‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 433 sur 595 · TRAVAUX DE HERSAGE · texte numérisé non relu

TRAVAUX DE HERSAGE

SEecriox III. — Travaux de hersage ou émottage à la herse.

L'étendue de terrain qu'on herse dans une jourrée varie suivant la qualité et l'état physique du sol, la vitesse des chevaux, la nature et la construction de la herse, la méthode de hersage et le mode d’attelage des animaux. En Ecosse, un homme et une paire de chevaux font 4 hect. par jour, lorsqu'on ne donne qu'un seul trait, et seulement la moitié lors qu’ondonne 2 traits. En Norfolk, dans les terrains en pente, on est dans l’usage de faire aller les chevaux au pas en montant et de redescendre au trot; on herse ainsi 3 hect. environ par jour. En attachant ensemble plusieurs herses, on fait à proportion plus d'ouvrage (SincLAIR).

Dans les sols légers on peut n’employer qu’une seule bête de trait au hersage. En supposant un seul hersage en sol moyen, on peut herser de 4 1/2 hect. à 2 1/2 hect. par jour avec 2 chevaux, et 1 1/4 à 1 5/3 d'hect, avec 3 bœufs. Si le terrain exige 2 et 3 traits, la surface hersée se réduit à moitié ou au tiers de celle indiquée (PABsT).

Dans les terrains légers de la Campine un bon cheval, dans une attelée de 3 heures, herse 131 ares, ou 2 hect. 50 ares en 2 attelées, et 3 hect. 75 ares en une journée de 9 heures de travail effectif (Scæwerz).

Un cheval herse (en sol moyen) 2 hect. en une journée de travail de 8 heures (Domsasre, III, 408 ).

En conservant la division adoptée plushaut, M.Kre1ssic divise les hersages en forts, moyens et légers, et dresse le tableau suivant des journées d'hommes et d’animaux pour le hersage d’un hectare dans différens systèmes d’attelages et des sols divers.

JOURNÉES | DF TRAVAIL par hectare, Le El a A EN 2 & a. Hersage fort ou des sols argileux et compactes, particulièrement quand ils sont desséchés.

1° Deux forts cheraux ne peuvent travailler, au moyen d'une herse pesante, au-delà de 235 ares par jour; 4 chevaux exigent un homme pour les con- HUUNES Se u em ere tie gets RE me « |: DO 0,80 1,60 ! 2° Deux chevaux moyens, qui pâturent l'été ou reçoisent une nourriture verte, travaïkant avec des | herses légères, ne hersent guère que 75 ares: 4 che | vaux exigent un homme. , . . . . . . . + + . . 0,66 3,66 | b. Hersage moyen ou des sols compactes après les 2° et 3° labours, et des sols | moyens après le 4er; ici les herses sont | moins pesanles. { 1° Deux forts chevaux hersent en un jour 2 hect. ; | 4 chevaux exigent un conducteur. . . . + + + + «+ - | 0,35 | 1 * | 2° Deux chevaux moyens, su régime indiqué ci | dessus, hersent 160 ares; 4 chevaux ont besoin d'un : CODAGE MR EUR de. © ee + + en + +) 0,53 72:53: | c. Hersage léger, ou des sols moyens | après le 2° labour et des sols légers | . après le 4"; herses légères atlelées d’une seule bête de forte taille. | 1° Deux forts chevaux hersent 5 hect. et exigent un CONAUETEUR ne à + «+ » es +. » 0 ee 0,125 0,35

Dans ces sortes de travaux M. BLrock n'admet que a distinctions : les hersages légers et les hersages forts; c'est d’après cette base qu'il établit le tableau suivant du travail journalier d’un cheval dans divers systèmes

de hersages, et lorsque ie champ à herser est à proximité des bâtimens d'exploitation.

SURFACE HERSÉE | EX anus,

ep —

Hersage Hersage

fort.

léger,

1° Un seul trail de herse.. , « + « . 812,50 250 » 3° Deux traits. . . . . trees 156,25 150 »

G 0rois (tANLE 0 ces e ie 104 » 85,35 4° Quatre traits. . . . . «+ 78,12 62,50 5° Ginq traits, «1. ë. « 623,50 50 »

GOASIR INR = eee ee ne. à Ag,08 41,66

Pour chaque distance de 300 mêt. (180 toises environ) des bâtimens d'exploitation, cette quantité de travail diminue ensuite, savoir :

Untrait.. . + - + . 10 ares. Quatre traïis.. , . 2,50 ares. Deux traits. . . . . 5 Cinq traits. . . + 2»

Trois traits. . . . . 3,53 Sixtraite, « « « + 3,66

SecrTion IV. — Travaux de roulage ow émottage au rouleau.

La quantité de travail fait au rouleau dépend de la cohésion du sol, du poids et de la longueur de l'instrument, du nombre et de la vitesse des animaux, de la construction du rouleau et de la direction dans laquelle on donne cette façon.

On calcule qu'un cheval de taille moyenne peut rouler de 200 à 300 ares par jour et un bœuf 180 à 178 ( PABsT }.

Un rouleau pesant attelé d’un cheval, en supposant que chaque trait recouvre une petite partie du trait précédent et en ayant égard an temps perdu dans les tournées, peut rouler environ 240 ares de terrain par jour (SrncrAIR ).

En Belgique , dans les sols légers, on roule dans une attelée de 3 heures 151 ares de terrain, où 4 hect, en une journée de travail effectif de 9 heures, en 3 attelées (Scawerz).

Le roulage qui s'opère au moyem d’un seul cheval, lorsque le rouleau est de pesanteur moyenne et n’aque de 3 à 7 pi. de longueur, peut marcher, suivant M.PLocx, dans toute espèce de terrain, au taux de 6 hect. par jour, quantité de travail qui diminue de 20 ares pour chaque distance de 300 mèt, des bâtimens de la ferme, et par conséquent se réduit, pour une distance de 3,000 mêt., à 4 hect. par jour.

Pour chaque rouleau il faut un conducteur.

SEcTION V. — Travaux d'ensemencement et de récolte des produits des terres arables.

Voici, suivant M. Brock, les résultats qu’on obtieut le plus communément dans ces sortes de labeurs du travail journalier des hommes, des femmes ou des enfans.

1° Semaille, repiquage et plantation.

1. Froment, seigle, orge , avoine , pois , féverolles et Fo de lin : un seuneur exercé sème par jour de 500 à 550 ares.

b. Semences plus légères de colza, millet, trèfle et autres, de 400 à 450 ares.

c. Choux, raves, navets, betteraves, etc.; un homme ou une femme peut repiquer 6 à 7 ares par jour.

d. Pommes de terre ; une femme peut planter dans les sillons 20 à 30 ares par jour, non compris l'arrachement du plan ; un enfant de 10 à 13 ans 1/5 de moins.

ADMINISTRATION RURAÏE.

LIV, Vii.

20 Travaux de moisson et de récolte.

a. Fauchaison. Froment ou seigle d’hiver non couché; un homme fauche communément 60 à 75 ares par jour,

b. Orge, avoine et froment de printemps , dans les mêmes circonstances, 79 à 80 ares par jour.

c. Pois, féverolles, 25 à 30 ares par jour,

d, Faucillageldes céréales ; un homme ou une femme, terme moyen, 20 à 25 ares par jour.

e. Javelage des céréales ; une femme met ainsi en javelles, par jour, 2 hect.

J. Engerbage des ceréales ; un homme dépose dans la corde de paille, lie la gerbe, dispose en moyes ou meulons la récolte de 50 à 60 ares.

g. Chargement des'gerbes sur les chars; un homme charge de 1000 à 1200 gerbes, du poids de 7 à 9 kilog., par jour.

h. Déchargement et engrangement. En moyenre, une personne, homme ou femme, décharge en un jour et engrange 400 à 500 gerbesdu poids moyen de 7 à 9 kilog.

i. Récolle des pommes de terre. Quand elles son! déterrées à la charrue et que l’hectare produit 200 à 250 hectol., une femme en récolte de 6 à 7 hectol. par jour ou le produit de 5 ares. Un enfant de 10 à 42 aus en récolte un tiers de moins. Quand la récolte est moindre, les travailleurs fournissent moins de travail. Pour charger, décharger, emmagasiner les pommes de terre, on compte une journée d'homme par 30 à 40 hectol. de tubercules.

k. La récolie des choux, des raves, ds navets, des betteraves est difñcile à évaluer ; le travail dépend de la nature du terrain.En moyenne, une personne, homme ou femme, peut récolter le prouuit de 3 ares.

Relativement au transport des récoltes, nous croyons devoir ajouter ce qui suit ;

Le travail qu’on exécute en ce genre dépend du, nombre de voitures dont on peut disposer. Pour des

champs qui sont peu éloignés, il faut 5 chars pour 5 attelages; pour ceux plus éloignés, ou bien quand le chargement dans les champs peu distans se fait avec

beaucoup de célérité, 3 voitures pour 2 atielages, -— Le nombre des chargeurs se détermine par lui, des alte-

lages et la distance à parcourir ; quand celle-ci n’est que de 1 kilom., on doit faire en sorte qu’il y ait, sur 2 voitures, une en chargement et une en route. Au-delà de 1 kilom., il faut 3 voitures, dont une toujours en charge,

— Le nombre des déchargeurs se règle suivant la dispo: !

sition des granges ei le nombredes voitures de transport, Il faut, pour décharger une voiture, 4 ou 2 personnes, suivant l'habitude ; dansla grange, 1 calvanier pour ran-

ger, et de 10 en 10 pi. 1 personne pour passer les «

gerbes.

La charge qu'une bête de trait en bon état et de taille |

moyenne peul transporter dépend surtout de la nature des chemins. Pour le transport du foin, dit M. Passr, on admet qu’un attelage peut transporter, par têle d'a nimal, quand il est composé :

D’une seule bête, De deux, bêtes, De quatre bètes,

4 à 600 kilog, 500 à 500

Pour les autres récoltes on peut charger 1/5° en sus. |

Cela pose, le nombre des voyages qu’on peut faire en 4 jour dépend de la distance et de la composition de l’attelage.

Au- desstil de 1000 mèt. (4/4 de lieue environ), les chevaux peuvent faire 11 à 12 voyages et les bœufs 9 à 10

bœufs 8

Au-delà de 1000 mêt. etjusqu’à 3000 4 10 lieue), les chevaux & à 9, les bœufs 4 à 7.

On suppose, dans celte estimation, qu'on a des véhi-

Al |

cHAP. 2.

cules de rechange, c’est-à-dire qu'on charge les ans pendant que les bêtes de trait font mouvoir les autres. En opérant ainsi, et quand les pièces de terre sont plus rapprochées de la ferme, on peut encore faire davantage de besogne, surtout à l’époque de la moisson, où les ours sont longs et où les travaux de transport peavent être prolongés. Quand on ne commence à transporter les moissons qu’au milieu du jour, on ne fait au plus que 3/4 de l'ouvrage précédent.

Un auteur allemand a donné le tableau suivant du poids des récoltes qu’on peut transporter. Selon lui, pour un attelage de 4 chevaux ou 4 bons bœufs, on doit charger en récoltes de bonne qualité et sur des routes passables, savoir :

1° 900 kilogr. en gerbes de froment.

900 de seigie.

1,200 — d'orge.

15 à 1,800 — d’avoine.

15 à 2,000 — de légumineuses.

Pom.ues de terre, maïs, betteraves ; 2 mèt. cubes. 2° 600 kilogr. de grain, froment ou maïs.

600 — seigle.

500 — graines de légumineuses.

750 — orge.

9à 1,200 — avoine.

Un autre auteur établit que la charge de 2 chevaux agricoles sur des routes dans un état médiocre d’entretien est de 8 à 19 quint. mét, el de 12 à 13 pour 4 chevaux ; que ce chargement peut être de beaucoup augmenté sur les chaussées en bon état et peut aller aisément jusqu’à 10 quint. par tête de cheval, tandis qu’il peut s’abaisser jusqu’à 2 quint. par tête sur les routes en mauvais état ou qui offrent de graves obstacles. Suivant lui, la plus grande distance à laquelle on puisse envoyer un attelage en un jour pour aller et revenir est 20 kiiom. (% lieues environ). À une distance de 12 à 15 kilom., il faut également une journée, mais on peut charger davantage.

A Roxille, les chariots construits sur le modéle de

ceux qu'on emploie dans la Franche-Comté sont légers el peuvent recevoir à volonté des échelles à foin, “es échelles à fumier ou des tombereaux longs en sapin. Ces tombereaux contiennent environ 9 hect. de pornmes de terre, ce qui fait la charge d’un cheval. En général, ces chariots se chargent d’un mille (300 k:logr ) de foin ou d’un poids égal de gerbes ; lorsque les chemins sont beaux on charge 1200 à 1500 livres (6 à 7 4/2 quint.) de racines. Sur les routes, on donne toujours cette charge à un cheval de taille moyenne.

Pour le transport des récoltes, M, Bzocx donne le tableau suivant des voyages qu'on peut faire en un jour de 10 heures de travail, en supposant qu'un attelage de 2 chevaux transporte 9 quint. mér. de récoltes, et que iecharretier ne prend aucune part au chargement qui se fait par d’autres travailleurs et sur des chiars de rechange.

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