‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 454 sur 595 · AVANTAGE ET NÉCESSITÉ D'UNE COMPTABILITÉ · texte numérisé non relu

AVANTAGE ET NÉCESSITÉ D'UNE COMPTABILITÉ

tes et par fois constituant de véritables fraudes pour tromper l'acheteur sur la qualité de la marchandise ou lui en imposer sur la quantité, ou enfin pour l’attirer, pour le séduire, pour capter sa confiance et conclure un marché à un prix qui leur soit avantageux. Il en est de même pour les ventes qu’un homme peu expérimenté tente de faire; là une foule de voix s'élèvent pour le décourager, pour déprécier sa marchandise, pour le contraindre à la céder à vil prix ou lui imposer des condilions onéreuses, Ce n’est qu’à force de bon sens: et de droiture qu’on parvient à déjouer toutes ces ruses mercantiles qui au reste exercent peu d’influence sur un administrateur qui fréquente habituellement les marchés et qui par suite a acquis une grande expérience et finit par apprécier la loyauté et la probité individuelles de la majeure partie des marchands ou des spéculateurs qu'on y rencontre, et se tient en garde contre leurs manœuvres de toute nature.

En général, il faudrait s’astreindre, dans un établissement bien dirigé, à ne porter sur les marchés que des produits ausst améliorés que cela est possible. Ua exemple que nous avons eu sous les yeux nous a paru assez frappant pour que nous le citions ici.

Un cultivateur dont les terres étaient négligées récoltait un froment de bonne qualité d’ailleurs, mais renfermant une assez grande quantité de grains amaigris et de graines d’herbes parasites. Ce blé, transporté sur les marchés, s'y vendait, à cause de sa malpropreté, 1 fr. 80 c. de moins par hectolit. que le blé nettoyé ; ainsi, lorsque les prix courans du marché étaient, pour les blés propres, de 16 fr. l’hectolit., ce fermier ne pouvait vendre les siens que 14 fr. 50 c. Un nettoyage soigné, que nous lui conseillâämes et qui ne revenait qu'à 40 c. par hectolit., fit aussitôt remonter ce froment au taux ordinaire et procura de suite à ce cultivateur un profit de 4 fr. 10 c. par hectolit. par cette seule opération ; la diminution de la quantité de blé se trouvant presque compensée par la valeur des £rains maigres donnés comme aliment aux volailles et aux cochons.

En définitive il résulte de tout ce que nous avons dit, que, dans les ventes et achats, il faut connaitre les besoins et les ressources d’un pays et l'allure de ses marchés, avoir une connaissance parfaite des hommes, savoir apprécier avec sasacité la valeur et la qualité des objets qu'on veut vendre ou acheter, agir avec prudence et réaliser quand on trouve un prix convenable, et chercher plutôt les gros profits dans la répétition des bénéfices quand cela est possible que dans Pespoir

d’une grande élévation dans les prix.

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