TOME IV
dans la direction des opérations agricoles, Sixccaïir veut que l’administrateur ait un registre sur lequel il inscrive toutes les choses qu'il recueille. Dans ce registre, les documens relatifs à la comptabilité sont cotés sur des feuilles à part; sur les autres on inscrit tout ce que la pratique des arts agricoles, la conversation, les voyages, la lecture, etc., peuvent présenter d’intéressant, et à ce registre on joint une table des matières qui permet de trouver à chaque instant ce dont on a besoin. Par ce moyen, la masse des connaissances de l’administrateur s'augmente journellement et il est en état de tirer avantage de toutes ses idées et de ses expériences.
« C’est ainsi, ajoute-t-il, qu’en adoptant des mesures d'ordre bien entendues, un cullivateur est maitre de son temps et peut exécuter chaque opération au moment convenable sans la remettre et laisser perdre l’occasion et la saison. Les obstacles qui naissent du mauvais temps, de la maladie des domestiques ou des animaux, l'absence accidentelle et nécessaire du maitre sont alors de peu d’importance, et rien n’empêche celui-ci de porter son attention sur les plus petits déiails de son exploitation, dont l'ensemble influe si puissamment sur la prospérité de ses affaires. »
C'est en nous appuyant sur les paroles précédentes de l’agronome écossais que nous croyons utile, avant de terminer cette section, d'appeler l'attention des agriculteurs sur les avantages que possède dans l'exercice des opérations agricoles l’homme instruit et actif et le praticien habile sur celui qui ne l’est pas. Un administrateur igncrant ou paresseux ne peut pas dresser le plan de ses opérations annuelles ou évite de prendre celte peine ; il ne sait pas par conséquent quels seront les travaux qu’il faudra exécuter suivant les saisons; il se laisse devancer par le temps et dérouter par les variations aumosphériques ; il applique dans l’exécution de ses opérations des forces insuffisantes ou plus considérables qu’il ne faut; il est le jouet des circonstances et sous la dépendance d’agens plus façonnés que lui à la pratique de l’agriculture. Au contraire, un administrateur éclairé, avec son plan sous les yeux, n’est pas arrêté un seul instant par ces obstacles, quelle que soil l'étendue &e son exploitation. Tout est prévu, arrêlé, classé et mesuré à l’avance, tout marche en temps opportun, tout s’accomplit chez lui sans confusion, avec régularité et perfection et à bien meilleur compte que dans l’autre établissement, ou au moins avec des résultats bien plus avantageux pour sa fortune et son bien-être.
SecTion IV. — De la direction des agens du personnel.
En traitant de l’organisation du personnel, nous avons essayé de faire connaitre quelles sont les qualités qu'on ioit rechercher dans les aides agricoles, et il n’y a plus à revenir sur ce sujet. Il s’agit maintenant de savoir comment on parvient à diriger ce personnel et les individus chargés des différens emplois qui le composent,
Disons d’abord qu’à l’administrateur seul appartient le druit de choisir tous les employés de l'établissement, depuis le contre-maitre ou le 4*° chef de service jusqu'au plus simple manouvrier. Lui seul est compétent pour juger des besoins du service et de la capacité ou du nombre des agens qui doivent être mis en œuvre. Mais, dans les grandes entreprises et dans celles où on a des chefs de service responsables et de confiance, on peut très bien leur déléguer le soin de faire choix des manouvriers qui travaillent sous leurs ordres ; les travaux de direction du maitre en devienuent ainsi plus simples.