‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 84 sur 595 · LIV. V · texte numérisé non relu

LIV. V

les palissades élant très-dispendieuses, on se borne à ouvrir des fossés de 16 à 20 décimètrès de largeur; les terres provenant du curage sont amoncelées sur le bord supérieur.

Quelquefois on plante une hate sur cette berge, et le fossé se remplit de ronces, ce qui fait une clôture impénétrable. On pourrait employer l’acacia, que l’on couperait en taillis très-jeune pour le tenir constamment serré; la surface même du fossé serait ainsi employée productivement.

Dans les pays de pâturage où les propriétés sont closes, il est plus indispensable qu’ailleurs que les taillis soient environnés de haies qui les défendent contre les incursions du bétail. Quant aux pépinières forestières, il faut nécessairement les enclore de murs ou de palissades pour les défendre contre le gibier.

$ IV. — Elagage des arbres dans les forêts.

L’élagage des arbres dans les forêts a été essayé el pratiqué souvent avec peu de succès, parce qu'il exige plus de précautions que l’on n’en prend ordinairement.Telle est la cause qui a empêché que cette méthode ne s’étendit généralement. On a cependant réussi dans les forêts où l’on a employé la méthode suivante : 1° On ne coupe que les branches inférieures des arbres ; 2° on ne coupe pas les grosses branches immédiatement près de la tige principale, mais on laisse un tronçon où chicot d'environ un pied de longueur, lequel est abattu et rasé près de la Lige un an où deux après la première opération. Cette précaution a pour objet d’éviter

le dessechement que produit toujours la

chute d’une grosse branche lorsqu'on la coupe en une seule fois sur la tige; 3° ona soin que la surface de la section soit parfaitement nette.

L'élagage sera d’autant plus avantageux que l’on se conformera davantage, dans l'exécution, aux préceples suivans : 1° on doit éviter de procéder trop tôt à l’élagage des taillis dans un terrain sec; il faut que le sol soit suffisamment ombragé pour que l’on puisse retrancher des branches sans le dégarnir; 2° on choisit les plus belles branches verticales et on supprime les branches inférieures ; on raccourcit seulement celles

w’il paraît utile de conserver pour ne pas

iminuer subitement la masse du feuillage ;

3° il est inutile d'élaguer dans les taillis les !

brins qui ne sont pas destinés à devenir un jour des baliveaux; 4° on commence les élagages au mois de septembre; ils doivent être terminés au plus tard le 15 mars.

MonNTEATH recommande aux forestiers d’être soigneux dans le choix des branches qu'ils doivent conserver, et de couper celles qui tendent à s'élever dans une direction verticale et à rivaliser avec la tige principale.

Quant aux branches horizontales qui nuisent peu à la végétation de l'arbre, on retranche seulement les plus basses. Lorsqu'un arbre présente deux tiges élevées qui se disputent la supériorité, il faut, si toutefois on peut le faire sans porter préjudice à la tige principale, enlever la moins belle et soigner celle qui reste.

La valeur d’un arbre dépend principale-

ment de la netteté, de la beauté et de la hauteur des tiges. On doit donc les diriger de manière à en former des arbres d’un certain

prix (fig. 113.)

Fig. 113.

Les arbres qui sont élagués de bonne heure sont préférables à ceux qui ne le sont que tardivement; ces derniers présentent presque toujours des taches ou des défauts dans l'intérieur de la tige; l'arbre, oi en apparence guéri de l’amputation

e ses branches et présentant un port vigoureux, est souvent gâté et le bois en devient presque inutile.

L'élagage doit donc être fait dans la Jeunesse de l'arbre ; les petites branches seront coupées avec un instrument bien tranchant, tout près de l’écorce de la tige, en prenant un soin extrême de ne pas attaquer ni endommager quelques parties de cette écorce, hors la place où s'opère la section de la branche. ‘

Les forestiers anglais ont reconnu que si l’on coupe des branches de plus d’un pouce de diamètre, on occasione des taches qui paraissent toujours lorsque l’arbre est abattu. Cependant il est indispensable d’enlever les grosses branches cassées ou brisées et dont la carie pourrait se communiquer à la tige ; mais il faut appliquer sur la section un peu d’onguent. L'élagage ainsi pratiqué dans les futaies sur taillis produit une assez grande

uantité de bois pour rembourser les frais de l'opération et donner en outre un produit ; mais l'avantage principal, et cet avantage est très-important, consiste à favoriser le développement des taillis en diminuant l’'ombrage qui les couvre.

Exemple d'anciens élagages dans les forêts :

Les boïs de Pleuvant, près d’Auxonne. — Exemple d'élagage récent : La forêt basse d’Arcelot (Côte-d'Or).

Elagage des bois courbes. — Les chênes, les ormes et les châtaigniers ont beaucoup moins de valeur lorsque leurs tiges sont droites que lorsqu'elles sont courbes, car ces dernières sont très-recherchées pour la construction des vaisseaux, des roues d’usines et d’un grand nombre de machines. On obtiendra une grande quantité de bonnes

AGRIQULTURE.

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