‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 68 sur 595 · PLANTATION DES FORETS. LAV. Ÿ · texte numérisé non relu

PLANTATION DES FORETS. LAV. Ÿ

mide et une température fraîche qu’on lui procure en l’élevant d'autant plus au-dessus du niveau de la mer. Comme il retrouve l’une et l’autre dans les lieux bas et très-humides, marécageux même, l'expérience a prouvé qu'il s’accommodait très-bien de cette sorte d'exposition. Il ne faut pas un aussi bon fonds aux arbres à racines traçantes et superficielles, qu’à ceux dont les racines pivolantes et perpendiculaires vont chercher la nourriture à une grande profondeur. Ii faut placer à l'abri des vents violens qui règnent au bord de la mer et désolent certaines contrées, les arbres dont la cime branchue et le feuillage épais donnent trop de prise à leur action. Les bois propres au chauffage auront toujours l'emploi de leurs produits assuré dansles pays de minerai et de hauts fourneaux, et à la portée de diverses usines dont les produits se traitent parle feu, comme les verreries. Les bois blancs, donnant de la volige, seront employés aux emballages de ces établissemens, et, portés près des rivières et des canaux, ils pourront arriver sans trop de frais vers les points où la consommation en sera assurée.

Les bois qui donnent des cercles et des échalas seront d’un revenu certain dansles pays de vignobles. Les pins donnant de la mâture, des pièces propres aux constructions navales, et des produits résineux, à la portée des ports de mer, offriront une source de richesse à des contrées frappées d’une stérilité immémoriale.

$ II. — Bonté des semences.

Le succès de tout semis dépend essentielle ment de la bonté des semences; il y a 3 conditions principales pour qu’une graine soit bonne et propre à germer.

La f'°est d’avoir pris complètement sa forme sur la mère plante, et d’avoir recu, par une fructification convenable, un germe fertile. Chaque graine, bien mûre et bien formée, doit avoir 3 pièces essentielles, savoir: une enveloppe extérieure et une intérieure, une amande, et un germe qui est le rudiment de la plante future.

La 2° condition est d’être parvenue à un degré convenable de rnaturité. La maturité se reconnaît lorsque le fruit, la capsule ou le cône qui la renferme a acquis tout son développement; qu’elle contient elle-même et à l'état sain les parties huileuses et farineuses qui lui sont propres; que l'amande en est bien formée et de la couleur et odeur qui lui sont propres; et, pour la plupartdes bois,lors-

ue cette semence se détache naturellement

e l'arbre.

La 3° condition dépend d’une bonne méthode de récolte et de conservalion.

De la récolte. — Les semences doivent être récoltées fraiches et mûres, et être à l'instant étendues spacieusement dans des endroits aérés, où on les remue souvent pour les faire sécher, leur donner un dernier degré de maturité, el empêcher par là qu’elles ne s’échauffent et ne se corrompent. — On doit avoir recours à ces moyens, soit que lagraine doive être semée tout de suite, soit qu’elle doive être conservée.

Dans ce dernier cas, /a conservation, cha-

que espèce de graine demande un traitement particulier; mais pour toutes les graines on doit avoir l'attention de prévenir, par les moyens appropriés, dont la stratification (vor. t. IE, p. 3) est le plus efficace, la trop grande déperdition des fluides qu'elles contiennent, et d'empêcher qu’elles ne fermentent, ne se pourrissent où ne germent trop tôt.

$ III. — Choix et préparation des terres.

Choix du terrain.—La terre, considérée sous certains rapports généraux, est susceptible de nourrir des plantes dans chacune de ses expositions élevées, moyennes ou basses, et quelle qu’en soit la température ; mais dans Ja culture artificielle, il est nécessaire d’étudier le rapport de chaque espèce de plante avec chaque espèce de terre, chacune selon sa nature, son exposition et le climat.

Ces généralités ont été trailées ailleurs.

( Foy. tom. I‘, p. 21 et suiv.)Lasituation d’un terrain a toujours une influence marquée sur la propriété des terres, et par ee sur la réussile et l’accroissement des arbres. Les différences de situation produisent des fonds tantôt très-humides et aquatiques, tantôt moyennement humides, tantôt secs et arides. Quand il est question de la culture des arbres, on doit entendre par terrain humide celui qui, toujours frais dans le temps le plus sec, n’est cependant pas habituellement aquatique, car s’il conservait de l’eau à sa surface pendant tout l'été, il serait impropre, non seulement à toute espèce de semis, mais encore à la plupart des plants foresliers.

Les terrains médiocrement humides quand ils ne sont pas trop glaiseux et compactes, favorisent beaucoup le développement des graines et la nutrition des Jeunes plants.

Mais , par la suite, ils influent sur la qualité des tissus ligneux, et peuvent donner des bois moins bons dans leurs emplois économiques.

Les terrains secs, quand ils ne le sont pas jusqu’à l’aridité, donnent en général des bois meilleurs.Les succès des semis qu’on leur coufie exigent quelques préparations de culture ayant pour objet de rendre et demaintenir la surface du sol plus meuble et le dessous plus frais. Mais les premières difficultés passées, les plants, plus endurcis, se souliennent mieux que dans l’autre cas contre les influences atmosphériques. Les semis réussissent bien à l’exposiion du nord, parce que le mouvement de la sève, qui est plus tardif et plus lent, s'arrête plus tôt, et qu’ainsi les jeunes plants sont mieux préservés des atteintes des gelées tardives du printemps et précoces de l’antomne. La terre s’échauffe passablement à l’est, mais les gelées tardives peuvent faire beaucoup de tort aux plants.

Le midi, surtout quand le pays est ouvert et la chaleur excessive, offre de grands obstacles au succès des grands semis, si l’on n’a pas pu y disséminer l’ombre en conservent çà et là de grands arbres, et en conservant des rideaux debois du côté du sud.Mais, lorsqu'il setrouve à quelque distance quelque montagne qui projette au loin son ombre, le côté qui en jouira pendant une partie

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