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Secrion IV. — Rédaction et but du journal.
La comptabilité est chargée d'indiquer toutes les modifications de valeurs que subit le capital accusé par l'inventaire. Suivant les circonstances, il résulte de l'exercice d’une industrie création, anéantissement, modification de valeur. Tous les faits qui font naître l’une ou l’autre de ces transformations, ou plutôt, les faits qui sont l’expression de ces métamorphoses sont du domaine de la comptabilité.
La création de valeurs nouvelles se nomme bénéfices, l’anéantissement de valeurs antérieurement existantes prend le nom de pertes. Quant aux simples modifications, ou transport de valeurs d’un objet à un autre, on se contente de les consigner sans leur donner de dénominations particulières.
Le journal est un registre qui représente
fidèlement, et jour par jour, toutes les modifications de valeurs qui ont lieu sur les objets
ui constituent le capital. Par exemple, on donné 15 kil. de foin à un bœuf à l’engrais; la valeur représentée par ce fourrage se transporte de Foin en magasin à Bœufs à l'engraïs ; c’est là un fait qu’il faut constater. .
Le premier article du journal doit repré:
senter, en tête de chaquejour, l’état de la température et la physionomie climatérique de la Journée. On y enregistrera aussi les faits qui, sans constater une modification de valeurs, Den cependant une mention particu-
ière.
En tête du journal on place le résumé de l'inventaire.
La rédaction du journal n’est soumise à aucune forme particulière, à aucun mécanisme
cmaP. 5°. DU LIVRE DE CAISSE. 521
obligatoire. Ce principe me parait si impor- | étendue, sans être prolixe; concise , sans être tant que je leconsidère comme l'émancipation | aride. du comptable. Cette rédaction sera assez Exemple :
1er janvier 185...
flaques d’eau qui se trouvent sur celte pièce. Observations météorologiques.
Vent N. 0.
eic.
Je ne pousserai pas plus loin pour le moment ces exemples de rédaction pour.le journal; j'aurai encore plusieurs fois occasion d'y revenir dans la suile de cet article.
Secrion V. — Du livre de caisse.
J'ai dit que le journal enregistre jour par jour toutes les modifications de valeurs, toutes les opérations. Cependant il est préférable d'avoir pour les dépenses et les recettes qui s'effectuent immédiatement en numéraire, un livre spécial auquel on donne communénent le nom de livre de caisse. Les motifs qui in’engagent à prescrire la tenue de ce livre special sont d’abord : que les articles ordinaires du Journe pe se transcrivent que lorsque toutes les opérations de la journée sont terwminées, tandis que les opérations de caisse doiveut être enrôlées au fur et à mesure qu’elles se présentent ; ensuite parce que les recettes et les déboursés en argent confondus pêleméle les uns avec les autres; et avec les arti-
TE
J'ai visité le colza du clos des Bœufs; il faudra demain envoyer l’irrigateur assainir quelques
Thermomètre, matin + 5° R, midi} 7, soir 5. Petite pluie le matin, découvert ensuite.
cles qui concernent d’autres objets, ne peuvent être facilement groupés pour être vérifiés. Cette vérification de la caisse se nomme balance, et elle repose sur un principe qu'il est facile de comprendre : La somme qui reste en caisse, plus celle qu'on a dépensée en versemens, égale La somme totale qu'on possédait avant d'effectuer aucun paiement ; les sommes que l'on possédait, plus celles qu'on a reçues, sont égales aux sommes qu'on a déboursées, plus celles qui restent. De ces deux principes découle la distribution des pages du livre de caisse, ainsi que la manière dont on doit faire la vérification. Cette vérification a pour but de découvrir si, dans la transcription des articles de caisse, on n'aurait pas commis quelque omission ou quelque erreur. Si la somme qu'on possédait le matin, augmentée des recouvremens effectués, est trouvée le soir plus grande que la somme qui reste en caisse, plus les paiemens faits dans le cours de la journée, il est évident qu’on n'aura pas inscrit toutes les dépenses qu'on a soldées en espèces : alors, il faut re-
| Aujourd'hui terminé l'inventaire, inscrit sur un cahier spécial destiné à recevoir annuellement f.126 | |ous mes inventaires ultérieurs. Cette disposition facilitera la comparaison des résultats que j'ob- |tiendrai. J'ai trouvé que mon capital se répartit ainsi entre les objets suivans : | {Le mobilier de la ferme se monte à la somme de......... SDS Le TRS MCE ES 802 50! D be À 0 Ne TR d'in Ee “CAD TR 4200 »| IDabergenied. - ............. ++... ose eee cinaese ee 8280): »\ |La luzerne devant le moulin vaut encore.................. senc so S NE UNSS OR 104 50 | D Dee des Bœufs)aunewaleup de. .. +... seore-ccccceccemeecnen eee - mie 815 50 |! |Le blé ( Haut-Gravier ) a une valeur de.................. nee snr scans RE || En sorte que la totalité de mon capital ou de mon actif se monteà.........................| 12766 » ( Sur cette somme, je dois à M. Salomon, marchand de chevaux à Meïzières. . . . . 65ofr. »c. Î | à M. Rafin-Rosé, constructeur à Paris. . . . . . . . . . 210 » ñ à M. Sainfroid, banquier à Metz. . . . . . . . . .. . . 2500 » l en Re pi ep PT ss 5300 » 3360 » .
|Ce qui réduit réellement ma fortune à.......................... ................... 9406 » | Aujourd’hui jour férié, point de travail. Mes garçons venus le matin, J'ai prescrit à chacun sa | ‘besogne ; j'ai réglé avec eux la ration des animaux : i Les jumens recevront tous les jours 40 liv. defoin, 8 litres d’avoine, f Les chevaux — — — 135 — 0 — — 400liv. pommesde terre | Les poulains — — = PRCUURRES— Au 0 cuites, | Les moutons — — — 520 — uit les 500 | Ainsi tous les jours il y aura une dépense de 815liv. de foin, 12 litres d'avoine. 600 liv. pomm, id.
Comme je ne vois rien qui s'oppose à ce que je rationne ainsi mes animaux pendant un cerlain | temps, je comptlerai les mêmes quantités jusqu’à ce que‘’j'introduise quelque modification dans la | ration. ;
Le foin sera compté au prix de 22 fr. les 500 kil. — Les pommes de terre au prixde 4 fr. 50 c. | l’hectolitre de 68 kil. , et l’avoine à raison de 7 fr. les 400 litres. — Les pommes de terre coûtent ide plus les frais de cuisson. Voici comment je les évaluerai. J’ai pris 40 fagots à la bücherie pour Îles faire cuire. Le compte de ménage sera bonifié de la valeur de ce bois qui était en lotalité porté Idu côté des dépenses de mérage, et j’en chargerai les moutons pour 5/6 et les chevaux pour 1/6.
C’est dans cette proportion que ces racines sont distribuées à ces 2 espèces d'animaux.
J'ai mis au moulin 3 hectolitres de blé à 48 fr. ....................... 54fr. » c.
4 — ACIPIE A AO ÎT.. se renseiiae qhereper- rie.) ul Of 2 ne pee doom n + ne que va seégineie no ice nl À |
Il y a donc à mettre au nombre des dépenses de ménage.................... GT » 67 » |
passer dans son esprit tous sesactes de lajour- | l’on paie ou que l’on débourse. En regard de nee Jusqu'à ce qu'on se rappelle le paiement | chaque nombre, on indique sommairement à dont l’omission avait causé l'erreur. Si on ne | qui et pour quoi la somme a été donnée ou peut découvrir d'omission, c'est quequelqu’un | reçue. a reçu une somme moins forte que celle qui Une règle qui rend les causes d’erreurs est indiquée au livre de caisse. moins fréquentes, c’est de marquer sur son Dans le livre de caisse. chaque page est di- | livre avant de payer, et de recevoir avant de visée en deux portions égales; sur la partie | marquer. J’engage beaucoup les caissiers à se qui est à gauche on place les sommes qui sont | familiariser avec cette pratique; ils s’épargneen caisse où qui y entrent; sur la partie qui | ront beaucoup de désagrémens et de recherest à droite on inscrit toutes les sommes que ! ches pénibles.
RECETTES. Livre DE Caisse. DÉPENSES.
, LULU er Ernst :
| LATES. DATES.
| AE Lo
| fr. c. fr. c.
Janvier 1. [Il y aen caisse suivant inventaire. . . . . |4517 55| Janvier 1. |Payé à Brasson pour 3 paires de jeunes pores. .| 60 45
. » | Reçu de M. Robert pour 2 hectol. blé à 19fr.. .| 38 »| , » | — au facteur divers ports de lettre. . . . . 3 »
Reçu de Pierre Carion le montant de son billet, . 45 25] , » | — à Sylvestre, 6 hectolitres de vin nouveau. , go »
» »| — à Colin, berger, pour gratification . 30 £. » Pour ses gages (avance). 150 »|} 170 »
, » | — à Meunier, charron, le montant de son me- ; M AU AE : Je de moire que j'ai vérifié et reconnu juste. . ,| 85 10 Apport des deboursés. . , .} 4o TH! 208 55 IJanvier 3.|Ilreste en caisse. . . . . . . . . . . .}3992 05
Sije trouvais, en comptant l'argent qui reste, pide et moins fastidieux. La connaissance des une somme plus grande ou plus petite que | signes abréviatifs est utile à celui qui veut te- 3,992 fr. 05 c., c’est qu'il y aurait une erreur | nir une comptabilité, et indispensable à celui où une omission qu’il faudrait s’occuper de | qui veut lire et comprendre les extraits de rechercher sans délai. Le système monétaire comptes qu’il peut être dans le cas de recevoir aujourd’hui introduit en France donne le | des maisons de banque, de roulage , de commoyen de compter assez vite des sommes très | missions, etc.; c’est ce qui m'a engagé à eximportantes; mais pour abréger le travail, on | poser ici les principaux de ces signes convenpourrait se servir de laméthode dite par borde- | tionnels. reau, laquelle consistesimplement à compter le On supprime très fréquemment la particule nombre de pièces de chaque sorte de monnaie. | de. Ainsi, au lieu de dire : 1 hectolitre de blé, Ainsi pour trouver la somme ci-dessus de | 15 kilogrammes de foin, on écrit et on lit : 3,992 fr. 05 c., on rendra le travail plus rapide | 1 hectolitre blé, 15 kilogrammes foin. et moins fastidieux si on prend un morceau de papier sur lequel on transcrit le nombre dès pièces de la manière suivante :
Hectol. signifie hectolitre.
} Dpt — département. ||Pr — pour.
er es .
a el FA Ardt —— arrondissement.| Fo — folio. St — suivant. 110/ — ordre, V/ — votre ouvos. |Bt — billet. \ | pièces de 20 fr........,..... 137 — 2740 U FR OREnREr ee +4 péstan) | ê c ES 1/ — son ou ses, Ne — e liant, pee . 4 es Mois: 0820 SAR | IPofOn2 HN One Mein | 1ÈCES e Kslalaialoin sie e ne 1e » « (tbe 130 P. 0/00 — pour mille, Mat res mandat | Pièces RAIN ee ne ee eee vue IQ — 12 [ lLvon — livraison. ble — payable. (| Pièces FTP EMON ESS RE 7 50 kilogramme. | Bon de DU eee 28 + — 2 30 | PNER dE OS LE nd — 0 08 DEEE PRET NN k ; 3992 08 m, placée au-dessous d’un autre chiffre si-
nifiemille: 15/m pour 15 mille, quand le nom Fe ne doit être soumis à aucun calcul d’addition ou de soustraction.
Fin courant veut dire : à la fin du présent mois.
Cette manière de compter facilite beaucoup les vérifications. Supposons qu’onreçoive l’envoi d’un sac annoncé comme contenant la somme précédente, et qu'après avoir compté, on ait fait une erreur de 1 fr., il est certain qu'on n’aura pas à compter de rechef les pièces de 20, de 5, de 2 fr., et que l’erreur ne è à 3 pourra être que dans les pièces de 1 fr. et de Jene saurais trop répéter que cette rédaction
| SECTION VII. — Suite de la rédaction du 50 c., etc. n’est astreinte à aucun mécanisme obligé, à au-
journal.
cune forme particulière. Cependant comme l’ordre, la méthode, la régularité sont partout des élémens de succès, des moyens de rendre le travail plus simple, plus satisfaisant à l'œil, je crois que la marche à suivre dans la rédaction quotidienne devra étreempreinte d’une sorte d’uniformité et de parallélisme
SECTION VI. — Des abréviations.
Il y à, dans la langue de la comptabilité, quelques expressions qui se présentent fréquemment sous la plume, et qu’on n’écrit pas en toutes lettres nour rendre le travail plus ra-
car. 5°. SUITE DE LA RÉDACTION DU JOURNAL. 533
dans la succession des divers articles. Je veux | pas été faites au comptant, etc. Les expressions dire qu’on commencera tous les jours par la | qui, dans larédaction sont destinées à frapper transcription des mêmes faits. Après avoir in- | les yeux parce qu'elles forment l’idée domidiqué les observations météorologiques , on | nante qui a présidé à la transcription de l’arpassera les articles des travaux extérieurs, des | ticle, seront écrites en lettres particulières, chevaux, des valets à gages ou employés, des | mises en marge ou soulignées suivant que journaliers; arrivent ensuite les travaux ou | les circonstances le demanderont ou le perparticularités extérieures, les objets consom- | mettront.
més, les achats, les ventes. les pertes, qui n’ont