LIV. VII
dans laquelle on donne des services productifs d'utilité pour recevoir en échange une partie de la valeur produite. Ces services, comme toutes les valeurs susceptibles d’être échangées, ont un prix courant qui s’établit d’après les mêmes bases que celui de ces vaieurs; c'est le prix courant de tous les services qui ont concouru à la création d’un produit qui forme ce qu’on appelle les frais de production.
Les services productifs qu'on met en œuvre dans l’industrie agricole, ainsi que nous l’avons déjà vu, sont ceux du fonds de terre, des capitaux et de l’industrie.
Examinons en particulier les frais auxquels donne lieu l’usage, la jouissance, le loyer ou l'achat de ces services.
$ Ier. — Service du fonds.
Le prix de la jouissance du fondsentre dans les frais de production sous le nom de Jermage, canon ou loyer, etc. La plupart du temps on se contente de le faire figurer aux frais généraux, mais il est préférable de rechercher les différens élémens qui le composent, afin d'attribuer aux divers services la part de frais que chacun doit supporter. Ces élémens sont :
1° Les frais pour la jouissance de la terre comme fonds propre à nourrir des végétaux, à donner des récoltes ou à rendre quelque autre service utile;
20 Les rntéréts des sommes avancées pour améliorations foncieres de toute espèce, tels que défrichemens, chemins, haies, fossés bâtimens ruraux, constructions diverses, etc.
Dans un fonds en friche et où on se propose de faire des améliorations, ces 2 élémens sont d’abord distincts, mais, eur les fonds depuis long-temps en culture, ils se confondent généralement. Seulement, nous allons voir que les bâtimens ou constructions rurales étant spécialement à l'usage de divers services, il est utile de fixer un prix à leur jouissance, afin que chaque service qui en profite porte sa part des frais qu’ils occasionnent.
3° Les frais d'entretien annuel de tous les objets immobiliers qui sont répandus sur le fonds ;
40 Une prime annuelle d'amortissement pour rétablir ces objets immobiliers lorsque le temps les aura mis hors de service; ;
5° Les frais d'assurance contre l'incendie des bàtimens ruraux et autres constructions ;
6, Les avances pour améliorations foncieres qu’on pratique souvent annuellement sur un fonds pour le rendre plus productif;
To Les sommes payées à l’état pour acquiüter l'impôt foncier et autres charges publiques supportées par la proprieté.
8° Une prime pour non-valeurs ou remises qu’un propriétaire qui loue sa terre, doit porter en compte et qu’on peut évaluer de 2 à 3 p. 0/0 des intérêts du capital ou du fermage.
Fssayons avec ees élémens d'établir, ainsi que nous l'avons promis, le profit foncier net du propriétaire du fonds de terre. Supposons pour cela un domaine de 102 hectares de terres labourables dont le fermage soit'évalué ou”fxé n 0e 5 20 NII 8,000 fr.
Sur ceite somme, qui forme le revenu brat du propriélaire, il faudra deduire, je suppose, pour :
1° Frais d'entretien annuel des objets immobiliers 160 fr.
3° Prime d'amortiss:ment pour le rétablissement des
mêmes objets après qu'ils auront péri. , : «+ + . 1h0
3° Frais d'assurance contre l'incendie desbâtimens. 100
4° Avances pour améliorations foncières. : . . . 200
5° Jinpôt foncier et autres charges. . : . . .« - . 580
6° Prime pour non valeurs à 3 pourcent. . . . + 240
Total des déductions. . . . 1,410
1, . 1,430 Différence représentant le profit foncier net du prepriétaire, . 6,580 Nous venons de dire qu’il était utile de fixer un prix à la jouissance des bâtiments ruraux d'un domaine, { i