pesant pas au - delà de 20 à 22 kilogr. le pi. cube. En évaluant d’après les régles posées dans ledit paragraphe la richesse communiquée au sol par l’enfouissement des racines de trèfle, nous voyons, dans le tableau de la page 540, que les quantités d'engrais qu’il propose dedonner parhect. pour 3 récoltes de grains, dans le système de la stabulation permanente et celui du päturage, aux terres de différentes espèces ct classes, sont en quint. mét. les suivantes ;

cnaPr. 7°.

STARULATION

| permanente, | rATURA GR»

Terres à froment. |" quint met. quint, mét.

ire classe . . el 684 784 2e — | 548 628

A : « Terres à seigle. . NT Monet UE , à « 580 660 = à 332 660 M LS 7. av00 380 LE SPRNEE 300 50e Terres à céréales de printemps.

1re classe. Ent ME 220 43e ue à SAONE 180 340 NE SNETEE " . 180 280 ET de ee Bo 100

SEecTion II. — De la production des engrais.

Après avoir examiné dans le paragraphe précédent quelle est, dans les cas ordinaires, la quantité de fumier qu’il convient de donner aux terres de diverses qualités ou appartenant à des classes diverses, afin de faciliter le calcul de la consommation des engrais dans les établissemens ruraux, il s’agit maintenant de déterminer comment on peut parvenir à produire cette quantité de fumier ou à mettre la production des engrais au niveau de cette consommation.

Dans les considérations où nous allons entrer, nous supposerons qu'on est placé dans la situation la plus défavorable, c’est-à-dire

won ne peut se procurer des fumiers au

ehors et qu’on est obligé de les produire soi-même sur la ferme. Dans ce cas, il ne faut compter que sur ses animaux de trait et sur ses bêtes de rente, qui sont les vrais producteurs des engrais et qui les produisent à un prix d’autant plus modique qu'ils paient à un taux plus élevé les fourrages qu'on leur fait consommer.

Dans un assez grand nombre d'ouvrages sur l’agriculture, on nous apprend qu'une tête de bétail ou un certain nombre d’entre elles fournissent annuellement tant de chars de fumier, et, dans la plupart des établissemens, on ne calcule pas autrement pour connaître approximativement la quantité d’engrais qu'on produit. Cette méthode manque cependant d’exactitude, car, indépendamment de l’incertitude de la mesure, tous les auteurs ne donnant souvent ni la capacité des chars sur lesquels ils chargent le fumier, ni le poids de celui-ci sous un volume donné, on conçoit que la quantité de fumier que produit un ani-

. mal dépend de son espèce, de sa race ou de

son poids, de l’abondance ou de la parcimonie avec laquelle on lui distribue ses alimens et sa litière, de son régime hygiénique et du système adopté dans l'économie du bétail; sans compter les différences que l’espèce et la nature des substances alimentaires apportent dans cette quantité. Aussi les chiffres qui ont été donnés d’après ces bases diverses sont-ils loin d’être d'accord entre eux, et croyonsnous pouvoir nous dispenser d'en rapporter ici la série assez nombreuse, quelque respectables que soient les autorités dont on puisse les appuyer.

Il y a moins de difficultés et on parait arriver à des résultats plus exacts quand on prend pour base de la production du fumier la quan-

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