‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 67 sur 595 · CHAPITRE III. — PLANTATION DES FORÊTS · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — PLANTATION DES FORÊTS

La formation des bois et foréts a lieu de 2 manières:parl'ersemencement des graines; par la plantation de jeunes plants déjà formés.

L’ensemencement est zaturel, ou artificiel. La plantation est toujours un fait de cultnre et ne peut être qu'artificielle.

L’ensemencement naturel a produit originairement toutes les forêts , etil peut suffire à réparer leurs pertes naturelles pendant un temps indéfini. Elles conservent, dans cette condition et pendant cette période, le nom de foréts naturelles.

Les semences qui tombent des arbres lors de leur maturité assurent donc, sans le secours de l’art, l'entretien naturel et la perpétuelle durée des forêis. Ces arbres s’appellent porte-graines. Il faut, dans l'exploitation économique des bois, savoir ménager cette ressource précieuse. Les arbres portegraines garantissent eu outre contre l’ardeur dusoleil,lessécheresses, les vents,les gelées et la crue desherbes nuisibles, les plants régénérateurs provenant des graines qu'ils ont produites et répandues sur la terre.

SECTION r°.— Foréts naturelles.

L’ensemencement naturel se fait différemment dans les forêts de boës feurllus, et dans les bois d’arbres résineux, et veut ainsi être particulièrement étudié et conduit dans l’un et dans l’autre cas.

Les bois feuillus ou à feuilles caduques

ortent, ou des semences pesantes qui tom- ES directementautour de leurs pieds,ou des semences légéres que les vents emportent à une certaine distance, on enfin des semences ailées qui se disséminent facilement au loin.

Les semences pesantes ont besoin d’être plus enterrées que les semences légères.

La connaissance de ces propriétés des graines apprend quelleest, pour chaque espèce, l'étendue des repeuplemens naturels en Jeunes plants qu'ilest permis d’attendre des arbres porte-graines, et par conséquent quel est le nombre de ces arbres à conserver, lors des exploitations, pour faire tourner au profit des repeuplemens naturels tous les avantages offerts par la nature.

Pouraider lesporte-graines à bien effectuer les ensemencemens, il y a seulement quelques soins à prendre, tels que la préparation du terrain à recevoir la semence, une légère culture, la mise en défense du canton et d’un semis artificiel qu’il peut être nécessaire de

pratiquer dans les intervalles laissés par les ensemencemens naturels.

. Lorsque ces arbres ont rempli leurs fonctions, on les abat successivement, avec un profit plus considérable, et sans crainte qu’en tombant ils ne détruisent la recrue.

Quant à l’ersemencement naturel des bois d'arbres résineux, il faut se régler d’après le principe de la différence essentielle des propriétés des forêts de pins, de celle des forêts de sapins et d’épicéas situées sur les montagnes.

On a lieu de craindre, sur les montagnes et dans les forêts d’épicéas que l’on éclaircit, que les vents ne renversent les réserves dans des cantons entiers; maison ne doit pas avoir cette crainte à l’égard des réserves de pins sauvages. Tous les ans, celles-ci répandent en plus ou moins grande quantité dans les champs, leurs semeñces ailées auxquelles elles donnent, dès qu'elles sont levées, les abris et l'ombre que la nature légère du sol des forêts de pins leur rend si nécessaires.

Pour favoriser le repeuplement naturel des foréts de pins sauvages, il convient de n’abattre annuellement qu'un tiers de la coupe, sauf, pour avoir la même quantité de bois, à entamer trois coupes à la fois. L’année suivante, onexploite dans la même proportion, tant sur ces trois coupes que sur une nouvelle coupe annuelle. Quand, par suite de ce procédé, la première coupe se trouve ensemencée, on y enlève peu à peu les arbres à semence, avant que leur exploitation puisse nuire au jeune bois. En suivant d’année en année l’ordre établi pour la première coupe, l’on parviendra à les repeupler sans frais considérables pour les ensemencemens, surtout si on a eu égard aux années fertiles en graines pour meltre Les coupes en défens.

Lesensemencemens naturels ne sont qu’un secours léger el incertain pour le repeuplement naturel des foréts d'épicéas, qui sont souvent plusieurs années sans produire de graiues fertiles. On les favorisera, autant que possible, en évitant que les coupes ne livrent passage aux vents de l’ouest, et en leur donnant une forme demi-circulaire, puisque les terrains exploités doivent être ensemencés par la partie de la forêt qui est encore en massif, et non à l’aide de baliveaux. Mais il faudra surtout avoir recours aux ensemencemens artificiels.

Quand 2es foréts de sapins se trouveront à

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peu près également mêélées d’épicéas, il faudra leur appliquer le mode d'aménagement indiqué pour ces derniers. Mais, vules propriétés diverses de chacune de ces espèces d’arbres, et les différentes qualités de leursgraines, inégales en pesanteur et en durée, il faut les iraier suivaut la méthode indiquée pour les pins, d’après laquelle on ne doit pas faire de coupes à blanc-étoc, et prendre successivement le bois dont on a besoin dans un canton déterminé, mais en en favorisant le repeuplement.

Le repeuplement des forêts de mélèzes sera au contraire soumis aux principes indiqués pour celui des forêts d’épicéas.

SECTION H.— loréts artificielles.

Les forêts artificielles proviennent de semis où de plantations faits par la main des hommes.

Les endroits qui sontprivés dela ressource des ensemencemens naturels, ainsi que tous les Lerrains vides destinés à la culture des bois, renirent dans le domaine de l’art, auquel 1l appartient de les peupler. Cet art forme le premier et principal objet de [a science forestière. Ses moyens sont : 1° les semis ; 2° les plantations.

ART. 1. — Des semis.

Les semis artificiels ont pour objet de remplacer les arbres à semences. Ces semis auropt un succès aussi heureux et plus uniforme que les ensemencemens naturels, s'ils sont bien dirigés. Les méthodes les plus simples et les moins coûteuses sont, dans tous les cas, les plus sûres, si elles imitent la marche de la nature et sont employées avec la prudence convenable. Ainsi, pour les semis artificiels, on doit s'occuper principalement: 1° de choisir les essences convenables; 2° de s'assurer de la bonté des semences ;3° de s’en procurer une quantité suffisante ; 4° de choisir et préparer convenablement le terrain; 5° de saisir le temps propre aux ensemencemens; 6° d’enterrer la semence de manière à ce qu’elle ne soit ni trop ni trop peu recouverte; 7° enfin, d'examiner si l’entreprise doit se faire en grand ou en petit.

$ 1°".— Choix des essences.

Les semis en grand doivent toujours se faire avec des espèces de bois dont le mérite est reconnu dans l'économie forestière, et qui conviennent le plus aux besoins du pays et à la nature du terrain. Il serait contre toute raison d’infester les forêts des essences les moins utiles, et de négliger celles qui ont toujours eu ou qui promettent un succès et des avantages assurés. Les bois résineux seront confiés aux sols légers, sablonneux, couverts de bruyère, en ayant égard à la distinction qui doit être faite entre les pins proprement dits, les sapins, les épicéas, les mélèzes et eutre les résineux indigènes et les résineux exotiques. Le pin du lord, par exemple, s'élève dans les terrains bas, frais et profonds de l'Amérique septentrionale, et le Pznus pungens Croit sur des plateaux secs et élevés. 1] faut au mélèze une atmosphère hu-

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